La Bourse : de la criée au trading automatique

Article paru le 4 août 2011 | Partager sur les réseaux sociaux

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La bourse (ou bourse d’échange) est à l’origine un endroit où des vendeurs peuvent rencontrer leurs acheteurs.

Qu’échangent-ils ? Et bien de tout, fourrures, blé… bref des matières premières « tangibles ».

Avec l’avènement des sociétés par actions il est devenu possible d’échanger des bouts de société, là encore une bourse de valeurs s’est organisée. Ces bourses sont finalement devenues des monstres en absorbant les autres places d’échanges. Désormais on y vient s’échanger des titres, des droits de posséder tel ou tel actif à telle ou telle échéance. On peut y investir sur des sociétés mettant à disposition une partie de leur capital contre une rémunération en entrant en bourse (marché primaire) ou bien échanger des titres déjà émis (marché secondaire).

Que se passe-t-il lorsque vous décidez d’investir dans une société tranquillement depuis votre écran d’ordinateur ?

Tout d’abord vous transmettez votre ordre à votre courtier (ou broker). Le métier de ce courtier est d’obtenir le meilleur prix pour l’échange (pour cela il sera rémunéré d’une commission). Cet ordre initial est saisi sur un site internet ou via une plateforme téléphonique. Ensuite il intègre le système du courtier.

Ensuite, tout dépend du type de transaction souhaité, dans le cadre d’un marché organisé -comme le CAC 40- le courtier va transmettre l’ordre au système de la bourse en spécifiant les conditions voulues (prix fixe, prix maximum accepté…) et l’ordre intègre un système de queue appelé « carnet d’ordre ». Le rôle de ce système est de permettre le maximum d’échanges selon un algorithme qui permet à chacun d’obtenir le meilleur prix au moment ou l’ordre devient « exécutable ».

Dans le cas de marché non organisés (dits OTC ou « de gré à gré ») le courtier va devoir contacter les possibles investisseurs pour que l’affaire soit conclue.

Une fois comprise cette transaction atomique, il suffit de multiplier par quelques millions pour saisir ce qui se passe quotidiennement (plusieurs milliards d’euros échangés) chez Euronext-NYSE. D’ailleurs les places boursières ont bien compris le poids qu’elles avaient et cherchent à grossir en absorbant d’autres bourses plus petites, c’est le secteur entier qui est dans une phase de concentration forte.

Du côté des courtiers ils ne sont pas en reste, et la course à la performance est lancée. En effet pour pouvoir tirer profit des moindres variations de cours, des supercalculateurs ont été implémentés, des lignes très haut débit les reliant aux plateformes de bourses ont été tirées. L’objectif : proposer du trading haute fréquence, c’est-à-dire un automate de trading, un robot chargé d’exécuter des ordres selon certaines configurations et ce à très haute vélocité (les ordres tiennent en une poignée de millisecondes).

Les dérives de ce systèmes se sont déjà fait sentir : l’an dernier une erreur de saisie d’un trader a déclenché un certain nombres de règles dans de nombreux moteurs de trading qui ont à leur tour envoyé des ordres, l’effet boule de neige a ainsi fait passer le titre Accenture de 41$ à 1 cents pendant quelques minutes , pendant ce temps c’est 30 milliards de dollars de capitalisation boursière qui se sont envolés….

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