La Loi Macron en faveur de l’(im)mobilité bancaire ?

Article paru le 27 avril 2018 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Banque, Finance Réglementaire

Initiée en 2015, la loi Macron relative à la mobilité bancaire est entrée en vigueur cette année. Ainsi, depuis février 2017, le service d’aide à la mobilité bancaire offre aux clients la possibilité de faire jouer la concurrence par la simplification des procédures de transferts d’un établissement bancaire à un autre.

Quel bilan peut-on en dresser ?
A-t-elle permis aux clients de changer de banque plus facilement et exacerbé la concurrence entre les différents acteurs du secteur ?
Quelles sont les motivations incitant les clients à changer de banque ?

Rappel du périmètre

Ce service d’aide à la mobilité bancaire est accessible sous certaines conditions et tous les types de clients ne peuvent en bénéficier.En effet, la loi relative à la mobilité bancaire offre un service de mobilité « clé en main » et gratuit aux clients particuliers des établissements bancaires. Les professionnels, sociétés ou associations ne sont donc pas éligibles à ce service et ne peuvent pas bénéficier de ce dispositif.

Autre point de vigilance, tous les produits bancaires ne sont pas concernés par cette loi.En effet, seuls les comptes courants sont transférables. Quant aux comptes et livrets d’épargne, ces derniers doivent être clôturés dans la banque d’origine et ré-ouverts au sein du nouvel établissement bancaire.Les emprunts ne rentrent pas non plus dans le cadre du dispositif simplifié proposé par cette loi.

Premier Constat

Neuf mois après son entrée en vigueur, la loi Macron, censée faciliter le changement de banque pour les clients, n’a pas produit de bouleversement dans le secteur bancaire.

En effet, selon une étude menée par l’institut d’études Arcane Research auprès d’une population de plus de 8000 personnes, le pourcentage de clients ayant changé de banque reste marginal puisque seuls 5% ont franchi le pas et clôturé leur ancien compte au cours des 12 derniers mois.

Globalement, les hommes de 18 à 39 ans appartenant à une catégorie socio-professionnelle supérieure ont été les plus favorablesà un changement de banque.

Si la loi Macron a été instaurée afin de faciliter la mobilité bancaire, comment expliquer la faible proportion de clients ayant franchi le pas ?

La complexité des procédures constitue un frein pour les consommateurs.

En effet, les banques demandent souvent des commissions conséquentes, des frais d’épargne trop élevés ainsi que des clauses démesurées pour la domiciliation du nouveau revenu.

Ainsi, ces conditions n’encouragent pas les clients à changer de banque, ces derniers préfèrent donc rester dans leur banque actuelle, bien que les offres de cette dernière ne soient pas forcément intéressantes et attractives.

Comme évoqué précédemment, la loi Macron est censée faciliter le changement de banque pour les clients particuliers dans la mesure où ces derniers ont simplement à faire part de leur intention de changer de banque à leur ancienne banque, cette dernière se chargeant ensuite du transfert avec la nouvelle.

Néanmoins, certaines banques ne respectent pas cette règle, refusent la résiliation du contrat actuel, pendant que d’autres commettent des erreurs dans le transfert des domiciliations.

De plus, les clients doivent parfois attendre une longue période avant que leur nouveau compte bancaire ne soit opérationnel.

Afin d’éviter cela à l’avenir, l’Etat mettra en œuvre une règlementation plus stricte à compter de début 2018.

Quelles motivations poussent les clients à changer de banque ?

Si la mobilité bancaire semble encore complexe malgré l’instauration de la loi Macron, quelles sont les raisons qui motiventles clients à changer de banque ?

L’obtention d’un crédit immobilier avantageux reste la première raison de changer de banque en France.

Bien que cette opération puisse s’accompagner de quelques contraintes (à titre d’exemple, la nouvelle banque peut demander à son client de domicilier son salaire et de devenir sa banque principale), les consommateurs sont prêts à quitter leur banque pour un crédit immobilier plus attractif.

Les frais bancaires, jugés trop élevés, constituent une deuxième raison pouvant inciter les consommateurs à changer de banque.

En troisième position, le « mécontentement relationnel » peut également être à l’origine d’un changement de banque.

En effet, bien que les intelligences artificielles se développent dans les relations clients, la qualité de la relation humaine demeure essentielle et centrale dans le lien noué par le client avec sa banque.

Face à ces mouvements significatifs au sein du secteur bancaire : loi facilitant la mobilité bancaire, développement des intelligences artificielles, concurrence accrue entre les acteurs sur les produits et services proposés, exigences réglementaires de plus en plus strictes, les banques doivent sans cesse affronter de nouveaux défis et concilier flexibilité, innovations technologiques et créativité.

Sources :

https://www.cbanque.com/actu/64703/le-credit-immobilier-premier-facteur-de-changement-de-banque

https://www.lesfurets.com/assurance-emprunteur/actualites/credit-immobilier-premiere-raison-changer-banque

http://www.nationspresse.info/changer-de-banque-reste-toujours-une-procedure-complexe/

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