Comment la biométrie permet-elle de repousser les limites de l’identification sur mobile ?

Article paru le 22 juillet 2016 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Innovation Mobile Moyen de paiement Stratégie digitale Services mobiles

Depuis les années 1960, la biométrie et plus particulièrement l’authentification via les empreintes digitales est une technologie employée partout à travers le monde. Toutefois, c’est seulement depuis quelques années que cette dernière tend à se généraliser auprès du grand public, notamment grâce à son intégration dans les terminaux mobiles de nombreux fabricants tels qu’Apple ou Samsung.
Ainsi, si la raison première évoquée par ces derniers est le renforcement de la sécurité, comment cette technologie parvient-elle à s’imposer auprès des utilisateurs ?

La biométrie, un concept unique pour des possibilités multiples

D’un point de vue technique, la biométrie est une technologie qui permet d’associer une identité à une personne souhaitant effectuer une action grâce à la reconnaissance automatique d’une ou de plusieurs caractéristiques physiques ou comportementales. Dans la pratique, la biométrie peut se décliner sous de nombreux usages allant de la reconnaissance par empreintes digitales jusqu’à la reconnaissance vocale par exemple.

L’entreprise Qualcomm a ainsi développé une technologie d’identification des empreintes digitales basée sur les ultrasons, appelée « Sense ID ». A la différence des lecteurs d’empreintes qu’utilisent les iPhones ou les Galaxy S de Samsung, la cartographie proposée par « Sense ID » est un profil 3D de l’empreinte digitale (contre 2D pour les autres technologies) et qui s’avère donc plus complexe à déchiffrer. L’autre avantage de cette technologie est qu’elle ne nécessite pas de point de contact direct entre le lecteur d’empreintes digitales et le doigt de l’utilisateur, le capteur pouvant par exemple être incorporé sous le verre de protection voire sous l’écran de l’appareil mobile.

Outre les empreintes digitales, l’œil est également un vecteur d’identification qui intéresse les constructeurs. La marque chinoise ZTE a fait le choix d’utiliser ce procédé pour ses Smartphones. Ce dernier est basé sur la numérisation des vaisseaux sanguins de la rétine dont la disposition est unique pour chaque individu. De son côté, Fujitsu s’intéresse lui aussi aux yeux de ses consommateurs avec toutefois une approche technique différente.
En effet, à la place de numériser la rétine comme ZTE, son système d’identification est lui basé sur l’iris, la numérisation s’effectuant au moyen d’une lumière led infrarouge.

La Banque Postale s’intéresse également à l’univers de la biométrie. Ainsi, elle a annoncé pour l’été 2016 le déploiement d’un système d’authentification vocale baptisé « Talk to Pay » et qui sera proposé auprès de ses clients afin de faciliter le paiement à distance et de renforcer la sécurité des transactions. D’un point de vue fonctionnel, lorsque le client souhaitera effectuer un paiement à distance celui-ci recevra un appel automatique sur son téléphone mobile. Il devra alors prononcer une phrase d’authentification afin de déclencher la complétion automatique d’un formulaire de paiement par carte bancaire générant un cryptogramme aléatoire.

Plus innovant encore, l’entreprise I-Tracing en collaboration avec Biowatch participe à un projet de mise au point d’une technologie d’identification biométrique basée sur le dessin des veines du poignet. Ce concept repose sur le chemin que font les veines du poignet et qui apparait unique pour chaque individu. La solution proposée prend la forme d’un lecteur biométrique placé dans un bracelet montre et authentifiant son porteur par l’analyse du dessin des veines du poignet. Cette technologie a pour l’instant vocation à accéder aux systèmes d’information, aux réseaux et aux applications d’entreprises, mais pourrait tendre à se généraliser au public.

Enfin, le selfie, véritable tendance auprès des jeunes utilisateurs de Smartphones depuis deux ans, tend lui aussi à devenir un moyen d’identification des appareils mobiles. Plus précisément, il s’agit de la reconnaissance faciale qui va avoir lieu au travers de la prise d’un selfie. Une fois, celui-ci effectué il va être encrypté puis stocké dans le téléphone. Pour s’authentifier, l’utilisateur devra alors prendre un selfie comparable à celui déjà stocké. Des entreprises comme Mastercard s’intéressent aujourd’hui à cette technologie, cette dernière ayant même dévoilé récemment un projet baptisé IQ permettant le paiement mobile par selfie. Cette application permettra aux internautes souhaitant faire des achats en ligne de s’identifier en se prenant en photo. Aujourd’hui, cette identification faciale va même plus loin, en étant capable d’identifier des objets sur des images, sur des vidéos voire de décrire des scènes complètes. Twitter, l’un des géants des réseaux sociaux a également annoncé il y a peu de temps travailler sur un programme capable d’identifier le contenu de vidéos diffusées en direct.

La biométrie, une technologie particulièrement adaptée pour les paiements en ligne

Avec un taux d’abandon du panier sans finalisation de la commande qui peut aller jusqu’à 80% sur Smartphones, les entreprises qui misent sur le m-commerce ont tout intérêt à simplifier l’acte d’achat et donc de ce fait, favoriser l’adoption de solutions de paiement adaptées.

Selon, MasterCard 40% des paiements seront digitaux en 2020 contre 15% aujourd’hui, cela étant notamment du à la dématérialisation de la carte de crédit. Un chiffre étonnant lorsque l’on sait que seulement 4% des français effectuent aujourd’hui un acte de paiement après consultation d’applications ou de sites e-commerce depuis un mobile. La biométrie apparait donc ici comme un élément clé du développement de ce paiement en ligne et cela sera possible notamment en favorisant l’intégration de solutions natives dans le système d’exploitation de l’appareil.

Preuve de cet engouement, les livraisons de dispositifs biométriques pour le secteur financier devraient passer de 4,7 millions d’unités en 2015 à 43,7 millions d’ici à 2024.

La biométrie intéresse aujourd’hui tous les grands acteurs du digital. Dans cette optique, Windows a annoncé dernièrement que la prochaine version de son OS appelé Redstone devrait offrir un support de biométrie par empreinte digitale, lui permettant également de communiquer avec différentes applications mobiles. Outre son aspect marketing innovant, la biométrie permet de limiter la fraude et de gagner du temps en s’affranchissant du clavier. Toutefois, un certain nombre d’obstacles restent encore à franchir comme la précision des produits ou la difficulté de déploiement de certaines technologies, comme celle liée à l’iris. Ainsi, même si la biométrie s’avère particulièrement implémentée aujourd’hui sur les applications bancaires comme chez la Société Générale ou au Crédit Agricole, celle-ci tend à devenir un enjeu majeur des phases de conception mobile pour tous les secteurs d’activités. C’est par exemple le cas d’Alibaba qui compte déployer durant cet été 2016 le système de paiement en ligne « Smile to pay » dans 14 pays, dont la France.

Sources
http://www.servicesmobiles.fr/7-tendances-mobiles-sur-11-marqueront-lannee-2016-30755/
http://www.frenchweb.fr/6-tendances-mobiles-du-mwc2016-a-surveiller/230020
http://www.lsa-conso.fr/la-banque-postale-sera-la-premiere-banque-en-france-a-proposer-le-paiement-par-reconnaissance-vocale,233976
http://www.finyear.com/Authentification-biometrique-par-les-veines_a36523.html
www.futura-sciences.com/getpdf/actualite/.../3136de19ccbf2aaa0d536928231b35e0
https://charlescopin-news.com/2016/06/20/la-biometrie-une-technologie-mature-pour-le-telephone-mobile-dans-la-banque/

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