Arrivée de Netflix en France : un nouveau défi pour le géant américain

Article paru le 18 décembre 2014 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Médias Tribune

15 septembre 2014 : Arrivée de Netflix en France. Des consommateurs insatisfaits de l’offre existante et friands de séries américaines, une concurrence atomisée, un marché de la SVOD sous développé... Un grand nombre de critères sont réunis pour que l’arrivée de Netflix en France fasse un carton. Et pourtant ...

Netflix, kézako ?

Netflix est un système de service de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) d’origine américaine qui permet aux abonnés d’avoir un accès illimité à une bibliothèque de films et de séries à partir de 7,99 euros/ mois. La particularité de ce service réside dans sa capacité à proposer un catalogue de films et de séries, national et international, très large pour un prix très faible.

Une arrivée risquée sur un marché atomisé.

La France compte parmi les pays européens qui possèdent le plus grand nombre de services de vidéo à la demande (deuxième après le Royaume-Unis), le plus connu étant CanalPlay, du groupe Canal+.

Le géant français propose depuis peu un service très similaire à son concurrent américain tant au niveau des services que du montant des abonnements. L’enjeu réside donc dans la qualité et la diversité de son catalogue de films et de séries. Pourtant le verdict du comparatif effectué par les journalistes du journal Le Monde est sans appel : Netflix a beau proposer plus de séries que CanalPlay, les deux acteurs souffrent d’une lacune majeure sur leurs offres de films, notamment en raison de la réglementation française.

Une réglementation lourde, la spécificité française

Netflix aura pourtant bien essayé de contourner la réglementation française en implantant son siège social au Luxembourg. L’objectif, pour le géant américain, était d’échapper à la règle française sur la chronologie des médias. Cette règle impose le respect d’un délai minimum de trois ans à compter de la date de sortie d’un film au cinéma avant que celui-ci puisse être proposé aux abonnés d’un service de SVOD. Ce délai pourrait bientôt se voir réduit à deux ans, mais en attendant Neflix devra se plier à cette lourde contrainte (voir le schéma à la fin de cet article).

Soumis à la même enseigne que les services de vidéos à la demande sur abonnement existants tel que CanalPlay, Netflix se distingue donc autrement.

Dans le monde entier, le service diffuse à ce jour deux milliards d’heures de programmes par mois, dont 70% de séries télévisées. Il peut par conséquent compter sur son catalogue et, plus particulièrement, sur des séries américaines et ses propres séries originales (Marco Polo, Sense8...), très attendues. Netflix redouble ainsi d’efforts sur ce créneau pour le marché français, en ayant d’ores et déjà annoncé la production de Marseille, présentée comme un « House of Cards à la française. »

Un bilan pourtant mitigé

Trois mois après son lancement, l’effet Netflix reste mitigé et le géant américain refuse de communiquer sur ses chiffres. Quelques tendances pourtant ressortent : les utilisateurs déclarent un manque de contenu dans l’offre proposée mais aussi la déception de ne pouvoir consulter le catalogue sans être préalablement inscrit.

Point positif cependant, le « taux d’engagement » des téléspectateurs français recensé depuis 3 mois est supérieur à celui de leurs voisins Néerlandais lors du lancement en septembre 2013. Reste ensuite à transformer l’essai, passé le premier mois de gratuité.

Les concurrents quant à eux ne constatent pas pour l’instant d’impact sur leur recrutement d’abonnés.

Si cela ne se traduit donc pas encore par un accroissement significatif du nombre de ses abonnés, l’arrivée de Netflix a néanmoins eu un véritable impact sur les acteurs de la SVOD : il les a obligé à réagir. CanalPlay a, pour la première fois de son histoire, lancé une vaste campagne de communication à la rentrée, avec notamment des publicités à la télévision. De nouveaux acteurs ont fait leur apparition afin de profiter de l’attention suscitée par Netflix, comme Wuaki, la filiale du japonais Rakuten.

Bientôt beaucoup mieux distribué

Bilan mitigé et concurrence qui résiste... le géant américain a également souffert d’une distribution très faible pour son lancement, puisqu’il n’était disponible chez aucun fournisseur d’accès. Ce point faible sera surmonté dans les prochaines semaines puisque Netflix sera disponible sur les box d’Orange et de Bouygues Telecom. Le match avec ses concurrents français pourra alors vraiment commencer.

Sources :


Tribune de Charlotte Renard, consultant mc²i Groupe.

Lire la tribune sur le site : la Tribune

Partagez cet article sur les réseaux sociaux