Free-floating, ou quand le vélo prend ses libertés

Article paru le 4 mai 2018 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Innovation Transports

Le principe du Velib ou vélo en libre-service est connu et utilisé par bon nombre de personnes. Il s’agit de s’identifier à une borne pour y prendre son vélo, d’effectuer son trajet et une fois terminé, de le déposer à une autre borne. Le concept de vélo en free-floating - ou vélos sans borne d’accroche - reste encore flottant et pourtant, est en train d’envahir la capitale. Retour sur cette tendance de fond, cette nouvelle manière de s’affranchir des bornes pour devenir encore plus libre, plus « free ».

Le vélo reprend ses lettres de noblesse

En 2007, le Velib fait son apparition à Paris et la métropole se voit dotée aujourd’hui de 20 000 cycles et 1200 bornes. Paris, en parallèle, l’a bien compris et portée par des objectifs écologiques et soucieuse de rattraper son retard par rapport aux autres capitales comme Amsterdam, Oslo ou Berlin, déjà bien avancées sur le sujet, fait de l’usage du vélo son cheval de bataille au travers du Plan Vélo 2020. Avec près de 150 000 euros de budget, tel est en substance le challenge de la métropole : faire passer les trajets à vélo de 5 % à 15 %, et ce par l’augmentation des pistes cyclables dont certaines à double sens, la création de 10 000 places de stationnement supplémentaires, le renforcement de la sécurité (généralisation des zones 30, cédez le passage cycliste aux feux, etc.).

Le Free-floating, en pratique, ça marche comment ?

Depuis octobre 2017, il est maintenant possible à Paris d’utiliser des vélos partagés en free-floating, et ce, grâce à Gobee.bike, le 1er acteur hongkongais à avoir proposé ce service. Plus besoin de stations d’accroche, tout cela se passe au moyen de son application, téléchargée au préalable, sur laquelle l’utilisateur se crée un compte. Ensuite, le processus est simple et intuitif, le cycliste :

  • géolocalise les vélos disponibles et proches de lui
  • déverrouille son vélo choisi en scannant un QR code se trouvant sur le guidon au moyen de son smartphone
  • une fois la course terminée, le dépose dans un des nombreux garages à vélo présents dans Paris, géolocalisé également sur l’application
  • verrouille manuellement le vélo, action clôturant sa course. Il est prélevé de la durée de son trajet.

D’autres acteurs asiatiques comme Obike (Singapour) ou Ofo (Chine) ou encore Mobike (Chine) arrivent tour à tour sur le marché parisien, proposant une offre similaire à Gobee.bike. Ces offres de free-floating se positionnent stratégiquement au même moment que le renouveau de l’offre Velib. En effet, l’exploitant historique depuis 10 ans cède sa place à Smoovengo au 1er janvier 2018, qui propose une toute nouvelle offre (changement de vélos et de bornes, révision de l’offre tarifaire, etc.), non sans impact sur les utilisateurs. La moitié des bornes sont pour le moment inutilisables de par leur remplacement et les usagers se plaignent de payer le même tarif pour un service partiel.

La route tourne en faveur du free-floating

Plus souple et plus pratique, l’offre de free-floating a de quoi séduire les cyclistes. Pour un prix attractif (50 centimes la demi-heure et sans abonnement, contrairement au Velib) et 50 euros de caution seulement à l’inscription (contre 150 euros pour Velib), ces vélos sont moins lourds (environ de 4 kilos), plus maniables, de couleurs pétantes.
Une offre alléchante, dans l’air du temps, sans contrainte… et sans bornes. Les tarifs peuvent se justifier par l’absence de stations, qui réduit considérablement le coût des infrastructures, mais également par le soutien de grandes entreprises qui investissent dans le projet et aident au financement. Le free-floating, reposant sur une application, nécessite un smartphone et donc génère de la data. Prenons l’exemple d’Ofo, l’acteur chinois, soutenu par DIXI Chuxing (l’Uber Chinois) ou Alibaba, leader du retail, qui voient en le free-floating une possibilité d’obtenir davantage de données personnelles.

Par ailleurs, le free-floating n’est encore soumis à aucune réglementation mais la ville de Paris souhaite instaurer une redevance d’usage pour occupation de l’espace public, comme l’explique l’adjoint au maire en charge des transports, des déplacements et de l’espace public, Christophe Najdovski, dans un entretien au magazine ’Ville, rail et transports’ : « on sait aussi que dans certaines grandes villes chinoises, ce phénomène a engendré des désordres comme l’envahissement de l’espace public, avec des vélos à l’abandon laissés à l’état d’épave. Cela nécessite une régulation. Nous devons donner un cadre. » Il ne s’agit pas pour la métropole de payer les frasques de quelconques débordements.

Bicyclettes, vélos électriques, Velib, free-floating, etc. Tels sont les nombreux types de vélos disponibles, à chacun de choisir celui qui lui convient le mieux.

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