Digitalisation et organisation du travail : une conduite du changement plus juridique que pragmatique

Article paru le 10 février 2020 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Newsletter Ressources humaines Tribune


L’émergence des outils digitaux dans notre quotidien modifie nos pratiques professionnelles. La sécurité des données s’est d’abord imposée pour protéger les échanges et les informations. Mais en complément de cette responsabilité légale, l’employeur fait aussi face à un aspect « social » de la pratique et doit garantir une utilisation « respectable » du digital.

Digital et organisation : un équilibre fragile entre liberté accrue et intrusion

Le digital a contribué à changer notre façon de travailler, il impacte directement l’organisation des entreprises. En effet, il permet d’être nomade et de ne plus utiliser de papier par exemple, de prendre ainsi le réflexe de dématérialiser. Le télétravail en est aussi un symbole. Les SI actuels nous donnent cette possibilité de travailler à distance, avec l’aide de réseaux et de dispositifs collaboratifs, tout en étant autonome. Aujourd’hui, le collaborateur peut travailler loin de son équipe, tout en partageant et disposant d’informations instantanées. Il semblerait que l’espace de travail et les lieux de rencontres professionnelles ne soient plus aussi essentiels. A présent, nous tendons vers une communauté de collaborateurs, liés par un projet ou des activités professionnelles et connectés à distance.
Cette technologie du digital permet aussi de s’organiser et de moduler son emploi du temps. Il devient ainsi plus facile de gérer ses contraintes personnelles et familiales. Une certaine liberté et flexibilité se font ressentir et améliorent la gestion du quotidien. Cependant, le digital peut paraitre très vite intrusif. Comment bien dissocier sa vie professionnelle et personnelle quand les outils digitaux vous apportent des informations en continu ? C’est un fait, la distance entre l’espace privé et professionnel est difficile à maintenir dès lors que nous sommes « connectés ». Le temps de repos hebdomadaire de 11h entre deux journées de travail devient péniblement tenable sans encadrement physique ou géographique. Dès lors que nous lisons un simple mail le soir, arrivé sur notre boîte professionnelle, même si nous ne le traitons pas, il s’agit bien d’un non-respect du temps de repos.

Le manager plus coach que chef ?

La digitalisation des SI s’est naturellement mise en place dans nos pratiques, mais elle s’accompagne d’une évolution des méthodes de travail au niveau managérial et organisationnel. Au travers de la mise à disposition d’outils en continu, c’est l’immédiateté qui est pratiquée. Le modèle hiérarchique est donc impacté et remis en cause. En effet, les tâches sont décloisonnées en mettant en place des espaces partagés et des outils collaboratifs. C’est ainsi que le modèle de gestion de projet s’est progressivement développé dans le quotidien professionnel des collaborateurs. De plus, avec les messageries instantanées, la mise en relation directe, sans aval hiérarchique, responsabilise chaque collaborateur. Cette évolution des usages et pratiques, impacte directement le mode de management. En effet, un manager gère à présent des collaborateurs de plus en plus autonomes qui acquièrent des compétences en temps réel, en collaborant toujours plus. Le manager doit également adapter sa gestion d’équipe et son suivi d’activité, au travail à distance. Il doit aussi maitriser les outils digitaux tels que Sharepoint, Skype, réseau social d’entreprise afin d’être en capacité d’échanger et de partager avec ses équipes. Le manager devient donc plus coach que chef en jouant un rôle plus fédérateur, tout en utilisant et promouvant les outils digitaux mis à sa disposition.

Le digital s’est ainsi naturellement glissé dans notre quotidien professionnel et personnel. Au point, de modifier notre organisation et notre façon de travailler. Mais, il s’agit avant tout d’une évolution, qui demande un encadrement et une adaptation de mise en place, avec des nouveaux usages qui émergent.

Aurélie Sutter

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