Horoscope 2016 : Le Directeur Administratif et Financier

Article paru le 2 juillet 2016 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Gestion Financière

Sa situation actuelle

Depuis deux ans, les sociétés françaises évoluent dans un contexte économique défavorable mais en amélioration qui pousse ces-dernières à encore améliorer le pilotage de leur performance.

C’est dans ce cadre que le DAF tend de plus en plus à devenir, au-delà d’un acteur de pilotage de l’activité, un acteur de la transformation de son entreprise. La tendance le montre, les compétences jugées encore insuffisantes ou en cours d’acquisition chez les DAF concernent le numérique et la dématérialisation. Par ailleurs, on retrouvera régulièrement les systèmes d’information dans les priorités de ces mêmes acteurs (1).

Si les systèmes d’information font partie des priorités, il semblerait que l’accent soit mis sur les outils qui améliorent la qualité des données, l’analyse des indicateurs qui en résultent, et la dématérialisation des processus. Ces aspects devancent encore des thèmes comme la digitalisation.

Le DAF en 2016

En 2016, les directions financières qui ne sont pas encore matures sur les sujets évoqués comme la dématérialisation ou la gestion prévisionnelle devront vite se mettre à l’ordre du jour. L’amélioration de la performance et les économies qu’ils représentent permettront de rester concurrentiel sur des marchés, pour la plupart, très agressifs.

Outre ses fonctions « traditionnelles », le DAF devra de plus en plus s’attarder sur des problématiques de transformation et de conduite du changement. En effet, force est de constater que le champ d’action du directeur financier a considérablement évolué, ce dernier étant de plus en plus souvent positionné sur des projets organisationnels ou digitaux.

Ils sont reconnus comme des acteurs pertinents dans ce domaine car la plupart d’entre eux ont un niveau élevé en conduite du changement. De plus, dans la mesure où les productions comptables et autres reporting sont automatisés, ils ont plus de temps à consacrer à la performance de leur société.

Autre chantier à prévoir : l’amélioration de la qualité de l’information par le digital. Disponibilité, qualité et sécurité des données sont autant d’enjeux concernés par ce défi dont le fer de lance est le Big Data. Certaines enquêtes montrent une défiance vis-à-vis du Big Data, notamment à cause de la difficile mesure du ROI de ces projets. Néanmoins, ces mêmes acteurs reconnaissent qu’il s’agit d’un chantier majeur qui sera la clé de la digitalisation dans le but de faire de la direction financière une entité 3.0.

Les enjeux du secteur public

Les directions financières de certaines entités publiques ont déjà une partie de leur année 2016 tracée par l’intermédiaire de différents projets. Nous pouvons par exemple citer la fusion des régions. Les sept nouvelles régions qui vont succéder aux anciennes collectivités vont engendrer des regroupements, notamment en matière de procédures financières et achats, mais aussi en termes de parc informatique.

Toujours concernant des fusions, les Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) prévoient le regroupement de certaines fonctions supports des hôpitaux et la mise en place de systèmes d’information uniques. Ce chantier fait suite à la volonté de modernisation de l’état et de sa branche hospitalière avec notamment la mise en place de la dématérialisation des documents, d’une comptabilité analytique et d’une optimisation des achats hospitaliers.

Enfin, il reste le chantier majeur de la dématérialisation des factures entre l’Etat et ses fournisseurs. Les premiers tests débuteront dès 2016 pour un déploiement entre 2017 et 2020, en fonction de la taille des entités.

L’année 2016 s’annonce intense pour les directions financières. Certaines certitudes apparaissent notamment au niveau de la dématérialisation, de la gestion prévisionnelle, et plus largement du pilotage de la performance. On distingue aussi une année mouvementée pour les entités publiques. En revanche il restera à observer la manière dont les DAF appréhenderont leur digitalisation, devenue leitmotiv de leur chantier de modernisation.

De manière générale, c’est le rôle du DAF qui sera tenu d’évoluer, notamment face à des risques d’ « ubérisation » (2). Il doit être porteur des chantiers de digitalisation transverses.

Jean-Baptiste Bouchoux

(1) Le Baromètre de la fonction DAF 2013 & 2014
(2) Se faire « ubériser » signifie être mis en concurrence avec un service, meilleur en terme de qualité et/ou de prix, grâce à une stratégie de digitalisation (Exemple : Uber).

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