Gestion prévisionnelle de trésorerie : Le SI moteur de la performance et facteur de progrès

Article paru le 29 septembre 2016 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Gestion Financière

La liquidité : le « carburant » des entreprises

La gestion prévisionnelle de la trésorerie constitue un enjeu croissant pour les directeurs financiers et responsables de trésorerie de grandes entreprises. Une étude [1] réalisée par l’Association Française des Trésoriers d’Entreprise (AFTE) et le Ceo-Rexecode (Centre d’observation économique et de Recherche pour l’Expansion de l’économie et le Développement des Entreprises) en 2016 montre ainsi qu’ils sont une majorité à constater une dégradation de leur situation de trésorerie globale. Le cas de la faillite de SunEdison [2] en est l’exemple le plus récent.

Les prévisions de trésorerie ont pour objectif de garantir la solvabilité de l’entreprise, d’assurer la disponibilité des liquidités nécessaires à son fonctionnement et d’optimiser le rentabilité du poste trésorerie en maximisant les produits des capitaux placés tout en évitant le recours à des découverts coûteux. Cette mission est toutefois rendue plus difficile depuis la crise de 2008 (raréfaction de la liquidité) et depuis 2011 du fait des normes prudentielles plus strictes imposées aux banques (Bâle 3).

La fiabilité des données : un enjeu clé du SI Trésorerie

Dans ce contexte, la fiabilité des prévisions est essentielle. Cette fiabilité est tributaire de la qualité des données sur laquelle la prévision est bâtie, les outils SI se doivent donc d’apporter l’information la plus complète et la plus précise possible. Voici une vision des fonctionnalités clés qu’un SI de gestion prévisionnelle efficace doit mettre au service du trésorier :

  1. Génération des prévisions de trésorerie à partir des budgets de l’entreprise,
  2. Prise en charge des prévisions à long terme (12 mois glissants par exemple) et à court terme (au jour le jour) ainsi que le basculement automatique du long terme vers le court terme,
  3. Gestion de la liquidité via des virements d’équilibrage automatiques,
  4. Rapprochement des prévisions avec les mouvements effectifs afin d’analyser les écarts à postériori,
  5. Production des reportings détaillés demandés par la direction ou par les banques dans le cadre d’une demande de financement,
  6. Réalisation de simulations (décision d’investissement conséquente, annulation d’une commande importante, etc.),
  7. Centralisation des prévisions de cash pooling des filiales.

SI Trésorerie : moteur de la performance et facteur de progrès

Ce dernier point présente souvent une marge de progression significative. En effet, la disparité des pratiques entre les sociétés d’un même groupe empêche d’avoir des prévisions de trésorerie homogènes. Dans ce cadre, le SI peut jouer un rôle de levier du changement organisationnel en amenant les filiales à saisir leurs prévisions directement dans l’outil de trésorerie centrale du groupe. Les bénéfices que les entreprises peuvent en attendre sont importants :

  1. Standardisation de saisies : même format de collecte utilisé par l’ensemble du groupe (nomenclatures, normes, règles de gestion, etc.).
  2. Garantie de l’intégrité des données : saisie dans l’outil SI avec validation "4 yeux" plutôt que les échanges à l’oral ou l’envoi de feuilles Excel pouvant comporter des erreurs.
  3. Contrôles rétroactifs automatiques : comparaison de la prévision remontée par une filiale avec son historique passé afin d’en valider la cohérence.
  4. Discipline organisationnelle : date d’arrêté périodique commune à l’ensemble du groupe.

Ainsi, en mettant à disposition des analyses qui fournissent une prévision compte par compte des excédents et déficits de trésorerie, le SI Trésorerie limite les risques de découvert et améliore la prise de décision du métier. Il pourra apporter une contribution déterminante à la promotion et l’instauration d’une "culture cash" largement partagée au sein de l’entreprise.

Saïd Hadjem

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