La Blockchain : L’immobilier 3.0

Article paru le 28 juin 2017 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Innovation Gestion Financière

Les apports de la Blockchain aux enjeux de l’Immobilier

Les changements technologiques et économiques induits par la démocratisation de la Blockchain apportent une réponse innovante aux problématiques dans de nombreux secteurs de notre économie.

Celui de l’immobilier en fait partie car la Blockchain est capable de répondre à ses enjeux technologiques, économiques, sociaux et même environnementaux.

C’est grâce à sa pluralité d’activités que l’immobilier semble être un cadre particulièrement approprié : gestion des actifs, de la preuve, de l’authentification de l’acte d’achat/vente ainsi que des transactions immobilières.

Les nombreux marchés de ce secteur pourront bénéficier d’une véritable valeur ajoutée en utilisant cette technologie : l’IOT, le Building Information Modeling, les transactions, le financement de l’immobilier, le Property et Facilitiy Management, la gestion énergique… Ils pourront tous tirer profit de la décentralisation, de l’automatisation des contrats ou encore de la sécurité et de la traçabilité des informations.

Bien entendu, développer la Blockchain au sein de ce secteur nécessitera une identification ciblée des applications réellement réceptrices aux potentiels de cette technologie. Il faudra également anticiper les facteurs clés de succès nécessaires à l’acceptation de la technologie et fournir une expérience client ergonomique en rendant invisible l’utilisation de cette technologie.

Ces facteurs clés de succès sont les conditions de réussite des projets de demain.

Il faut également noter que cette révolution aura des impacts qui seront au-delà du champ purement technique : de nouvelles formes d’organisation émergeront, des nouveaux types de contrat, de nouvelles formes d’authentification des actes d’achat ou de vente ainsi que de nouveaux modes de paiement.

Cas concrets où la Blockchain peut révolutionner le Property et Facility Management

Prenons l’exemple du Honduras et de la gestion de son cadastre.

Le cadastre du Honduras est réputé pour être non fiable, non exhaustif (seules 40% des propriétés sont répertoriées) et souvent la cible de piratages informatiques et de fraudes permettant l’appropriation malhonnête des propriétés. Le coût total estimé de cette « mauvaise » gestion avoisine les 9 milliards de dollars.

Pourtant l’objectif d’un cadastre est d’être un tiers de confiance : c’est lui qui garantit que lors d’une transaction immobilière, le vendeur A possède bien la maison pour laquelle l’acheteur B est en train de le payer. De même qu’une banque doit certifier que l’acheteur B possède bien l’argent qu’il va transférer au vendeur A.

Accompagné par les start-ups Factom et Epigraph, le Honduras a mis au point un outil de gestion numérique du cadastre qui s’appuie sur la technologie Blockchain.

Pourquoi la Blockchain ? Pour bénéficier des faibles coûts de fonctionnement et d’une transparence de l’information (en matière d’ouverture et d’intégrité).

L’objectif est de numériser entièrement le cadastre en permettant à chaque propriétaire d’enregistrer avec rapidité et facilité son titre foncier tout en garantissant l’authentification de l’acte. Le cadastre sera ainsi sécurisé, décentralisé et ne devrait plus être la cible de piratage ou de fraude.

Ce système sera capable de générer la confiance nécessaire entre les parties prenantes lors des opérations de transfert d’actifs immobiliers.

Ces enjeux économiques sont tout aussi importants que les enjeux technologiques que soulève un tel projet d’envergure : la technologie Blockchain nécessite d’être adaptée, complétée par d’autres technologies au regard des opérations à supporter. L’authentification des membres par exemple : par nature ils sont anonymes dans une Blockchain (pseudonyme), or dans le cas d’un transfert d’actif immobilier chaque partie doit être identifiable. Sur ce sujet des solutions existent : ici, une sécurité à deux facteurs d’authentification pourra être utilisée, à l’instar des banques pour le paiement électronique.

Autre exemple dans le domaine du Property et Facility Management, celui de l’application Midasium qui souhaite optimiser la gestion du patrimoine, le suivi des prestations ainsi que la gestion de la maintenance et des travaux.

Midasium propose une application basée sur une Blockchain de type Consortium, où seul un nombre restreint d’acteurs identifiés peut intervenir. Elle promeut ainsi la location intelligente et met en avant l’utilisation des Smart-Contrats pour automatiser l’ensemble des opérations liées à la location immobilière et ce, pour chaque étape du processus locatif. Cela comprend la signature du bail, le versement de la garantie, des loyers, le signalement des pannes et travaux à réaliser ainsi que la gestion des prestataires (contact, planification des prestations, paiement…). D’ordinaire, l’ensemble de ces opérations sont réalisées par une agence immobilière et ce sont donc des actions humaines. Avec l’utilisation de la technologie Blockchain et plus particulièrement des Smart-Contracts, l’ensemble de ces opérations sont automatisées et facilement consultables par les parties prenantes concernées. Cela minimise ainsi le risque d’erreur, de fraude et améliore l’efficacité et la rapidité des opérations.

Les défis à surmonter pour démocratiser la Blockchain

En France, la démocratisation de la Blockchain nécessite une légitimé au regard de la loi, qui pour l’instant n’encadre pas de façon appropriée son utilisation.

La Blockchain est capable de « disrupter » un certain nombre de marchés que cela soit dans l’immobilier ou d’autres secteurs. Ces changements pourraient venir plus rapidement que l’on ne le pense et les acteurs actuellement en place doivent dès à présent analyser l’impact de la Blockchain et comment cela peut faire évoluer leurs business models afin de tirer profit de cette technologie et être plus apte à répondre à l’émergence d’une nouvelle forme de concurrence disruptive qu’ils jugeraient déloyale, comme cela a été le cas avec Uber.

Sources :

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