Covid-19 et confinement, quels impacts sur la mobilité des personnes ?

Article paru le 5 juillet 2020 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Mobilité Transports

C’est une épidémie qui est arrivée fin 2019 pour prendre de l’ampleur au premier trimestre de 2020, après avoir touché la Chine, le Covid-19 est arrivé en Europe et en France.

Pendant le confinement, l’ensemble des Français sont confinés et ont vu leurs déplacements fortement limités.

De nouvelles habitudes sont en train de naître, les transports historiques ou nouvelles mobilités voient leurs économie et utilisation chamboulées.

Un pays confiné

Attestation de déplacement, sorties indispensables ou dans un rayon de 1km, la France entière est privée de sa liberté de circulation. Comme ses voisins européens et dans de nombreux pays du monde, le confinement a été instauré pour le bien de la population.

Petit à petit, les frontières se sont fermées dans le monde et au sein même d’un pays. Par exemple à l’île de La Réunion, le département français d’Outre-Mer oblige toute personne arrivant sur l’île à se placer en quatorzaine dans des établissements de confinement dédiés. Il est impossible pour les habitants de l’île d’effectuer la quatorzaine à domicile, sauf dérogation. Ces types de mesures sont historiques1.

Un changement brutal de nos habitudes de déplacement

A l’annonce du confinement, 13% de Parisiens ont quitté Paris pour une ville d’Île-de-France ou une autre région française. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cet exode s’est produit également dans l’ensemble des grandes villes françaises comme Bordeaux, Lyon ou Marseille.

Une fois confinés, les Français ont réduit leurs déplacements de 80%. Valeur homogène sur l’ensemble du territoire, comme le met en avant l’étude de Kisio et Roland Berger sur les impacts du confinement sur la mobilité.

Évolution du nombre de déplacement par région entre le 18 et le 31 mars - Kisio / Roland Berger 2

Grâce à une étude menée par Google sur la mobilité de ses utilisateurs pendant le confinement, une évolution des motifs de déplacement a pu être mise en évidence. Pour réaliser cette étude, le géant du web a ainsi “anonymisé et agrégé” les données de géolocalisation de ses utilisateurs ayant activé la fonctionnalité, sur la période de mi-février 2020 à fin mars 3.

En France, c’est 85% de déplacements en moins pour aller au restaurant ou boire un verre, une diminution de 62% des déplacements pour aller faire des courses de première nécessité ou aller à la pharmacie et une diminution de 53% des déplacements pour motif professionnel 4.

Apple a mené la même étude avec ses données de géolocalisation de l’application Plans dans de nombreux pays. Il est alors facile de déterminer la date de confinement de chaque pays. Les chiffres de la France sont présentés dans le graphique ci-dessous.

De même que Google, Apple affirme avoir anonymisé l’ensemble des données et respecter la vie privée de ses utilisateurs 5.

Quels modes de transport pour cette nouvelle mobilité ?

Les façons de se déplacer ont également évolué : la fréquentation des gares a baissé de plus de 90%, celle des aéroports et des transports en commun d’Île-de-France de 80%. Les déplacements en voiture gagnent du terrain avec une part modale en augmentation de 10%7. Cette préférence pour la voiture s’explique notamment par la nature des déplacements : principalement pour les courses de première nécessité. Le caractère personnel de ce mode de transport peut également expliquer sa favorisation.

Les nouvelles mobilités ne sont pas en reste et semblent être parmi les plus impactées par cette crise. En effet, la majorité des opérateurs ont décidé d’arrêter leurs services pendant toute la durée du confinement. Par exemple : Uber suspend son service Pool et retire ses trottinettes JUMP des villes, tout comme Bird et Lime 6.

Pour le fondateur de Lime, Joe Kraus, cette crise est l’opportunité pour sa société de s’impliquer différemment dans les pays où il est présent et d’adopter une approche “people-first city”. En France, par exemple, Lime participe à des activités associatives, notamment au sein de La Fondation des Femmes 7.

D’autres, à l’instar de Dott, ont décidé de garder un service minimum et même d’offrir des trajets gratuits au personnel hospitalier 8.

Cependant, il est constaté que les trottinettes et nouvelles mobilités sont toujours utilisées pour les déplacements personnels et de première nécessité. Comme le montre la carte ci-dessous : les déplacements des Parisiens ne sont pas forcément concentrés autour des hôpitaux mais se font plutôt de manière homogène dans la ville.

Et la technologie dans tout ça ?

Dans l’optique de respecter la distanciation sociale, des projets de MaaS (Mobility As a Service) sont à l’étude, comme le projet CORE MaaS (COvid-19 REsilient Mobility as a Service).

L’objectif de ce projet ? Utiliser la technologie MaaS pour proposer aux utilisateurs un trajet respectant la distanciation sociale. Lors de sa recherche d’itinéraire l’utilisateur pourra filtrer les résultats répondant à la contrainte de distanciation sociale. Cela permettra de mieux informer les habitants et de leur permettre de se déplacer dans les conditions les plus sûres9.

La crise que nous vivons actuellement est sans précédent et laissera de nombreuses séquelles dans le monde des entreprises de la mobilité que ce soit pour les grands groupes ou les start-up.

Nous pouvons également nous demander dans quelle mesure les habitudes des Français évolueront en termes de mobilité. Y aura-t-il un changement drastique dans les manières de se déplacer, abandon des transports en communs au profit des nouvelles mobilités ou au contraire un retour aux modes de transports plus traditionnels ?

Une chose est sûre, cette période laissera des traces dans l’histoire du transport et de la mobilité.

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