L’Intelligence Artificielle au cœur des expérimentations de l’Etat

Article paru le 25 avril 2019 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Innovation Intelligence artificielle Secteur Public

L’intelligence artificielle pour les administrations

L’intelligence artificielle tient un rôle majeur dans la révolution numérique. Cette discipline se développe grâce à la collecte de données massive couplée au développement de nouvelles méthodes algorithmiques et une puissance de calcul toujours plus importante. Le gouvernement français souhaite tirer profit de ce développement et se positionner comme un pays leader dans le domaine tout en considérant les enjeux éthiques qui en découlent. Il souhaite notamment donner l’exemple au travers de l’action publique afin d’améliorer les services rendus aux usagers. La stratégie nationale portant sur l’intelligence artificielle annoncée le 29 mars 2018 par le Président de la République s’articule autour de quatre axes : le soutien à l’écosystème, l’ouverture des données, la mise en place de projets et la conduite d’un débat éthique. Trois domaines ministériels ont été identifiés afin de soutenir le développement de l’IA : la recherche, l’économie et la transformation publique.

Plusieurs actions interministérielles ont déjà été engagées sur le volet transformation de l’action publique, dont un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) dans les administrations, lancé le 14 juin 2018. Les subventions versées ont permis de soutenir des projets d’expérimentations de l’intelligence artificielle dans les services publics. L’ambition de ces essais est d’identifier comment l’IA permet :

  • d’améliorer la qualité du service rendu à l’usager en fluidifiant les processus
  • de moderniser le travail des agents au quotidien
  • de mieux cibler les contrôles et d’aider à la décision

Mais surtout ces expérimentations permettront d’appréhender les mutations dans la fonction publique. En effet, selon le député LREM Cédric Villani, il est important d’anticiper dès à présent les répercussions de l’intelligence artificielle, de l’automatisation et de la robotique sur le travail de demain. Ainsi, la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat (DINSIC) et la direction interministérielle de la transformation publique (DITP) ont offert l’opportunité aux opérateurs directs de services publics de tester à la fois des approches techniques d’intelligence artificielle et des modes de travail innovants pour aborder sous un autre angle leurs problématiques métier. Cet accompagnement proposé aux administrations sera renforcé par le futur « Lab IA » annoncé lors du 2ème Comité interministériel de la transformation publique.

Les chantiers lancés dans les administrations

Les chantiers d’expérimentations tels que l’AMI rencontrent un franc succès. Effectivement, pour ce dernier, 52 dossiers de candidatures ont été déposés portant sur de nombreux domaines d’activités tels que l’emploi, la santé, l’environnement ou la lutte contre la fraude. De la même façon, un large spectre d’administrations d’État se sont portées candidates : administrations centrales, opérateurs ou établissements publics, services déconcentrés, et autres services publics (rectorats, universités, cours de justice, hôpitaux). Ce succès témoigne une profonde volonté de l’administration de transformer son action afin d’être plus performante et de rendre un meilleur service aux usagers des services publics.

Les 6 Lauréats de l’AMI seront accompagnés en 2019 sur une durée de 10 mois par des experts (institut de recherche, association et prestataire privé). Au terme de cette période, si leur prototype répond aux critères de généralisation, ils pourront alors déployer leur solution auprès des utilisateurs finaux.

Quels objectifs dans le futur ?

Pour Henri Verdier, directeur interministériel du numérique et du système d’information de l’Etat français, cet AMI est avant tout le commencement « d’une bataille culturelle pour la propagation de l’intelligence artificielle dans l’administration ». Quatre volets d’action permettront d’amplifier son déploiement :

  • Accompagner la prise de conscience de possibles gains d’efficacité grâce à l’IA, à travers l’identification de projets et de données à exploiter ;
  • Appuyer la mise en œuvre technique des projets, en mobilisant les ressources techniques et compétences adéquates, et en partageant au maximum les outils et pratiques ;
  • Anticiper et accompagner les effets du projet sur les agents, les métiers et la relation aux usagers ;
  • Animer la réflexion sur les enjeux éthiques associés à l’IA dans la sphère publique.

De plus, les chantiers d’Open Data et d’État Plateforme impactent directement les expérimentations d’IA. Cela implique la gestion de multiples chantiers pour les administrations. Il s’agit de projets à grande échelle dont les facteurs clés de succès reposent notamment sur un cadrage approfondi pour lever les freins et éviter les écarts budgétaires, une communication régulière et transparente aux parties prenantes et le respect des réglementations tel que le RGPD. La réussite de ces projets est primordiale afin que l’administration publique ne prenne pas de retard dans cette révolution numérique portée par l’IA.

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