5G : en quoi peut-on parler de 4ème révolution industrielle ?

Article paru le 15 septembre 2020 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Médias et télécoms Services mobiles industrie

La 5G est la cinquième génération des réseaux de téléphonie mobile. Considérée comme “révolutionnaire”, elle a été construite dans l’objectif de satisfaire des besoins en communication de plus en plus rapide entre les individus. Son ambition : cibler la société dans son ensemble. Elle permettra ainsi de connecter la ville, la voiture ou encore les usines aux différents réseaux. Quels sont les usages potentiels de la 5G ? Pour quels risques associés ? Parlons-en !

La 5G : quelles évolutions par rapport à la 4G ?
Technologie 10 fois plus rapide que la 4G, la 5G promet un très haut débit garanti associé à une faible latence. La latence correspond au temps que vont mettre les données d’un appareil pour transiter de la source à la destination. Avec la 5G, elle sera à peine visible !
L’union internationale des télécommunications a établi huit indicateurs de performance pour comparer les différences de performance entre le réseau 4G et 5G. Ils sont présentés ci-dessous.

Le déploiement du réseau 5G répond également à un enjeu environnemental. A montant égal de données transportées, elle consomme dix fois moins d’énergie que son homologue de la quatrième génération. A la clé ? Des économies d’énergie et une meilleure maîtrise de la diffusion des ondes.

La 5G : vecteur de compétitivité pour les organisations
La 5G vise, dès sa conception, à intégrer un nombre inédit de cas d’usages. Alors que les projets autour de l’Internet des objets (IoT) et des smart-cities connaissent un engouement croissant, la 5G va pouvoir leur donner un coup d’accélérateur. Comment ?

La figure 2 reprend les différents usages attendus :

  • Vidéo 360° : Son développement nécessite un très haut débit et sera facilité par la 5G. Utilisée à l’aide d’une caméra 360°, c’est une technologie que l’on retrouve dans la réalité virtuelle et augmentée.
  • Smart-cities  : Le principal obstacle à leur démocratisation réside dans la vitesse et la largeur de la bande nécessaires pour traiter la quantité de données produites par les objets connectés, puis les traiter en temps réel. La 5G permettra, par sa faible latence, aux “villes intelligentes” de connaître un véritable essor. Du transport à l’application de la loi, plusieurs domaines bénéficieront de cette technologie.
  • Santé 3.0 : Avec la 5G, les données seront également au service de la santé. La 5G permettra une démocratisation de la télémédecine ainsi que de la téléchirurgie en réduisant le temps de latence.
  • Industrie 4.0  : La 5G permettra à un plus grand nombre d’entreprises d’adopter les technologies reposant sur les objets connectés, d’utiliser la réalité virtuelle et augmentée ainsi que les voitures autonomes. A terme : de nombreuses économies d’échelle.

Des risques potentiels à considérer

  • Un risque lié à la santé encore incertain

La bande de fréquences utilisée par la 5G sera supérieure à celle de la téléphonie actuelle. Cela permettra le déploiement d’application en ultra haut débit. Toutefois, une fréquence plus haute est corrélée avec une portée plus courte. Il y aura donc plus d’antennes mais celles-ci auront une portée moins importante. Ce qui pourrait représenter une bonne nouvelle pour nos organismes.

Les experts restent néanmoins divisés sur ses effets, dans la mesure où la 5G sera amenée à cohabiter avec les anciennes technologies pendant un certain temps. Enfin, cela n’enlève pas non plus le problème de l’électro-sensibilité. La 5ème génération repose sur des ondes électromagnétiques et les électro-hypersensibles devront continuer à se protéger.

  • Risques lié à la cybersécurité : la virtualisation au centre de l’attention

Selon Jean-Jacques Quisquater, cryptographe belge et professeur à l’Université Catholique de Louvain, « En 5G, toutes les connexions seront virtuelles, ce qui induit des vulnérabilités inédites ». Le coeur du réseau 5G, ne sera plus porté par des équipements physiques comme la 4G, mais pris en charge par des logiciels.

Une avancée rendue possible grâce au Software defined networking (SDN) et à la Network function virtualization (NFV). La virtualisation permet notamment de pouvoir délivrer différents niveaux de services. C’est ce qui permettra par exemple à la voiture autonome d’avoir une plus faible latence qu’un smartphone.

Or ce procédé n’est pas sans craintes. « En virtualisant tout, on n’a plus aucun contrôle physique, comme celui que l’on pouvait mettre en place avec les réseaux précédents », explique SwitHak (pseudonyme), un chercheur en cybersécurité. En effet, l’information n’est plus protégée par le câble en passant par le cloud.

De même, cette technologie pourrait exposer les entreprises à des failles majeures de sécurité. Au-delà du vol des données personnelles ou de l’usurpation d’identité, le piratage de certains objets connectés pourrait mettre la population en danger.

Quelles mesures préventives à adopter lors du déploiement du réseau 5G ?
Les organisations sont invitées à construire un réseau zéro trust (zéro confiance). Pour renforcer leurs mesures de protection, les accès pourront être restreints aux données dont chaque personne a besoin.

De même, à l’instar de l’application WhatsApp, le chiffrement de bout en bout permettrait de rendre plus difficiles les intrusions des hackers. Seules les personnes qui communiquent entre elles pourront accéder aux données liées aux messages envoyés.

La 5G connaît un déploiement progressif à travers le monde. Il faudra pourtant attendre un déploiement à grande échelle pour que toutes les opportunités deviennent une réalité dans le quotidien de chacun.

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