L’IoT en 2017 : Une révolution encore en gestation

Article paru le 26 juin 2017 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Innovation Objets connectés - IOT

La sécurité, véritable leitmotiv de l’univers connecté

Sur le devant de la scène depuis quelques années, la sécurité est le véritable casse-tête de l’IoT. Cette année encore, elle est au cœur de bon nombre de réflexions. Pour cause, les récentes attaques ciblant les objets connectés. La dernière attaque majeure en date remonte à la fin d’année 2016. En effet, le prestataire technique Dyn gérant le DNS de sites comme Twitter, Netflix, Spotify, Airbnb, ou encore Paypal avait été pris pour cible des hackers à travers des objets connectés. Ainsi, la sécurité de l’IoT doit être repensée et prise en compte dès les premières phases de la conception des objets. Sujet émergent cette année : la sécurisation non plus des bases de données et serveurs mais plutôt de l’objet en tant que tel via de nouveaux composants intelligents permettant de “verrouiller” les objets.

Le paradoxe de la donnée

Si les dernières prévisions pour l’horizon 2020 s’annoncent très favorables pour le marché (20,8 Mds d’objets connectés voire 5 objets connectés par personne soit plus de 35 Mds selon les analyses), la problématique du traitement des données est de plus en plus présente. En effet, désormais identifié comme le principal marché sous-jacent de l’IoT, l’exploitation de la “data” générée se heurte pour le moment à une remontée massive de données peu pertinente.

On estime aujourd’hui que 90% des données remontées et stockées ne peut être exploité. Or, cette quantité de donnée va générer une consommation très importante d’espace de stockage, de CPU lors du traitement de la donnée dans le cloud et, va nécessairement allonger les temps de traitement.

Face à ces considérations, le traitement au niveau du Edge (au plus près du capteur) est une opportunité intéressante. L’idée est de favoriser les interactions entre les différents capteurs et effecteurs, c’est à dire by-passer le système vertical au profit de la communication horizontale (donc sans passer par le gateway) afin d’améliorer l’identification des données pertinentes en croisant les informations. Pour ce faire, la question de l’interopérabilité se pose. En effet, l’utilisation d’un référentiel unique, d’un standard de communication tel que le protocole OMA Lightweight M2M (OMALWM2M) créé par l’Open Mobile Alliance, permettrait de simplifier grandement ces échanges tout en facilitant la sécurisation de ceux-ci afin d’éviter les attaques du type ARP Poisonning*.

Ce que l’AI apporte aux systèmes connectés

L’intelligence Artificielle (AI) va également apporter un élément de réponse aux problématiques d’engorgement de la data. En rendant les capteurs “intelligents”, capables de traiter et d’analyser les données brutes, les risques de remontée de données non pertinentes vont être limités. L’AI couplée aux avancées du machine learning (supervisé ou non) va permettre au capteur, grâce au dégagement analytique de schémas de données, de sélectionner les données pouvant être utilisées avec une granularité très fine.

Toutefois, cela pose des questions d’ordre technique. Malgré les dernières évolutions en matière d’architectures SoC ARM, peu de capteurs sont suffisamment puissants pour traiter de manière efficace et en temps réel, la masse d’information qu’ils génèrent. Par ailleurs, se pose la question de l’autonomie. Si les performances sont améliorées alors la demande en énergie du composant augmente également. Ce point met en avant la nécessité de trouver des sources d’énergie permettant une bonne autonomie malgré une taille très réduite.

La gestion efficace d’un projet IoT

Si la plupart des grands principes de la gestion de projet s’appliquent aux projets IoT (comme, particulièrement, la mobilisation du Sponsor tout au long du projet), les spécificités et contraintes des systèmes embarqués impliquent néanmoins quelques singularités.

En effet, un projet IoT ne saurait être pensé comme purement technologique mais bien au contraire comme un projet organisationnel (à forte dimension technologique, certes) et répondant à des use cases et business cases qui doivent être pensés dès les premiers jalons du projet.

De fait, la coordination entre les équipes Métier, IT et spécialisées (Experts de la sécurité informatique, Data Analysts,…) est l’un des facteurs clés de succès des projets IoT. Par ailleurs, il est recommandé d’anticiper dès les prémices du projet un potentiel et futur passage à l’échelle (notamment dans la manière dont la gestion des évolutions est pensée) : commencer petit mais voir grand.

C’est pourquoi il convient également de ne pas imposer aux équipes de projets IoT une méthodologie trop rigide : l’innovation et l’amélioration continue doivent être pensées dans le choix de la méthodologie de projet (cf. schéma). Enfin, tous les aspects opérationnels et techniques de la phase de déploiement doivent être anticipés : de l’installation des équipes physiques à la pose de capteurs sans oublier la durée de vie de batteries d’objet en fonction de leur utilisation.

*ARP Poisonning : Attaque par corruption des paquets de données entre un client et un server, en l’occurence un capteur et un gateway ou un effecteur.

Leo LACHENAL & Noemie DELESSE

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