Le Big Data au service de la fonction financière : vers le DAF 3.0 ?

Article paru le 2 octobre 2016 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Newsletter Gestion Tribune

Alors que les entreprises ont à faire face à un contexte économique et réglementaire en perpétuelle évolution, la révolution du Big Data offre de nouveaux outils à la fonction administrative et financière du XXIème siècle.

L’émergence d’outils nouveaux et prometteurs

Depuis les années 80, la vague d’informatisation a permis à la fonction financière d’accroître sa productivité et d’industrialiser ses processus, notamment pour la création de reporting réglementaires et d’analyses stratégiques toujours plus fines. Dans cette optique, le DAF est aujourd’hui face à un défi de taille : comment arriver à stocker, exploiter et analyser un volume important de données, à la fois hétérogènes et produites en continu depuis des sources différentes ?
En 2015, le Big Data n’était pour beaucoup qu’un mot tendance, de nombreuses entreprises ne possédaient pas encore de vision claire sur les apports de cette technologie. Pour autant, les solutions technologiques optimisant la collecte, le stockage et l’exploitation de données existent et de nombreux éditeurs ont produit des modules couvrant l’ensemble des fonctionnalités nécessaires, de la collecte à la restitution en passant par le stockage, la transformation et la distribution (Oracle, Talend, SAP, IBM,…). Certaines infrastructures comme Hadoop proposent déjà des packages complets dédiés au Big Data. L’enjeu majeur de la fonction financière vis-à-vis de ces nouvelles technologies est d’abord un enjeu d’apprentissage.
Le gain est de taille pour le Directeur Financier : sa réussite renforcerait sa position de conseiller stratégique au sein d’une entreprise. Cependant, apprivoiser le Big Data présente aussi certains risques (qualité des reportings, redondance et délais).

Comment exploiter la data ?

L’essence du Big Data repose à la fois dans sa complexité et dans son immense potentiel. Imaginez pouvoir prédire vos reportings réglementaires sur les années à venir, en exploitant dans un modèle unique des données telles que les prévisions météo, des données publiques sur vos concurrents, les profils de vos partenaires économiques (clients, fournisseurs…) tout en anticipant les contraintes réglementaires à venir.
La réelle valeur du Big Data réside dans la multiplicité de ses sources de données, et dans le détail des informations. Les possibilités de cette technologie prometteuse ne vont pas sans être accompagnées d’enjeux importants. Le contrôle et la qualité des données, de leur extraction jusqu’à leur restitution, conditionne leur utilisation. Le manque de fiabilité, de vérification et de recoupement est aujourd’hui un frein à la systématisation des processus d’analyse stratégique, et l’une des raisons majeures pour laquelle les décideurs privilégient leur instinct sur une intelligence décisionnelle informatisée.

Les nouvelles fonctions du DAF

La principale force du DAF en 2018 sera de prendre conscience d’une part de la puissance des outils à sa disposition, et d’autre part de ses nouveaux rôles clés dans le processus de transformation digitale de nos organisations. Outre ses problématiques traditionnelles de production d’états financiers réglementaires, le DAF devra porter ou chapeauter de nouveaux rôles :

  • CDO (Chief Data Officer) : Garant de la qualité des données analysées et de leurs traitement et transformations, il représente le garde-fou sans lequel les acteurs d’une entreprise (du salarié au dirigeant) ne pourront avoir confiance dans un système d’aide à la décision automatisé.
  • DA (Data Analyst) : La fonction clé de l’analyse. Devant la profusion d’informations, les analystes doivent être capables de restreindre leurs analyses, de créer les modélisations statistiques pertinentes et d’assurer la qualité des calculs au sein du SI. Pour ce faire, les compétences d’analyses, de plus en plus recherchées, devront être associées à une compréhension intime des enjeux d’une entreprise et de son contexte (économique, réglementaire, environnemental, technologique…)

Finalement, il appartient au DAF de s’approprier à la fois les technologies, les méthodologies et les responsabilités qui lui incombent. Il doit accompagner ses équipes et son SI dans une transformation qui vise à la fois l’infrastructure et les processus d’analyse de données, afin de tirer le meilleur parti des possibilités offertes par le Big Data.

Aurélien Demachy, consultant chez mc²i Groupe nous l’explique.

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