Autocar : Quel avenir pour la « Loi Macron » sans l’appui du digital ?

Article paru le 20 juillet 2015 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Transports

Au-delà de l’intérêt médiatique suscité par la « Loi Macron », nous pensons indispensable la mise en place de services innovants favorisant l’accompagnement du voyageur : calcul d’itinéraire multimodal, réservation simplifiée en ligne, accès à l’autocar simplifié avec l’e-billettique et les objets connectés, dispositif d’information mobile des voyageurs…

Un benchmark sera à effectuer sur les initiatives françaises et étrangères dans le secteur ferroviaire mais surtout aérien qui est en avance sur ce type d’innovations en plein essor. Cette analyse permettra d’identifier et d’évaluer les démarches porteuses d’un avantage concurrentiel.

En effet, les services digitaux permettent une meilleure relation au voyageur qui devra demain sélectionner les transports les plus adaptés à leurs besoins dans un cadre juridique simplifié.

Une relation client modernisée permettra d’amplifier l’avenir économique du secteur qui se voudrait déjà tout tracé puisque le gouvernement table à terme sur plus de 5 millions de passagers annuel à l’horizon 2017, pour un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros.

Les démarches engagées par les acteurs

Développer le transport régional

La France se prépare à libéraliser les services routiers d’intérêt national. Ce projet de loi vise à libérer un secteur du transport français trop normé, profitant fortement au transport ferroviaire de voyageurs. Il était en effet interdit de proposer une offre de transport par autocar intra ou inter régional sauf par une autorisation complexe à recevoir.

Par exemple, il était nécessaire d’acheter un ticket pour Varsovie pour faire un Paris-Strasbourg en autocar.

Cette libéralisation permettra d’augmenter la mobilité de la population en désenclavant certains territoires et en réduisant les coûts de déplacement des usagers.

Selon un constat de l’ADLC (Autorité de la Concurrence), le prix d’un billet en autocar serait près de 2 fois moins cher que celui d’un billet TGV pour une distance similaire.
Cette réforme doit favoriser également la création de milliers d’emploi.. D’ailleurs, les acteurs du marché estiment que la libéralisation du secteur entrainera un manque à gagner de l’ordre de 400 millions d’euros pour le secteur ferroviaire.

Des acteurs en ordre de marche

La levée de ces barrières est une réelle opportunité pour les multiples acteurs du secteur comme Eurolines (Transdev) ou iDBUS (SNCF). Le marché est tellement convoité qu’aucun autocariste ne tente de communiquer trop tôt sur ses projets alors que tout est déjà mûrement réfléchi et préparé.

Au travers de sa filiale Eurolines, Transdev a lancé la marque Isilines courant juin. La compagnie prévoit de déployer d’ici l’automne une flotte de 300 autocars, ce qui représente un investissement de 90 millions d’euros. 17 lignes desservant une trentaine de villes entreront en service courant juillet. Trouver des gares routières pour assurer les dessertes constitue l’un des enjeux clés pour assurer le développement de l’offre.

De son côté, iDBUS lancera dès septembre 80 autocars supplémentaires sur les routes françaises pour assurer ses nouvelles liaisons nationales et a pour objectif de promouvoir son offre durant tout l’été.

Les compagnies étrangères ne sont pas absentes.

Le géant anglais Stagecoach (filiale de Megabus) a devancé la « Loi Macron » en obtenant une dérogation fin mars pour ouvrir une ligne Paris-Toulouse. Quant à l’allemand FlixBus, il a fait son entrée sur le marché français en mai dernier en proposant des lignes internationales telles que Paris-Bruxelles-Maastricht ou encore Paris-Anvers-Utrecht.

Enfin, pour comparer les offres de tous les acteurs, le site KelBillet lance sa petite sœur Kelbus.fr qui, sur le même principe, permettra de comparer les meilleures offres du marché.

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