Bâle III

Article paru le 1er septembre 2010 | Partager sur les réseaux sociaux

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Le Comité de Bâle supervise les sujets de la sphère bancaire et financière : en établissant les standards minimaux en matière de contrôle prudentiel et en diffusant des meilleures pratiques bancaires, il en renforce notamment la sécurité et la fiabilité. Il gère le risque, en tant que possibilité de réalisation d’un évènement non souhaité et qui a un impact sur l’écosystème. Cette gestion a pour but d’assurer la disponibilité et l’intégrité du système financier européen. L’objectif principal est de mieux gérer le risque lié à l’activité des banques.
En réponse à la crise financière, et pour en prévenir une récidive plus fréquente et plus grave, le Comité de Bâle s’attache à rédiger de nouvelles règles bancaires : les risques d’aujourd’hui ne peuvent pas être traités avec les méthodes d’hier. Faisant logiquement suite à Bâle II, Bâle III doit forcer les banques à prouver une solidité accrue et donc une résilience réelle.

Quatre mesures principales sont mises en avant :

  1. Le renforcement des fonds propres : Sur le plan comptable, on appelle fonds propres la valeur totale des actifs diminuée du total des dettes. En cas de problèmes financiers, les chances de survie de la banque sont proportionnelles à l’importance de ses capitaux propres, et non à la taille de l’établissement. L’ère du « Too Big to Fail » s’est éteinte avec Lehman Brothers : une très grande entreprise ayant trop peu de capitaux propres peut disparaître du jour au lendemain. Il s’agit donc pour les banques de les augmenter.
  2. Création de « coussins contra cycliques » : L’alternance des phases euphoriques d’emballement des marchés puis des phases de crash et de rigueur ne doivent plus être analysé et prédite de la même façon. « Il nous faut apprendre à nous méfier des probabilités et à explorer le monde des possibilités » selon la formule de Steve Ohana, professeur de finance à ESCP Europe. Constitués de résultats
    mis en réserve en haut de cycle, ces coussins seraient utilisés en cas de crise et aussitôt reconstitués en cas de période faste. Faire des économies, tout simplement.
  3. Création de deux nouveaux ratios de liquidité : Le « liquidity coverage ratio », ratio court terme et le « net stable funding ratio », ratio long terme, qui visent le même objectif mais sur des périodes différentes qui exigerait de détenir un stock d’actifs sans risque facilement négociables, afin de résister pendant 30 jours à une crise. Faire des économies, encore.
  4. Ratio d’effet de levier : Modification de ce ratio d’effet de levier qui permet d’évaluer la taille des engagements des banques par rapport à la taille de leur bilan. Ne pas surestimer son état, tout simplement.

Et l’on voit dans ses mesures, aussi complexes soient-elles, que notre économie moderne tend à être gérée par le bon sens, le même que celui de Xénophon dans son Économique, il y a presque 2500 ans. Le hasard en sera peut-être moins « sauvage », comme le précise Benoit Mandelbrot.


Sources :

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