L’e-Santé, au service de la qualité du système de santé en France

Article paru le 26 mai 2011 | Partager sur les réseaux sociaux

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L’e-Santé (1) est aujourd’hui un sujet informatique majeur en France avec un objectif extrêmement ambitieux puisqu’il s’agit pour l’État d’un des leviers pour maintenir voire améliorer la qualité du système public de santé, auquel les citoyens sont fortement attachés, tout en maîtrisant les dépenses. L’e-Santé, en permettant de concilier efficacité, confidentialité et traçabilité est une réelle opportunité pour le système de santé.

Quels enjeux pour l’e-Santé ?

D’un point de vue opérationnel, les chiffres sont plus que significatifs : il y a environ un million de professionnels de santé (a) pour soixante millions d’usagers (b), un milliard de feuilles de soin (c) et vingt-cinq millions de séjours en hôpital par an (d). Gérer ces volumétries a longtemps été impossible pour des questions d’infrastructure. Les progrès de la technique et l’informatisation des acteurs de santé ramènent aujourd’hui grandement cette problématique à sa composante organisationnelle.

L’e-Santé : un système plus efficace

L’efficacité des SI de santé doit permettre au système de santé public de surmonter les difficultés associées au vieillissement de la population. Ce dernier entraîne à la fois une diminution des budgets et une augmentation des actes (les seniors étant parmi les populations les plus fragiles et donc les plus consommatrices du système de santé). Il s’agit également d’assurer une réelle égalité d’accès à l’offre de soin dans un contexte de concentration des acteurs de la santé, praticiens comme établissements. Maîtriser l’impact de ces faits démographiques passe par une meilleure articulation entre médecine de ville, médecine hospitalière et Assurance Maladie. Le développement de la télémédecine et de l’Hospitalisation à Domicile (HAD) ont également un rôle à jouer et tous ces axes d’amélioration reposent fortement sur des outils informatiques.

L’e-Santé permet une réelle traçabilité

Assurer la traçabilité des données de santé est une autre attente forte vis-à-vis de l’e-Santé. Qu’il s’agisse d’identifier pour les citoyens les sites d’information fiables, de garantir la continuité de l’historique des patients pour optimiser leur suivi, leur diagnostic et leur thérapeutique ou de fournir les indicateurs nécessaires au pilotage des politiques de santé, à la détection et à la réponse aux crises sanitaires, il s’agit toujours d’apporter une traçabilité que seule l’informatique est à même de procurer (3). Des pandémies (grippe H1N1, SRAS...) amplifiées par la mobilité des personnes comme certains scandales sanitaires (sang contaminé, Médiator, vache folle...) confirment largement ce besoin de fiabilité et de traçabilité des informations en matière de santé.

L’e-Santé offre une solution aux besoins de confidentialité

Enfin, la dernière exigence à adresser est celle de la confidentialité des données, la santé est pour chacun un sujet éminemment personnel et toutes les données qui y sont associées sont donc particulièrement sensibles. Le grand nombre d’acteurs intervenant dans tout processus de santé et la volonté politique de mutualiser et de partager les SI de Santé rendent la problématique encore plus complexe à résoudre : avec l’augmentation du nombre des utilisateurs et usagers concernés par l’e-Santé, il convient de sécuriser les accès par une politique d’authentification et d’habilitation très structurée. Les Cartes de Personnel d’Établissement (CPE) et de Professionnel de Santé (CPS) diffusées en 2010 à 650 000 (e) exemplaires et l’agrément des hébergeurs de données de santé sont donc autant de réponses opérationnelles à ces besoins.

Arrivant à maturité, l’e-Santé s’impose aujourd’hui comme une des réponses concrètes et prometteuses pour la modernisation du système de santé publique.

Notes et références :

(1) Ensemble des projets de modernisation et de mutualisation des SI de santé, de développement des services médicaux à distance et des pratiques associées

(2) voir à cet égard des initiatives comme le Dossier Médical Personnel (DMP), l’Identifiant National de Santé, le label HONCODE...

(a) Professions réglementées par le Code de santé publique - Insee, Tableaux de l’Économie Française. 2010

(b) Prévision 2011 : 63 millions de Français, Insee, estimations de population et statistiques de l’état civil en 2010

(c) Les chiffres clés de la sécurité sociale 2009 - Direction de la Sécurité Sociale - en 2009, 801 millions de fiches de soins numériques comptant pour 86% du volume global

(d) Site de l’ATIH (Agence Technique de l’Information sur l’Hospitalisation), données du PMSI (Programme de médicalisation des systèmes d’information) : plus de 24 millions de séjours en 2010

(e) Site e-santé de l’ASIP-Santé : 680 377 CPS ou équivalent en circulation au 4/04/2011


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