Le BIM, révolution technologique ou culturelle ?

Article paru le 30 novembre 2018 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Cloud Gestion

Le BIM : Building Information Modelling se traduit en français par la Maquette Numérique du Bâtiment ou le Management des Informations du Bâtiment. La particularité du BIM est qu’il fait à la fois référence à une technologie et à un processus collaboratif.

Ses principales avancées technologiques résident dans le maquettage en 3D des bâtiments et l’utilisation de l’IFC (Industry Foundation Classes : format de données orienté-objet qui facilite la communication entre les logiciels).

Ces deux technologies permettent notamment d’obtenir :

  • Des maquettes 3D construites à partir d’objets « réels » (porte, dalle, etc.), tenant compte des propriétés physiques de chacun (dimensions, résistance, etc.).
  • Des maquettes « intelligentes », qui permettent d’ajuster automatiquement les caractéristiques des objets en relation, dès lors qu’une modification a été effectuée sur l’un d’entre eux.

La deuxième révolution apportée par le BIM, particulièrement grâce au format IFC, est le changement dans les méthodes de travail des acteurs de l’industrie du bâtiment.

En effet, ses parties prenantes pluridisciplinaires telles que les architectes, ingénieurs, maîtres d’ouvrage, entrepreneurs, etc., peuvent désormais communiquer et collaborer plus facilement, du moins, d’un point de vue technique.

Leur challenge est désormais d’apprendre à travailler de manière synchronisée et normée afin d’alimenter la maquette numérique d’un bâtiment tout au long de son cycle de vie.

Avec le BIM, des gains sont possibles à toutes les phases du cycle de vie du bâtiment

L’opportunité que constitue la maquette numérique est de créer pour chaque bâtiment une base de données unique et partagée entre toutes ses parties prenantes, capable de générer de nombreux avantages, à chaque phase de son cycle de vie.

Lors de la phase de conception d’un édifice, tout d’abord, les logiciels de BIM et leurs modules vont assister les ingénieurs et architectes dans la création de structures complexes en leur permettant d’automatiser une partie de leurs calculs et de leur effort de modélisation.

Le BIM, grâce aux simulations qu’il est en mesure de générer, permet aux concepteurs de :

  • Mettre les plans à l’épreuve et de détecter d’éventuels conflits
  • S’assurer de la faisabilité technique d’un projet
  • Anticiper précisément le respect des normes et objectifs de performance énergétique

Il permet en outre de mieux planifier la phase d’approvisionnement. Grâce aux extractions de données, les maîtres d’œuvre peuvent précisément quantifier les besoins en matières premières et en équipements en vue du démarrage du chantier.

Durant la phase de construction, le modèle 3D permet au chef de chantier de vérifier avec précision que le bâtiment tel qu’il est en train d’être érigé est conforme au cahier des charges.

Grâce à elle, le maître d’ouvrage peut par ailleurs plus facilement se projeter dans son nouveau bâtiment. Et, lorsqu’il aura investi les lieux, l’ensemble des données disponibles à propos de la construction et de ses équipements permettra aux équipes de maintenance d’être beaucoup plus efficaces.

En parallèle, sur le plan financier, dès la phase de conception et tout au long du projet, les simulations effectuées via les logiciels de BIM permettent de vérifier en temps réel l’impact d’une modification sur les coûts et les délais du projet.

L’efficacité du BIM, fonction de la collaboration entre ses acteurs ?

La démarche BIM permet d’obtenir des gains de différentes natures à toutes les phases du cycle de vie d’un bâtiment. Toutefois, y accéder requiert organisation, rigueur et bonne volonté, car seul le niveau 3 du modèle de maturité du BIM permet de déverrouiller l’ensemble de ces avantages.

Cette approche explique qu’à chaque niveau de maturité du BIM (de 0 à 3) correspondent des outils, méthodes et processus, qui permettent de créer de la valeur ajoutée.

  • Niveau 0 : Les acteurs ne pratiquent pas encore le BIM. Ils utilisent la 2D, en CAO (Conception Assistée par Ordinateur) voire en version papier. La ressaisie des informations dans différents logiciels est courante. Ce niveau « pré-BIM » concerne encore la majorité des acteurs français en 2018.
  • Niveau 1 : La 3D fait son apparition, bien qu’elle ne soit pas exploitée à son plein potentiel. En outre, chaque partie prenante au projet crée sa propre version de la maquette, qui lui sert à modéliser les éléments liés à son domaine d’expertise. Ce niveau est également appelé « Lonely BIM ».
  • Niveau 2 : C’est le début du BIM à proprement parler. Tous les acteurs du projet recourent à la 3D pour construire des maquettes « intelligentes », en utilisant les fonctionnalités offertes par le format IFC (représentant des objets réels). Toutefois, sur le plan collaboratif, des améliorations restent possibles puisque chaque partie prenante continue de créer sa propre maquette. Aussi, bien que leurs versions soient fusionnées en fin de processus, les différents corps de métier ont encore à gagner à passer au degré de collaboration supérieur. Le niveau 2 de maturité du BIM est cependant celui couramment imposé par les Etats dans le cadre de leurs marchés publics.
  • Niveau 3 : C’est le BIM dans son état le plus avancé. La technologie est exploitée au maximum (3D, interopérabilité du format IFC, objets paramétriques), et la collaboration entre les différents acteurs est intelligemment orchestrée. Ils travaillent sur la même maquette de référence et leurs échanges s’effectuent via une plateforme de collaboration dédiée, ce qui permet de les normer et de les canaliser. Le niveau 3 est celui qui nécessite le plus d’efforts organisationnels pour être atteint, mais également celui qui crée le plus de valeur ajoutée.

Grâce aux avancées technologiques et collaboratives qui la composent, la démarche BIM garantie de nombreux gains à ceux qui se l’approprient. Toutefois, le niveau 3 de maturité du BIM requiert rigueur et organisation pour être atteint. Pour y parvenir, les parties prenantes d’un projet BIM pourront recourir à la mise en place d’une convention BIM, ainsi qu’à la nomination d’un BIM Manager, en charge de piloter l’ensemble des acteurs impliqués. Et, si cela paraît utopiste, il convient de se rappeler que ce type de démarches est déjà utilisé dans d’autres industries, telles que celle de l’aéronautique et des chantiers navals. De belles années, riches en transformations sont donc attendues dans l’industrie du bâtiment !

Alice CANOVAS

Sources :

  • BIM & BTP, Intérêts de la maquette pour la conception
  • Objectif BIM, Les avantages du BIM
  • Maquette Numérique, Le BIM oui, mais quel niveau ?
  • MediaConstruct, Guide méthodologique pour des conventions de projets en BIM
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