L’accessibilité dans vos projets web : où en êtes vous ?

Article paru le 15 février 2012 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Accessibilité

Le web est un formidable vecteur d’intégration pour les personnes handicapées qui sont souvent trop isolées de la société.
Alors, oubliez vos idées reçues en lisant ces quelques rappels, le temps presse.

Les référentiels accessibilité sur le terrain

L’accessibilité web est promue depuis le début de la création du W3C dans le milieu des années 90 et fait l’objet de recommandations : les Web Content Accessibility Guidelines (WCAG), qui sont actuellement dans leur version numéro 2.
Ces WCAG présentent 4 principes clés sur lesquels doit reposer un site ou une application web, qui doit donc être :

Perceptible
Aspects « sensoriels » : proposer des équivalents textuels, des remplacements, contrastes, taille de caractères, etc.
Utilisable
Aspects « ergonomiques » : fonctionnalités accessibles au clavier, facilitation de navigation, temps suffisant pour lire et utiliser le contenu, etc.
Compréhensible
Aspects « éditoriaux » : contenu lisible et compréhensible, assistance à la saisie, contexte cohérent et prévisible, etc.
Robuste
Aspects « techniques » : compatibilité matérielle et logicielle

En France, sur la base des WCAG, 2 méthodes d’applications existent et doivent donc être utilisées pour garantir une bonne démarche d’accessibilité :

De par la Loi de 2005 sur l’Égalité des Chances, les sites (internet et intranet) liés à la sphère publique dans son ensemble (services gouvernementaux, collectivités territoriales, Établissements publics, etc.) doivent être en conformité avec le RGAA.

Malheureusement beaucoup de retard a été pris et cela a d’ailleurs été l’objet cette année d’une lettre ouverte des professionnels du secteur pointant les problèmes de gouvernance, de compétences et de formation bloquant le respect de la Loi. En effet, la date "butoir" était le 14 mai 2011 !

On assiste encore à de curieuses réactions dans la mise en œuvre de l’accessibilité.

Combien de fois a t’ on entendu ? :

"On prendra en compte l’accessibilité dans un second temps"

ou

"Mes clients ne sont pas handicapés"

ou

"Les personnes handicapées n’utilisent pas internet"

Toutes ces remises à plus tard ou ces fausses idées ont desservi l’accessibilité et, globalement, n’ont pas fait progresser la qualité des services web.

Non, quand on parle de personnes handicapées, on ne parle pas uniquement des aveugles

L’idée reçue numéro 1 quand on associe utilisation d’internet et handicap, est que cette problématique ne concerne que les personnes aveugles, mais savez vous qu’il y a environ 1.8 million de personnes ayant une reconnaissance administrative de leur handicap (Source : INSEE - 2007) ?

Ce chiffre est multiplié par 5 lorsqu’on compte les personnes se déclarant en situation ponctuelle de handicap et les empêchant d’effectuer certaines taches quotidiennes, notamment professionnelles. A noter que cette étude prend en compte la population âgée de 15 à 64 ans ; ces chiffres augmenteraient si on considérait les personnes dans les tranches d’age supérieures.

Il faut bien être conscient que chacun de nous peut être amené à rencontrer un handicap ponctuel ou malheureusement plus durable, et rapporté à un contexte d’utilisation du web, la prise en compte de l’accessibilité par le responsable d’un site sera d’un bénéfice évident.

Ainsi, un site ayant respecté les critères d’accessibilité définis dans les référentiels permettra par exemple :

  • aux personnes aveugles de naviguer pleinement grâce à des aides techniques (comme un lecteur d’écran, une plage braille)
  • aux personnes ayant des problèmes de vue de pouvoir zoomer le texte sans dégrader l’ergonomie du site
  • aux personnes ne pouvant pas utiliser la souris (bras cassé, hémiplégie, etc.) de naviguer uniquement avec le clavier
  • aux personnes sourdes de comprendre une vidéo en lisant les sous titres
  • etc.

L’accessibilité pour tous

Ajoutez à cela, des contextes d’utilisations "nouveaux" comme la mobilité apportant son lot de handicaps "techniques" (petites tailles d’écran, lumière extérieure, technologies non supportées, etc.), vous comprendrez bien sûr que le respect de certains critères d’accessibilité sera également utile dans ces situations, même pour des personnes valides.

Ainsi, pour un acteur privé, qui n’est pas soumis à la Loi de 2005, rendre son service accessible sera pour lui un moyen de ne pas perdre potentiellement 10, 15 voire 20% de visiteurs ou de clients s’il n’ a pas fait le nécessaire en matière d’accessibilité.

Ne considérez pas que l’accessibilité est un problème ou un coût, mais un gage de qualité car en la prenant en compte dans votre démarche dès le commencement de vos projets, vous allez vous poser de bonnes questions sur l’ergonomie, les contenus et les technologies de votre service. In fine, l’accessibilité web sert à tous !

Et vous ? Que vous soyez acteurs publics ou privés, où en êtes vous dans votre démarche de prise en compte de l’accessibilité dans vos projets ?

Demain, le web sera plus humain

Pour rompre avec les idées fausses, regardez la vidéo ci-dessous.

Sur son blog, Catherine Roy propose une transcription de son intervention lors de l’événement Web-In à Montréal le 31 octobre dernier où elle a présentée la vidéo ci-dessous.

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