Immobilier : Passer au 2.0 ou se faire « ubériser » !

Article paru le 29 décembre 2016 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Gestion Financière

Agences immobilières, promoteurs, sites d’annonces, gestionnaires de parcs immobiliers, tous ces acteurs de l’immobilier, du logement ou du foncier sont en plein dans un bouleversement numérique. Ce type de changement, souvent qualifié de révolution, représente à la fois une opportunité forte de gain en terme de qualité de service mais aussi un risque d’émergence de nouveaux acteurs et d’une nouvelle concurrence.

Ce phénomène a déjà été constaté dans d’autres secteurs, le plus connu est représenté par Uber face aux taxis traditionnels, l’autre exemple souvent évoqué concerne l’hôtellerie face à AirBNB.

Les pouvoirs publics ne s’y trompent pas, en témoigne l’étude lancée au premier semestre par les ministères de l’économie et du logement sur l’avenir de l’immobilier dans le cadre de la révolution numérique.

Ce virage numérique a déjà commencé pour certains acteurs avant-gardistes via des départements R&D, pour les autres, il semblerait que la question se résume à faire évoluer son activité, ou se faire « ubériser ».

En plein dans le virage numérique

Il va falloir agir vite dans ce tournant numérique tant les exemples de nouvelles technologies sont déjà présents ou en développement, en voici quelques-uns.

Géolocalisation des recherches de logement : Le site bienici est sur le point de concurrencer, voire « d’ubériser » les autres acteurs du marché en proposant d’effectuer sa recherche de logement sur une carte avec géolocalisation. Le principe est simple, renseigner des critères, puis avoir directement l’aperçu des logements sur un plan avec informations sur la voirie, les transports en commun etc…

Visualisation 3D : L’époque où l’on présentait seulement un plan papier pour faire découvrir une maison en construction dans le cadre d’une vente est quasi révolue. Aujourd’hui, certaines sociétés proposent déjà de visiter le logement sur ordinateur dans le cadre d’une visualisation 3D. Les prochaines étapes sont la visite 3D par tablette, et grâce à la réalité augmentée pour se déplacer librement dans l’appartement qui n’existe pas encore. Un exemple flagrant de risque d’ubérisation.

Bâtiments connectés : Sur le domaine de la construction, les bâtiments connectés permettent d’avoir une vision en temps réel d’éléments comme l’électricité/gaz/eau, mais aussi des parties communes. L’intérêt est que si une anomalie est constatée, par exemple sur un ascenseur, elle est détectée en temps réel, puis s’effectue automatiquement une demande au prestataire pertinent.

Focus sur le BIM

Le Building Information Modeling, BIM, est une technologie qui permet d’établir le plan d’un bâtiment directement via une application. Le double avantage concerne d’une part la qualité au niveau de la précision des informations. D’autre part, la totalité des informations d’un bâtiment sont consolidées dans une seule et même maquette, numérique. Ces données vont concerner l’énergie, les dimensions, les matériaux et matériels en place etc…

En plus des avantages de précision, d’accès à l’information et de gain de temps, il est à noter que les maquettes BIM pourraient être de plus en plus utilisées pour les contrôles réglementaires, notamment sur l’aspect sécurité.

Le constat est clair sur ce milieu de l’immobilier et du logement qui a déjà entrepris le virage de l’innovation. Nous pourrions assister très prochainement à une révolution du secteur, les quatre sujets cités ne sont qu’une faible partie des exemples de nouvelles technologies étudiés, certains n’ont probablement pas encore été imaginés. Les géants du secteur investissent d’ores et déjà sur les startup qui travaillent en lien avec ces innovations afin d’éviter l’effet tant redouté « d’ubérisation ».

Jean-Baptiste Bouchoux
Club SIGF

Partagez cet article sur les réseaux sociaux