France Connect : première brique de l’ État plateforme

Article paru le 20 décembre 2014 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Secteur Public

Le dispositif France Connect, actuellement en cours de développement et dont le déploiement doit débuter d’ici fin 2015, permettra aux usagers des services publics de simplifier leur accès aux démarches en ligne en créant une authentification unique commune à toutes les administrations.

Un unique mot de passe pour se connecter à tous les services en ligne des administrations, une utopie ? C’est pourtant bien l’objectif de France Connect, l’un des nouveaux projets du Secrétariat Général pour la Modernisation de l’Action Publique (SGMAP).

Ce dispositif permettra en effet à un usager (citoyen, mais aussi à terme agent de l’État, association, entreprise, …) de fédérer les différents comptes qu’il aura créé auprès des organismes publics (CAF, impôts, etc.) afin d’y accéder avec les mêmes identifiants, à la manière de Facebook Connect ou Google+ Sign In.

Une fois son compte France Connect créé, l’usager pourra indifféremment accéder par ce biais aux comptes dont il dispose déjà, sous réserve de les rattacher au dispositif, ou à de nouveaux services sans avoir à créer de comptes spécifiques.

Le contexte et les enjeux de France Connect

En créant une identité numérique universelle, France Connect pose la première brique d’une démarche plus globale de modernisation des services numériques de l’Etat : la constitution d’un Etat plateforme.

Conduit par la Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication (DISIC), ce projet répond à différents enjeux d’actualité, notamment l’ouverture des données publiques, la mise à disposition d’interfaces ouvertes et la définition d’une architecture commune aux SI de l’Etat.

Dispositif sensible par nature en tant que moyen d’authentification, le projet France Connect répond également aux problématiques de sécurité et de protection de la vie privée. Différents niveaux d’authentification permettent de classer les systèmes d’authentification sur lesquels reposent le dispositif et l’usager demeure libre d’accepter que des informations le concernant soient échangées d’une administration à l’autre, en toute transparence et avec la possibilité de révoquer cette autorisation.

Enfin, la logique de fédération d’identité à l’échelle nationale sera encadrée par la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés), et le dispositif sera conforme à la réglementation européenne eIDAS (electronic Identification and trust services) – et donc compatible avec d’autres systèmes d’authentification européens.

Quelles perspectives pour le dispositif ?

La première étape du déploiement de France Connect sera le basculement des quelques 3 millions de comptes mon.service-public.fr – projet lancé en 2009 piloté jusqu’ici par la Direction de l’information légale et administrative (DILA) – sous le pavillon France Connect.

La campagne de déclaration de revenus en ligne, au printemps 2016, est également en ligne de mire avec l’objectif de fédération de plus de 10 millions d’utilisateurs. A terme, les comptes d’organismes tel que Télé TVA et Net-Entreprises seront également concernés.

A noter enfin, les possibilités offertes par France Connect ne se limiteront pas à l’authentification unifiée des usagers. Les échanges de données via ce dispositif permettront également de réduire les demandes de justificatifs, prenant ainsi part à la mise en œuvre de la démarche « Dites-le nous une fois » au sein des administrations.

Les perspectives pour France Connect semblent donc bien prometteuses. Le projet est d’ailleurs suivi de près par Thierry Mandon, Secrétaire d’État à la Réforme de l’État et à la Simplification, qui a déjà rendu deux visites à l’équipe en charge du développement de France Connect. Agilité, collaboration entre différents services publics, ouverture aux entreprises : France connect pourrait bien devenir le parangon de la transformation numérique de l’administration.

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