Fission nucléaire au Thorium, la « Puissance Négligée »

Article paru le 26 avril 2018 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Énergie

Actuellement, nous sommes confrontés à une crise énergétique et environnementale massive qui est provoquée par la combustion continue de combustibles fossiles. L’or noir dont nous dépendons constamment n’est pas infini et va bientôt s’épuiser. Nous sommes désormais sur la bonne voie pour passer à une quantité d’énergie plus fiable et illimitée. L’une des plus prometteuses solutions est d’ailleurs à notre disposition depuis 1944, la fission nucléaire du "Thorium". Passons brièvement en revue un peu l’histoire pour comprendre la découverte de cette incroyable source d’énergie qu’est la Fission Nucléaire du Thorium et comprendre par la suite pourquoi nous la surnommons la « Puissance Négligée »

Une source d’énergie connue depuis 1944 ...

La fission des éléments lourds connus sous le nom d ’« actinides » a été découverte en 1939, méthode qui permettrait de remplacer les combustibles fossiles pour toujours. En 1944, trois manières différentes de réaliser de la fission nucléaire sont découvertes. La première est la fission commune, qui apparaît comme étant relativement "facile". Il s’agit de la fission de l’uranium 235. Les scientifiques de l’époque ont réalisé que la fission de l’uranium 235 n’était pas une solution énergétique à long terme, car cette ressource est très rare et peu abondante. Les deuxième et troisième solutions étaient très difficiles à exécuter mais l’énergie qu’elles produisaient était prometteuse. Le premier de ces deux moyens consistait à fissionner l’isotope commun de l’uranium 238, et le second à fissionner le thorium. Inconnu du grand public, le thorium est largement abondant, on le trouve avec le minéral phosphate de terres rares : la monazite. Il contient environ 12% de phosphate de thorium et on estime qu’il y a environ 12 millions de tonnes de monazite dans le monde, dont les deux tiers se trouvent dans les dépôts de sable minéral des côtes sud et est de l’Inde.

... qui n’a pas reçu assez de soutien du gouvernement ...

À la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les centrales nucléaires à base d’uranium ont connu une expansion importante. Ceci s’explique par le fait que les conceptions de réacteurs étaient les mêmes que celles des armes nucléaires. A cette même époque, les États-Unis avaient construit un réacteur à sels fondus expérimental à Oak Ridge National Laboratory : le « réacteur MSRE », utilisant du combustible U-233 créé en bombardant du thorium avec des neutrons. Le "réacteur MSRE" n’a fonctionné qu’environ 15 000 heures entre 1965 et 1969, en raison du manque de volonté politique de la Commission de l’Energie Atomique, axée sur le plutonium découvert par le président du comité en 1968.
En 1973, le gouvernement américain a fixé un règlement sur la technologie de l’uranium et a abandonné la recherche nucléaire liée au thorium.
La concurrence a conçu un réacteur surgénérateur rapide de métal liquide, le LMFBR (cycle uranium-plutonium). Contrairement au réacteur thermique du cycle thorium-233U, réacteur surgénérateur à sels fondus, le LMFBR (cycle uranium-plutonium) a obtenu le soutien du gouvernement américain en raison de sa plus grande capacité d’armement.

... mais reste le moyen le plus efficace de produire de l’énergie.

On dit que chaque humain utilisera un poing plein de thorium sur une durée de vie moyenne. Avec les nombreux avantages de la fission du thorium et l’abondance de cette ressource, la question désormais est de savoir pourquoi elle reste conservée dans nos livres d’histoire. Beaucoup de pays en sont conscients et n’ont néanmoins pas mis l’accent sur le développement de l’énergie au thorium. Plusieurs hypothèses peuvent expliquer le frein au développement de cette technologie comme l’investissement initial requis ou le manque d’application militaire.

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