« Fake news » : vers une labélisation utile des médias ?

Article paru le 14 juin 2018 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Médias

Quand le sensationnel prend le pas sur la vérité

On a tous été victime au moins une fois d’une information exagérée, transformée voire même faussée. De plus en plus, la société vit des moments de crise ces derniers temps et la moindre information reçue devient sujet de discussion. Le problème est que beaucoup se servent de l’émotion générale pour propager de fausses informations afin de provoquer un écho maximal.

Le 3 avril 2018, lors de la fusillade au siège de YouTube près de San Francisco qui a fait trois blessés, de faux médias ont annoncé « une dizaine de morts » et sont même allés jusqu’à impliquer des personnalités comme Hillary Clinton. Alors que la réalité était toute autre.

Les auteurs de « Fake news » n’ont en général que très peu d’informations sur l’évènement mais, grâce à des titres accrocheurs, des articles mensongers arrivent à rameuter du public parfois, un peu trop curieux et souvent en quête de sensationnel.

Une étude publiée par le MIT, institut de recherche Américain indique que « les "fausses nouvelles" se propagent beaucoup plus rapidement sur les réseaux que les vraies informations ». L’étude montre et conclut qu’1% des "fake news" touchent plus rapidement de personnes, qu’une vraie nouvelle qui elle met six fois plus de temps pour atteindre seulement 1 500 personnes.

Quel intérêt derrière une telle stratégie ?

On a d’abord pensé à une diffusion massive par des robots et ainsi mis la faute sur la nouvelle technologie, mais il s’avère que les robots ne sont pas en mesure de savoir si l’information est vraie ou fausse au moment de la diffusion. Des auteurs sont spécialisés dans ce genre de pratiques et ce pour deux raisons.

La première est liée aux sites appelés les « clickbait » (piège à clic). Ce sont des sites vivant sur le sensationnel et attirant les internautes pour générer des recettes publicitaires.

La deuxième est la plupart du temps pour décrédibiliser des partis politiques ou des mouvements en période de crise. Cela a notamment été utilisé lors des nombreux photomontages décrédibilisant « les partisans du contrôle des armes » après la tuerie de Park land, USA.

Pour lutter contre ce phénomène, les politiques souhaitent mettre en place des labels de fiabilité. L’organisation Reporters Sans frontières (RSF) s’est lancée dans cette lutte contre la désinformation en présentant le mardi 3 avril 2018 un dispositif international visé à devenir la référence pour les plateformes en ligne.

Des dispositifs utiles avaient déjà été mis en place, reposant sur la vérification des faits, comme l’établissement de « listes noires » de sites ou comptes. Néanmoins cela s’avère insuffisant car souvent l’information fausse a déjà été propagée et les démentis n’ont plus d’effets rétroactifs.

Pour agir plus en amont, Reporters Sans Frontières et trois autres entités (l’Agence France-Presse, l’Union Européenne de Radio-télévision et le Réseau Mondial des rédacteurs en chef) travaillent depuis un an sur « l’initiative pour la fiabilité de l’information ».

Ce système, effectif d’ici mi-2019, permettra aux médias de s’autoréguler en établissant ensemble des normes de référence à respecter afin d’avoir un label certifiant la fiabilité de leurs informations sous la supervision du Comité Européen de Normalisation et d’Organismes.

Les réseaux sociaux et moteurs de recherches pourront alors s’en servir pour remonter plus rapidement les médias certifiés dans leurs algorithmes. De même, les annonceurs un peu frileux d’être associés à de « fausses publications » pourront s’appuyer sur ce label pour diffuser positivement leurs campagnes publicitaires.

Cependant, si cette certification est attendue pour lutter contre la diffusion de fausses idées, elle permettra aussi d’inciter les plateformes comme Facebook ou Twitter d’être plus transparentes sur les revenus publicitaires qu’elles peuvent en tirer…

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