Covid-19, un défi lancé au monde du transport

Article paru le 16 avril 2020 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Mobilité Transports

Le début de l’année 2020 a été principalement marqué par l’apparition et la propagation d’un nouveau virus : Le Coronavirus, ou Covid-19. En quelques semaines, il a été responsable de la mort de 128 000 personnes et a contaminé quelques 2 000 000 personnes à travers le monde début avril.

Portée par une contamination par voie respiratoire, Covid-19 bénéficie d’un moyen de transmission efficace entre ses vecteurs (Nous).

Ce mode de propagation est d’autant plus efficace que notre monde est interconnecté par des moyens de transports toujours plus performants.

Toutefois si les maladies quelles qu’elles soient profitent du phénomène de globalisation pour se répandre, les transports eux font de leur mieux pour l’empêcher. De fait, sans mesures prises par les autorités responsables des transports, dans notre monde ultra-mobile une épidémie se transformerait rapidement en pandémie. C’est notamment ce que démontre IDM (Institute for Disease Modeling) via ses modélisations.

Quelles sont les moyens mis en place par les transports face à une épidémie ?

Au vue de la criticité de son rôle, le monde du transport est mis logiquement à contribution face aux crises épidémiologiques. Toutefois, chaque secteur du transport n’adopte pas la même stratégie. Cela correspond à une logique de scalabilité de la réponse à adopter en fonction de la nature de la crise mais également de leurs impacts potentiels et surtout de leurs rayons d’actions !

Si le transport maritime bénéficie d’une belle couverture médiatique concernant le cas du “Diamond Princess”, le phénomène de quarantaine dont le bateau fait l’objet est anecdotique. La pleine ampleur de l’impact d’une épidémie frappant la Chine se matérialise bien plus sévèrement au niveau du transport de marchandises. Concrètement cela se manifeste par la baisse du Baltic Dry Index (l’indice des tarifs pratiqués au quotidien sur les vingt routes de transport représentatives du marché) pour le vrac sec (minerais, charbon, céréales…) : cet indice serait à son plus bas niveau depuis 2016 selon Les Echos.

Pour résumer la situation actuelle, les conteneurs de marchandises restent bloqués à quai et les navires ne font plus d’escales en Chine continentale.

De même le transport routier est au ralenti notamment en raison de l’injonction du gouvernement chinois recommandant à sa population de rester chez elle, paralysant de ce fait les conducteurs. Enfin la frontière Sino-russe a été fermée, interrompant les transports ferroviaires et routiers entre les deux pays.

Le transport aérien, au coeur des préoccupations

Avec plus de 4,5 milliards de passagers en 2019, le secteur aérien est particulièrement exposé à cette crise sanitaire. Évaluée à 30 milliards de dollars de pertes, les compagnies aériennes tentent de réduire au maximum l’impact d’une telle crise.

Ainsi, Air France à l’instar de la majeure partie de ses homologues, a décidé d’interrompre la totalité des vols vers la Chine continentale jusqu’au 28 mars avec une reprise normale estimée fin mai, sous réserve que la situation n’empire pas. Dès le 23 Janvier, la compagnie française avait décidé d’interrompre sa liaison directe Paris-Wuhan alors que le vol AF138 était déjà en route vers la ville mise en quarantaine. L’avion a pu atterrir après négociations afin de permettre le rapatriement des équipages et ressortissants français restés sur place.


Photo : Srilankan Airlines

C’est au CCO (Centre de Contrôle des Opérations, centre névralgique d’Air France) que ces négociations ont été réalisées. Ce dernier, via son service de santé, suit scrupuleusement les recommandations émises par les différentes autorités sanitaires. Ainsi, avec l’appui EACCC (The European Aviation Crisis Coordination Cell) & EASA (European Union Aviation Safety Agency), les compagnies aériennes mènent une véritable guerre bactériologique avant, pendant et après les vols. Désinfection poussées des cabines, gants et masques sont des éléments de sécurité mis en place par les compagnies. Certaines d’entre elles suppriment les éléments de confort traditionnellement distribués (oreillers et plaid par exemple). Néanmoins, c’est dans le renouvellement de l’air de la cabine que le plus gros du travail est réalisé. L’OMS préconise une aération continue et un renouvellement de l’air incessant.

Côté aéroportuaire, les mesures prises sont parfois plus drastiques avec la mise en place de contrôles systématiques de la température des passagers à l’aide de thermomètres laser. .

"Le monde n’est pas prêt"

A ce jour, l’ensemble des différentes mesures gouvernementales de suspension des déplacements (aériens, maritimes et terrestres) depuis et vers la Chine n’ont pas empêché la propagation du virus. En effet, le décalage des restrictions chez les différentes compagnies n’a pas réellement restreint les déplacements depuis ou vers le pays d’origine de la maladie. C’est pourquoi l’OMS préconise même de ne plus suspendre les vols afin de reconstituer plus facilement les flux voyageurs et ainsi, améliorer la gestion et le suivi de la propagation de la maladie.

Toujours à des fins d’analyses, les compagnies aériennes jouent maintenant un rôle crucial dans la récupération de data. Véritable vecteur de données ces dernières sont chargées de récupérer un maximum de données dans le but de reconstituer la propagation de la maladie afin d’adopter des mesures appropriées.

Si la Chine a réussi à changer la tendance d’expansion du virus, la mission de l’OMS chargée de l’observation de Covid-19 en Chine délivre ce message : “le monde n’est pas prêt” à affronter cette menace.

Malo Denys de Bonnaventure

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