Grèves et technologies ouvrent la voie au télétravail

Article paru le 25 juillet 2018 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Ressources humaines

Depuis le 3 avril dernier, les cheminots de la SNCF sont en grève. Cette grève dite « perlée » s’étale sur 3 mois avec un rythme de 2 jours de grève pour 3 jours travaillés. Très suivie par les cheminots, elle a de facto des conséquences pour les usagers qui se rendent au travail en train ou en RER. Dans ce contexte, des solutions alternatives, telles que le co-voiturage gratuit, ont été mises en place par Ile-de-France Mobilités pour permettre aux usagers de se rendre sur leur lieu de travail, mais dans d’autres cas, cela n’est tout simplement pas possible. Pour ceux qui veulent éviter la cohue des transports et les embouteillages, ne reste que le télétravail.

Télétravail, ce que dit la loi

« Le télétravail est une forme d’organisation qui permet à un salarié de travailler ailleurs que dans les locaux de son employeur, de façon volontaire, grâce aux technologies de l’information et de la communication (TIC) » [1]. Si initialement une modification du contrat de travail était nécessaire pour pouvoir y recourir, depuis les ordonnances Macron de septembre 2017, les règles en matière de télétravail ont été assouplies.

Désormais, le télétravail peut être défini dans le cadre d’un accord collectif négocié avec les syndicats ou d’une charte spécifique au sein de l’entreprise. Cela est valable aussi bien dans le cadre du télétravail régulier que dans le cadre du télétravail occasionnel comme cela peut être le cas en cette période de grève. En cas de télétravail occasionnel, il est possible de formaliser tout simplement l’accord entre l’employeur et le salarié par écrit, par exemple dans le cadre d’un échange de mail.

Toutefois, pour en bénéficier, le poste doit impérativement être éligible au travail à distance tel que défini par un accord collectif ou par la charte élaborée par l’employeur et le Comité d’Entreprise (en attendant la mise en place du CSE – comité social et économique). Il faut principalement que les activités réalisées par le salarié dans les locaux de l’entreprise soient entièrement réalisables à distance, sans compromettre la sécurité des données de l’entreprise, en utilisant les technologies de l’information et de la communication. Autrement dit, même dans les services, toutes les activités ne peuvent pas être concernées par le télétravail (nécessité d’accès au réseau, confidentialité, etc.).

A noter que dans le cas où l’employeur refuse une demande de télétravail, il est tenu de motiver son refus.

La technologie au service de la modernisation du travail

S’il est désormais possible de travailler à distance, force est de constater que c’est grâce à la généralisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Cet essor a élargi le champ des possibles en matière de flexibilité du travail en créant les conditions nécessaires pour la mise en place du télétravail.

Désormais il est possible d’exercer son activité en dehors de l’entreprise en ayant accès à l’ensemble des « outils » nécessaires à savoir :

  • Le réseau de l’entreprise, les applications métier et l’intranet grâce au VPN
  • Les outils de communication virtuelle grâce au webmail ou encore la VoIP
  • Les outils collaboratifs tels que Slack ou Yammer accessibles grâce à une connexion internet

Finalement, la virtualisation des environnements de travail, la dématérialisation du poste de travail, et le développement des outils collaboratifs sont les trois facteurs technologiques qui rendent le télétravail aujourd’hui parfaitement réalisable.

Un business autour du télétravail : les « tiers-lieux »

Si le télétravail a lieu principalement à domicile, de nouveaux espaces apparaissent aujourd’hui pour le bien-être et la productivité des télétravailleurs.

Selon une étude menée par l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (Anact), si 79,6% des télétravailleurs travaillent à domicile, 7.9% travaillent dans des bureaux partagés, télécentres ou espaces de coworking.

Dans le contexte de grève actuel, de nombreuses initiatives sont prises pour aider les salariés à réaliser au mieux leur télétravail. Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France a annoncé que le Conseil Régional avait recensé sur son site les 600 lieux de télétravail du territoire pour permettre aux usagers malchanceux de disposer d’une solution de secours si leur train ne circule pas. Dans d’autres régions où les liaisons sont interrompues, des salles sont mises à dispositions des usagers pénalisés afin qu’ils puissent réaliser leur journée de travail dans de bonnes conditions.

Néanmoins il faut rappeler que la mise en œuvre du télétravail, bien qu’encouragé depuis une dizaine d’année par les innovations technologiques, dépend principalement de l’évolution des mentalités et des usages des entreprises.

Article rédigé par : Gaëlla RIGOLET, consultante mc2i Groupe

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