De la fabrication aux « 3R », la rencontre entre les systèmes d’information et l’économie circulaire.

Article paru le 14 octobre 2016 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Énergie

L’économie circulaire, un changement de paradigme ?

Depuis les « années 90 », l’écologie industrielle et territoriale, dénommée aussi symbiose industrielle, constitue un mode d’organisation multi-acteurs privés et publics (élus locaux, entreprises, associations, particuliers) sur toutes les phases du processus industriel basé sur des échanges de flux de matière et d’énergie ou une mutualisation des besoins.

Cette rationalisation du système industriel, représenté comme un écosystème, s’est étendue à la sphère économique en l’articulant avec les enjeux du développement durable selon une approche sur l’ensemble du cycle de vie des produits, de la fabrication aux « 3R » (réparer, réutiliser, recycler), en passant par les pratiques de consommation.

Ce nouveau paradigme, inscrit dans la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, se donne « pour objectif de dépasser le modèle linéaire « produire, consommer, jeter » et d’assurer la transition vers un modèle d’économie circulaire ». Ce modèle s’articule dès lors autour des principes fondamentaux qui sont : l’éco-conception, l’écologie industrielle, l’économie de fonctionnalité qui privilégie la réutilisation et l’économie collaborative.

Comment mobiliser les acteurs ?

Ce modèle est fondé sur la mise en relation, l’échange et la communication entre les différents acteurs de l’économie circulaire via l’utilisation des plateformes collaboratives. Les avancées technologiques, telles que l’Open Data, commencent à apparaître comme des leviers pour développer le partage d’information.

Cependant, il n’y a pas encore d’outils dédiés à la création de symbioses. La mise à disposition d’informations reste limitée par l’état lacunaire des systèmes d’information locaux qui, lorsqu’ils existent, ne permettent pas une consolidation des données à une échelle nationale. De plus, les enjeux de confidentialité des données accentuent la réticence des acteurs à se mobiliser et mutualiser leurs données avec d’autres acteurs. Or le calcul de « potentiel de circularité » des processus industriels n’est possible que sous ces conditions.

Quels exemples à l’étranger ?

Depuis 1960, c’est en Europe au Danemark dans la ville portuaire de Kalundborg, que setrouve l’exemple d’un réel écosystème basé sur une triple coopération entre l’entreprise, la municipalité et les fournisseurs. Aujourd’hui, chacune des 20 entreprises présentes sur le site, optimise sa compétitivité, ceci en économisant ses ressources et besoins énergétiques via la valorisation des déchets des autres. Les symbioses au sein de cette ville ont vu le jour grâce à une coopération et une confiance forte entre les partenaires.

En Chine, le projet pilote d’éco-parc industriel, TEDA (Tianjin Economic Development Area), a vu le jour grâce à la mise en place d’un Eco-center. Sa fonction centrale de coordinateur lui permet de garantir une confidentialité des informations aux différents acteurs, tout en créant les symbioses les plus pertinentes pour permettre une diminution des déchets, du besoin en eau, énergie et en matière première. (L’éco-parc a réduit de 100 tonnes ses déchets enterrés et de 700 tonnes des émissions de C02). Ceci grâce à des plateformes de partage performantes qui permettent aux entreprises d’accéder aux informations.

A travers ces deux modèles d’écosystèmes, nous constatons le rôle central que joue la mutualisation des données.

Quelles opportunités pour les SI ?

A l’instar de la plateforme internationale de l’économie circulaire, une poignée d’entreprises comme Act’IF, commence à proposer des services tels que la capitalisation des données ou la géolocalisation des flux, par le biais d’outils intégrés et adaptables qui permettront d’accompagner les entreprises dans leurs transitions.

Ainsi, l’intégration des systèmes d’information au sein des processus industriels permet d’ouvrir la voie à l’économie circulaire et aux entreprises de la transition énergétique. Le chemin de la circularité est encore long, les obstacles bien présents, mais force est de constater que les SI ne cessent de se développer et un jour ils permettront à la boucle d’être bouclée !

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