L’Open Data au service de la mobilité

Article paru le 4 décembre 2017 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Transports Open Data

La ville de demain, telle qu’imaginée par les collectivités investies dans une démarche Smart City ou Smart Grid, est consommatrice de données. L’Open Data est alors une approche intéressante et peu coûteuse pour ces acteurs. A la différence des secteurs de l’énergie, de la santé ou encore de l’éducation, le secteur des transports constitue le tremplin le plus facile et le moins coûteux vers l’Open Data.

Les données ouvertes (ou Open Data) sont des informations accessibles librement et gratuitement, sous la forme de fichiers respectant des formats interopérables. Bien plus qu’un simple format de données, l’Open Data est aujourd’hui un véritable mouvement qui vise à favoriser la réutilisation de l’information.

Coup de fouet législatif

L’Open Data n’est pas un concept récent, le terme est d’ailleurs cité pour la première fois en 1995. Les mesures proposées par l’ex-ministre de l’économie Emmanuel Macron à travers la loi sur la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques (mise en application durant l’été 2016) sont cependant venus accélérer la participation des acteurs de la mobilité.

L’égalité des chances économiques impose notamment l’ouverture des données qui, jusqu’à présent, étaient davantage considérées comme du domaine du privé. Certains vont même jusqu’à envisager une véritable redevance d’accès aux données.

Une mobilité 3.0

Nantes, Rennes, Bordeaux, Lyon, sont autant de villes qui ont débuté leurs démarches Open Data en choisissant comme première approche la mobilité. L’utilisateur est au centre de ce choix ; la mobilité est en effet une thématique qui concerne et engage une population d’utilisateurs large et variée.

Kisio, ex EFFIA Synergies, n’hésite d’ailleurs pas à user du terme de Responsive Locomotion, qui permet ,à l’instar du Responsive Design, de “repenser les réseaux de transports à partir du contexte, des besoins et du point de vue de chaque voyageur”.

L’Open Data se veut catalyseur d’innovations : Hackathon, Opendatalab et autres événements collaboratifs permettent de multiplier les rencontres entre utilisateurs et développeurs. Ces démarches créatives sont cependant peu à peu remplacées par des démarches de fiabilisation des informations mises à disposition.

« itinéraires, horaires dynamiques, arrêts, incidents, stationnements, fréquentation ou encore tarification … »

Afin d’être exploitées de façon pertinente, ces données doivent aujourd’hui avant tout être de qualité. La véracité de l’information transmise n’est pas le seul aspect qualitatif, l’information se doit d’être « fraîche », c’est-à-dire d’être régulièrement mise à jour. Ce critère est d’autant plus important pour le secteur des transports qui souhaite, à travers l’OpenData, optimiser et régulariser ses offres et améliorer l’information voyageur.

Concrètement en 2017

L’année passée fut ponctuée d’événements phares pour l’Open Data. On pourra notamment citer la société CityMapper, acteur incontesté en matière de mobilité urbaine, qui grâce à une nouvelle levée de 40 millions de dollars va pouvoir améliorer son application mobile. L’application couvre et repense d’ores et déjà les transports d’une quarantaine de villes à travers le monde.

Autre fait marquant : le STIF, en qualité d’autorité organisatrice des transports en région Ile-de-France, a réussi à relever le défi d’agréger et de partager les données des trois favoris franciliens, à savoir RATP, SNCF et OPTILE (comportant 75 transporteurs différents).

2017 promet une belle année aux fans de mobility data, en témoigneront les deux exemples suivants :

Movement - Uber

La compagnie californienne tente de renouer avec les pouvoirs publics en se positionnant en tant qu’intermédiaire et fournisseur de données. Uber souhaite relever ce défi via sa récente plateforme Movement.

Le modèle est simple : se servir des milliers de véhicules Uber qui sillonnent nos villes comme de véritables capteurs et fournir des données en temps réel sur l’état du trafic. Manille, Washington DC ou Melbourne sont les premières agglomérations à profiter de ce service.

Catalogue - Transdev

Le groupe français Transdev a quant à lui choisi de ne pas endosser le rôle de collecteur mais d’hébergeur de données. Via la plateforme Catalogue, Transdev propose à n’importe quelle organisation de partager ses données relatives à la mobilité. “Mutualisation des forces” et “repartage” sont les leitmotivs de ce vaste chantier.

L’objectif de ce service est d’offrir un entrepôt de données homogènes, transverses à tous les modes de transport et accessibles à n’importe qui.

Innovation vs Data Blues

Une fois dépassée la peur de la perte de maîtrise de l’information et de la vie privée, il reste encore quelques obstacles à l’avènement de l’Open Data. Nous évoquions par exemple précédemment la notion de qualité des données partagées.

L’autre problématique à laquelle se heurte l’Open Data est la pertinence des données. Il n’est pas rare aujourd’hui que des jeux de données, rafraichis quotidiennement, ne soient jamais réutilisés.

Mauvais timing, manque de communication ou données trop “gadgets” ? L’euphorie créée par l’ouverture soudaine d’un datawarehouse fait parfois vite place au fameux datablues.

Les « datacrunchers » qui rêvent de devenir l’indispensable boussole des citadins arriveront-ils à surmonter ces obstacles ?

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