Industrie 4.0 : La révolution digitale au secours de notre compétitivité industrielle

Article paru le 13 juillet 2016 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Énergie

L’économie européenne est en pleine mutation. Alors que nous avons constaté ces vingt dernières années l’essoufflement et la fermeture de nombreuses de nos industries, les toutes dernières innovations laissent entrevoir de nouvelles façons de produire, bien plus compétitives.

Les trois premières industries

Au cours des trois derniers siècles, chaque nouvelle industrie a puisé ses ressources dans une révolution industrielle. Un bref rappel des trois premières s’impose.

La première fut l’introduction au XVIIIe de la machine à vapeur dans l’industrie européenne.

Celle qui peut être aujourd’hui désignée comme deuxième révolution industrielle est la mise en place des chaînes de montages dans les années 1870, rendues possibles grâce à l’énergie nouvelle qu’offrait l’électricité.

Enfin, l’émergence de l’informatique et de l’électronique a permis dans la deuxième moitié du XXe siècle la mise en place de chaînes de montages entièrement automatisées et contrôlées par ordinateur : la troisième révolution industrielle.

Bouleversements économiques et industriels

Entre temps et depuis les années 80, l’économie mondiale a connu sa propre révolution. En effet, avec la mondialisation, l’industrie européenne a dû faire face à d’autres économies qui offraient un cadre légal sans contraintes et une main d’œuvre à des coûts dérisoires, annihilant littéralement la force de frappe de nos industries de biens de grande consommation sur les marchés mondiaux.

L’économiste Schumpeter définit une révolution industrielle comme une nouvelle découverte importante donnant lieu à une période d’innovations, et nous l’avons vu précédemment, cette révolution industrielle ouvre naturellement la voie à un nouveau type d’industrie. Avec internet et l’économie digitale nous connaissons aujourd’hui notre nouvelle révolution industrielle, sous l’égide des maîtres mots de la compétitivité moderne : rationalisation des coûts, adaptation de l’offre à la demande, respect des enjeux énergétiques et environnementaux, performance et sécurité de la chaîne de production. Autant de défis que l’industrie 4.0 se propose aujourd’hui de relever.

Passage à l’ère 4.0

L’industrie 4.0 est une industrie auto-adaptable, où les machines sont capables de communiquer entre elles, de prendre des décisions et où l’optimisation des processus se fait directement grâce aux millions de données collectées et traitées par l’industrie elle même. L’intégralité de l’industrie sera virtualisée en 3D, de l’environnement de production aux produits et processus.

Prenons un exemple concret : une usine de production pour un site internet qui vend des pâtisseries auprès de particuliers et d’entreprises.

Courant décembre, la demande augmente :

  1. Le site de vente dispose des statistiques et va donc transmettre en temps réel cette information à l’usine de production qui va adapter son rendement et informer les fournisseurs de matières premières et son réseau de distribution du changement de son besoin.
  2. Dans le même temps, une analyse sémantique des commentaires clients indique qu’une des variétés est trop sucrée et qu’ils aimeraient bien avoir des pâtisseries au chocolat blanc. L’information est transmise et l’intégralité de la chaîne de production et de distribution s’adapte.
  3. L’augmentation du rendement fragilise une pièce sur une machine, grâce à la virtualisation 3D complète des moyens de production et aux capteurs de chaleur, le changement de température et de forme de cette pièce en surchauffe est détecté et l’imprimante 3D de l’usine lance immédiatement la création d’une nouvelle pièce avec comme seul coût celui du matériau utilisé pour la produire.
  4. Un ingénieur de support est contacté sur son mobile pour demander une intervention dans les temps, équipé de lunettes de réalité augmentée, il voit sur place quelle pièce est défectueuse et les manipulations à faire pour la changer.
  5. La machine de production, au moment de s’éteindre pour maintenance, transmettra aux autres machines de production l’information que ces dernières doivent augmenter leur rendement pendant quelques minutes et récupérera son rendement aussitôt que la pièce sera changée.

Nous avons ici une industrie où l’optimisation des coûts est, avec les technologies déjà existantes, au maximum de ses capacités et à portée de main pour les économies européennes.

En réalisant rapidement son avantage et en adaptant ses investissements sur la création d’une nouvelle génération plutôt que sur l’optimisation de systèmes désormais obsolètes, l’Europe pourrait redevenir le fer de lance de l’industrie mondiale.

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