La technologie V2G : une solution pour la mobilité électrique ?

Article paru le 4 mars 2014 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Énergie Tribune

L’essor des véhicules électriques représente un enjeu industriel majeur des 20 prochaines années. Il pourrait y avoir deux millions de voitures électriques en France d’ici 2020.

Si cette mutation est actuellement portée principalement par l’industrie automobile, les acteurs de la gestion du réseau électrique sont fortement impactés et se montrent très impliqués dans la mise en place de solutions pour permettre son développement à grande échelle.

Améliorer la mobilité électrique est d’ailleurs devenu un enjeu majeur chez ERDF. La préparation de la mise en place sur le territoire de bornes de rechargement électrique implique pour le gestionnaire du réseau de distribution non seulement de raccorder ces nouvelles installations, mais aussi de garantir la capacité du réseau à fournir la puissance et la qualité nécessaire pour charger un véhicule électrique.

Les acteurs se préparent à cette mutation

Si le développement des véhicules électriques reste incertain, il dépendra de la qualité de l’offre qui sera proposée aux utilisateurs. Afin de relever ce défi, les acteurs majeurs des secteurs de l’automobile et de l’électricité travaillent ensemble sur de nombreux projets expérimentaux.

Le projet Infini Drive lancé en 2012, mené dans plusieurs villes françaises et bénéficiant de subventions de l’Ademe a permis notamment d’analyser les données d’utilisation des véhicules électriques afin de concevoir des systèmes de gestion intelligente des flottes de véhicules.

Des projets comme Mini E Paris (BMW) et Save (Renault) menées les 3 dernières années ont permis de tester le comportements des conducteurs ainsi que leur appréciation du système électrique de charge.

Un autre projet (projet Kleber) mené à Strasbourg par EDF et Toyota a notamment permis à l’électricien français d’observer les habitudes de charges. La filiale d’EDF SODETREL en charge de l’exploitation des infrastructures de charge a participé au projet Kleber et développe actuellement un système de supervision des bornes connectées en collectant en temps réel l’état des points de charge.

Il apparait que les recharges de véhicules interviennent lors des heures de pointe, où la consommation est la plus élevée, et EDF doit trouver des solutions pour décaler la charge hors de ces périodes afin d’éviter des incidents de surcharges sur le réseau.

Mise au point de la technologie V2G

Une des solutions pourrait être l’utilisation de la technologie "Vehicule to Grid", ou Véhicule vers le réseau qui permet aux voitures électriques d’injecter de l’électricité sur le réseau. Ces véhicules représenteraient une solution de stockage de l’électricité qui permettrait de consommer pendant les périodes de pointes de l’électricité produite pendant la nuit par exemple.

Ce mode de fonctionnement permettrait en plus aux usagers d’amortir plus rapidement l’acquisition de leur véhicule électrique en étant rémunéré pour l’électricité injectée sur le réseau à des heures de pointes (le prix de l’électricité variant pendant la journée avec des tarifs plus bas pendant la nuit et plus haut aux alentours de 19h). Cela pourrait représenter un argument supplémentaire pour les constructeurs de voitures et ainsi faciliter le développement des voitures électriques.

Les détenteurs de voitures électriques seraient ainsi incités à décharger leurs batteries et injecter de l’électricité sur le réseau pendant les heures de pointes et décaler le rechargement de leurs batteries pendant la nuit où le prix est moins élevé, ce qui répondrait à un enjeu important pour l’implantation des voitures électriques.

En parallèle, il faudra mettre en place des systèmes de contrôle automatisés de la gestion automatique du mode injection/soutirage en fonction du niveau de la batterie.

La question de l’interaction avec les gestionnaires du réseau se pose également : Les systèmes de comptages devront s’adapter à ce nouveau mode d’utilisation du réseau et devront être capable d’identifier quelque soit le lieu de l’injection à qui appartient la voiture pour que le propriétaire puisse être rémunéré.

Même si à l’heure actuelle le réseau électrique ainsi que la production d’électricité ne sont pas dimensionnés pour permettre le développement à grande échelle des voitures électriques, les acteurs sont mobilisés pour que cette transition puisse devenir une réalité.

Tribune de Matthieu Zekri, consultant chez mc²i Groupe

Lire la tribune sur le site : Actu-environnement.com

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