La mobilité bancaire simplifiée, c’est pour tout de suite !

Article paru le 31 janvier 2017 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Banque, Finance, Assurances Réglementaire

Le 6 février prochain entrera en vigueur l’article 43 de la loi Macron relatif à la mobilité bancaire. Cette nouvelle réglementation vise à simplifier la procédure de changement de banque pour les particuliers et ainsi dynamiser la concurrence sur le marché français. Elle impose aux banques d’accueil de proposer un service gratuit et automatisé de transfert de la domiciliation bancaire et de clôture éventuelle de l’ancien compte.

S’attaquant à l’idée lancinante selon laquelle changer de banque est compliqué, cette loi se veut au marché bancaire ce que la portabilité du numéro de téléphone a été au marché télécom.

Déroulement du processus de mobilité bancaire

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Parcours d’une demande de mobilité bancaire

Le mandat - papier ou électronique - signé par le client permet d’enclencher la procédure de transmission, depuis la banque de départ vers la banque d’arrivée, des opérations ayant circulé sur l’ancien compte. Les types d’opérations concernés sont les suivants :

  • Virements reçus ;
  • Mandats de prélèvements en cours ;
  • Virements récurrents émis (la loi définit comme « récurrente » une opération survenue au moins 2 fois durant les 13 derniers mois) ;
  • Chèques non encore débités.

Une fois ces informations reçues, la nouvelle banque communique les nouvelles coordonnées bancaires du client aux émetteurs des opérations de paiement (EDF, employeur, assurance maladie, mutuelle, etc.) via un flux normalisé. Chacune des étapes citées plus haut étant soumise à des délais réglementaires contraignants.

Un enjeu majeur pour l’ensemble des acteurs

Tous les établissements proposant des services bancaires (banque, assureur, opérateur télécom, etc.) ont une carte à jouer. En effet, les nouvelles conditions de mobilité des clients offrent une opportunité d’acquisition significative. L’objectif est de proposer un service d’accompagnement qui attire ces clients et permette de réussir l’entrée en relation.
Un élément de différenciation est la dématérialisation du processus de captation du client souhaitant bénéficier du nouveau dispositif et la possibilité pour lui d’accéder au suivi de l’avancement de son dossier par les canaux digitaux. En effet, la qualité des services Internet est importante ou décisive pour une majorité de clients, les plus jeunes se montrent plus sensibles à ce qui est spécifiquement proposé sur mobile.
Les banques en ligne ou 100% mobile (Orange Bank par exemple) disposent ainsi d’une longueur d’avance. La plupart ont planifié des campagnes marketing concomitantes avec l’entrée en vigueur de la loi et proposent des offres de bienvenue agressives alliant réduction des frais bancaires, avantages divers (carte gratuite, programme de parrainage, versement d’une somme à l’ouverture du compte, etc.) et moyens de paiement innovants (paiement sur mobile, par reconnaissance vocale, etc.).
Les banques traditionnelles doivent s’aligner, miser sur leur bonne image auprès des clients alliant confiance et sécurité et poursuivre leur transformation digitale afin d’optimiser l’expérience client et la qualité de service.
Dans tous les cas, la banque d’accueil se doit d’exploiter l’historique bancaire de son nouveau client afin de lui proposer les offres les plus adaptées à sa situation. Les services d’agrégation de comptes par exemple, qui permettent d’avoir une vision consolidée de l’ancien et du nouveau compte, sont particulièrement pertinents pour aider le client à gérer la période de transition.

Des impacts sur les systèmes d’information existants

La nouvelle réglementation implique des échanges de données entre établissements bancaires d’une part (1) et entre établissements bancaires et entités émettrices d’opérations d’autre part (2) :

  • 1. Au niveau des établissements bancaires, un dispositif doit être mis en place afin d’extraire - sur réception d’une demande - l’historique des opérations d’un compte client depuis les applications SI cœur ou les infocentres et restituer ces données au format du flux en sortie normé par le CFONB (Comité Français d’Organisation et de Normalisation Bancaires).
    Par ailleurs, l’établissement devra adhérer à la messagerie sécurisée SEPAmail, et son application Aigue-Marine dédiée à la mobilité bancaire, et faire appel à un prestataire technique référencé qui assurera la relation entre l’établissement et cette messagerie. Un interfaçage doit donc être mis en place entre la plate-forme du prestataire et le SI bancaire (via webservices par exemple).
  • 2. Pour les échanges entre les banques et les entités émettrices d’opérations, le CFONB a défini un format XML spécifique que la banque peut faire parvenir via son canal EBICS ou Swiftnet habituel. Ce format reprend la structure du CAI (Change Account Information) enrichie de toutes les données de la mobilité bancaire.
    Ainsi, l’entité devra être à même d’interpréter ce message XML afin d’identifier son client concerné et extraire son nouvel IBAN. Le SI de communication bancaire sera impacté.

Enfin, les établissements pourront conserver les données de mobilité bancaire des clients « entrants » et « sortants » afin d’améliorer la connaissance de leurs comportements.

Dans un contexte de compétition accrue pour attirer les clients rentables, les établissements bancaires qui verront la mobilité comme une chance et adapteront leur stratégie marketing pourront réaliser des gains importants tant en termes de chiffre d’affaires que de produit net bancaire.

Grâce à son expertise des mutations que connaît actuellement le secteur et à son expérience des projets de mise en œuvre des dispositions liées à la mobilité bancaire, mc²i Groupe vous accompagne dans l’optimisation de vos processus et le renforcement de votre position concurrentielle.

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