La recette intellectuelle, une solution innovante à la complexification des SI

Article paru le 8 juillet 2014 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Transformation SI Tribune

Sécuriser la conception fonctionnelle avant une recette réelle d’une application ou d’une intégration peut passer par une phase de recette virtuelle ou « intellectuelle ».

Au regard de la tendance actuelle à la complexification des systèmes d’information ainsi qu’à l’accroissement des interactions entre applications, les processus classiques de mise en œuvre doivent également s’adapter pour supporter l’implémentation de projets d’envergure.

La notion de « Recette intellectuelle » détaillée dans cet article fait référence à une étape supplémentaire de sécurisation de la conception fonctionnelle. Cette démarche éprouvée au sein de différents projets ne s’intègre donc pas dans le processus de recette à proprement parler, mais permet d’anticiper de potentiels dysfonctionnements dès la phase de conception et donc bien avant le début des campagnes de test.

Dans quel objectif ?

L’objectif de cette étape consiste à dérouler de manière théorique, d’où le terme de recette « intellectuelle », un ensemble de cas d’usage ou processus métier afin d’éviter les « trous de conception », et ainsi s’assurer que le cas de figure envisagé est bien géré de bout en bout dans les applications. Cette démarche redéfinie le cycle projet en y ajoutant une phase de « recette anticipée » permettant de valider le fonctionnement des échanges entre applications. Cette pratique est particulièrement pertinente dans le cadre de projets conséquents impliquant de nombreuses interfaces entre applications ou entre modules au sein d’un même système.

En revanche cette démarche devient inutile dans un contexte de recette unitaire.

A quel moment dans le cycle de vie du projet ?

Cette étape précède l’envoi des spécifications fonctionnelles détaillées pour validation et constitue une ultime vérification opérationnelle de la prise en compte des évolutions sur toute la chaine ou de la bonne intégration d’une nouvelle brique applicative. En pratique, cette étape peut être décalée à la veille de la phase de recette et ainsi contribuer au cadrage de la recette du projet.

Qui ?

Le large périmètre balayé par ce type de pratique implique une diversité des intervenants mis à contribution. En effet, les différents experts fonctionnels, responsables d’application et experts transverses concernés par les cas d’usage ou processus retenus, sont sollicités afin d’apporter leur savoir et de sécuriser le bon fonctionnement d’un bout à l’autre du système.

Quel déroulement ?

Les cas d’usage qui feront office de futurs cas de test sont sélectionnés en fonction des évolutions prochainement mises en place et de leur pertinence transverse. Ils sont ensuite priorisés, et les processus mis en jeu sont décrits par les experts transverses au travers de logigrammes.

Les séances de travail prennent la forme de tables rondes où les représentants de chaque composant se réunissent avec les experts transverses afin de dérouler les cas prédéfinis. Sur la base de ces logigrammes définissant les enchaînements dans chaque cas de test et des spécifications fonctionnelles formalisant les demandes d’implémentation, le groupe éprouve en commun les échanges impliqués entre les différentes applications. L’enjeu majeur est de se concentrer sur les informations qui sont contenues dans les flux qui transitent avec le souci d’assurer l’intégrité des données véhiculées, non seulement au niveau de leur contenu et de leur cohérence fonctionnelle mais aussi de leur format.

Une attention particulière est apportée aux flux concernés par les évolutions, ainsi que ceux présents en sortie de la chaîne applicative.

Conclusion

La recette intellectuelle prend tout son sens lorsque de nombreuses applications sont impliquées dans un même processus de bout-en-bout. La complexité croissante des SI requiert en effet qu’une attention particulière soit apportée aux échanges en considérant la chaîne comme une seule entité, et non comme des briques implémentées de façon complètement indépendante.

Cette démarche peut donc être considérée comme une bonne pratique indispensable pour pallier cette complexité croissante, encore faut-il que le contexte applicatif de l’entreprise le permette.

Ce dispositif est en effet coûteux car il requiert de mobiliser très régulièrement les principaux experts fonctionnels de la chaîne. Il est à noter d’autre part que la conception de chaque composant n’est pas revue au cours de ce processus qui reste donc complémentaire aux phases projet de chaque maillon.

Tribune de Thomas Rougeau et Hector Sounthone, consultants mc²i Groupe.

Lire la tribune sur le site : CIO Online.

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