Adapter la gestion du projet aux priorités du client

Article paru le 17 août 2010 | Partager sur les réseaux sociaux

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La conduite d’un projet est toujours la recherche d’un équilibre entre la qualité, les délais et les coûts.

Pilotage par la qualité

L’enjeu principal est la satisfaction de l’utilisateur final ou le respect d’un besoin fonctionnel fort. Ce cas se présente lorsque l’application est particulièrement sensible (système bancaire…), lorsque la population cible n’adhère pas au projet, ou lorsque le projet n’est pas assez soutenu « politiquement ».

Les principaux indicateurs à mettre en place sont ceux qui permettront de mesurer cette satisfaction, ainsi que les éléments qui y participent :

  • Taux de reprise des fonctionnalités (dans le cadre d’une migration)
  • Taux d’anomalies
  • Taux de satisfaction des utilisateurs
  • Nombre d’appels à l’assistance

Les risques à anticiper sont :

  • La complexité du système (« usine à gaz »)
  • Le dérapage du planning : les spécifications ne sont pas validées tant qu’elles ne sont pas complètement satisfaisantes, la recette n’est pas prononcée tant qu’il reste des anomalies, des évolutions sont demandées tout au long du projet
  • Chaque phase est menacée du « Syndrôme Pénélope » (défaire pour refaire) : le résultat n’étant pas satisfaisant, on remet en cause les bases et on repart de zéro

Pilotage par les délais

L’enjeu principal est le respect d’une date de démarrage. C’est le cas lorsqu’il faut respecter des contraintes réglementaires (norme…), lorsqu’il s’agit d’une migration technique depuis une plateforme qui ne sera plus maintenue, ou lorsque le projet doit être coordonné à d’autres, chez le même client ou ailleurs (plateforme commune…).

Les principaux indicateurs permettant d’anticiper le respect des délais sont :

  • Taux d’avancement
  • Respect des jalons

Les risques liés à ce choix sont :

  • Le chevauchement de phases : on commence les développements avant la validation des spécifications, on commence le déploiement avant que la recette soit prononcée
  • L’interruption de phases : le système est livré pour recette « en l’état » alors qu’il n’est pas stabilisé
  • La mauvaise qualité : les travaux sont exécutés trop vite, mal testés
  • La prolongation du projet après le démarrage : tout ce qui n’a pas été réalisé pour tenir les délais devra l’être plus tard

Pilotage par les coûts

L’enjeu principal est le respect de l’enveloppe budgétaire allouée au projet. Cette situation se présente notamment dans le cadre d’un projet au forfait.

Les principaux indicateurs de pilotage des coûts sont :

  • Suivi des charges par profil
  • Suivi du coût du projet

Les risques induits par ce type de pilotage sont :

  • Le sous-dimensionnement des équipes : on demande à une équipe de produire « plus » que ce qu’elle est capable de fournir
  • L’inadéquation des ressources : des profils « bon marché » sont affectés sur des prestations complexes
  • La baisse de la qualité : à l’approche de la limite de l’enveloppe budgétaire, les travaux sont exécutés trop vite au détriment de la qualité pour « rester dans les clous »

En fonction du contexte client, la priorité donnée à chacun de ces axes va influencer la manière dont le chef de projet va conduire sa mission. Il faudra en effet s’adapter au mode de pilotage du client, mais également l’alerter sur les risques induits par son choix

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