La Blockchain, prochaine révolution de l’internet ?

Article paru le 24 octobre 2017 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Banque, Finance, Assurances

Arrivée en 2008 au travers du système de paiement « Bitcoin » crée par l’énigmatique Satoshi Nakamoto, la Blockchain est considérée comme la nouvelle révolution depuis l’invention d’internet. Si ses domaines d’application sont virtuellement infinis du point de vue conceptuel, c’est majoritairement le secteur Banque/Finance qui est le plus impacté à court terme par cette nouvelle technologie.

Qu’est-ce que la Blockchain ?

La Blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente pour l’ensemble de ses utilisateurs, sécurisée et fonctionnant sans organe central de contrôle.

Pour s’imaginer concrètement ce qu’est la Blockchain, il suffit de se représenter un registre public de transactions cryptées impossibles à effacer.

Représentation schématique de la Blockchain (source : BlockchainFrance)

Les piliers fondateurs de la Blockchain

La Blockchain repose sur trois grands principes fondateurs :

  1. La désintermédiation ;
  2. La sécurité ;
  3. L’autonomie.
    La désintermédiation consiste à s’affranchir d’un tiers de confiance pour certifier des transactions en s’appuyant sur un réseau de nœud, et non plus un organe central de contrôle.

Jusqu’à présent, les échanges d’argent passaient systématiquement par un tiers de confiance (Ex : les Banques). La Blockchain, avec son système de validation des transactions par consensus, apparaît comme la promesse de pouvoir se faire confiance sans se connaître et d’échanger de l’argent sans passer par un tiers de confiance.

La sécurité structurelle des informations stockées de la Blockchain est assurée par deux principaux éléments :

  • Son architecture décentralisée : impossible pour un utilisateur de supprimer ou modifier des informations ;
  • Le procédé cryptographique pour l’émission de la transaction : permettant entre autre l’horodatage de la transaction.
    Pour amortir ses coûts d’infrastructure et pouvoir assurer son autonomie, la Blockchain propose un modèle de rémunération des utilisateurs mettant à disposition leur puissance de calcul au réseau (on appelle cette communauté les « mineurs »). Ainsi, la communauté de mineurs supporte l’architecture et le fonctionnement de la Blockchain en cryptant et/ou validant des transactions, mais aussi en gardant une copie de la Blockchain localement.

Comment fonctionne cette technologie ?

L’automatisation d’une action dans la Blockchain est assurée par un Smart-Contrat. Il s’agit d’un programme simple de type « If […] Then […] » qui va automatiquement exécuter une action lorsque la condition nécessaire à son exécution est remplie.

Récemment, un consortium mené par la Caisse des Dépôts a récemment réussi à mettre en place une plateforme expérimentale de la gestion du collatéral non cash sur les prêts-emprunts de titres en s’appuyant sur la technologie des Smart-Contrats.

Afin d’articuler une multitude de Smart Contrats entre eux, la Blokchain s’appuie sur une DAO (Decentralized Autonomous Organization). Il s’agit de l’ensemble des règles qui régissent le fonctionnement de la Blokchain.

Quelles sont les limites actuelles ?

Le principal problème de la Blockchain qui freine son développement actuel est l’absence de cadre juridique. Les communautés sont très divisées entre deux stratégies sur ce sujet :

  • Fixer un code précis pour cadrer le développement de cette technologie ;
  • Laisser les cas d’utilisation se développer et légiférer par la suite.

D’autres limites de la Blockchain reposent sur les principes même de cette technologie, nous pouvons citer :

  • La limite de transactions par seconde afin de contrôler le taux d’émission de crypto-monnaie ;
  • L’attaque des 51% / consommation énergétique : le principe de validation des transactions par consensus dans la Blockchain implique qu’une entité disposant de 51% de la puissance du calcul du réseau pourrait contrôler les transactions enregistrées dans la Blockchain. Pour se prémunir de ce risque, il suffit de déployer un très grand réseau mais le problème de la consommation énergétique vient rapidement remplacer ce problème ;
  • La transformation d’un ordinateur personnel en livre de compte : une personne dont l’ensemble de ses actifs seraient gérés par une crypto-monnaie est extrêmement vulnérable à un piratage de son compte, qui donnerait au pirate le contrôle total de ses actifs.

Quel avenir pour la Blockchain ?

Les cas d’application de la Blockchain sont quasi-infinis. En effet, toute activité reposant sur un organe central de contrôle pourrait être remplacée par une activité reposant sur un réseau de nœud et une Blockchain. Un exemple d’application concret dans le secteur de la finance est le développement d’une plateforme de transferts bancaires internationaux peu coûteux.

C’est le cas de la start-up Ripple qui a levé 55 millions de dollars et compte aujourd’hui 15 des plus grandes banques du monde comme clients. Cette start-up propose aux banques le remplacement de la messagerie sécurisée Swift et prend en compte le « settlement » (transfert des fonds qui passe habituellement par un réseau de paiement interbancaire et des mécanismes de paiements interzones). Ces opérations, qui prenaient auparavant plusieurs jours, sont à présent instantanées. De plus, la start-up ne prélève qu’une commission minime sur les transactions effectuées.

En conclusion, la Blockchain est une technologie révolutionnaire qui promet de transformer tous les secteurs qui échangent dans un contexte de confiance minimale et de proposer de nouveaux modèles économiques. Il faut cependant que les différents législateurs s’adaptent à l’émergence de cette nouvelle technologie en proposant des cadres adaptés.

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