Le Grand Paris Express, ou comment améliorer le cadre de vie des voyageurs par le transport

Article paru le 29 juin 2017 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Transports Tribune

8,5 millions de voyageurs empruntent chaque jour les transports en commun en Île-de-France. Cependant, le temps passé dans ces derniers a considérablement augmenté et les lignes sont de plus en plus saturées, à cause de l’augmentation de la population. La hausse du prix de l’immobilier contraint, par ailleurs, de nombreux habitants à s’excentrer en banlieue, souvent mal desservie par les transports, les isolant et rallongeant considérablement leur temps de trajet pour se rendre au travail.

Le “Grand Paris Express” : les enjeux, les attentes

Face à ce constat, la métropole de Paris répond par le projet : « Grand Paris Express », une restructuration du tracé et du réseau de transports publics franciliens, passant par le prolongement de lignes existantes et la création de nouvelles lignes, afin de mieux relier les territoires de la région.

L’objectif est simple : améliorer le cadre de vie des voyageurs. Inscrit dans un triptyque économique, écologique et sociétal, ce projet permettrait concrètement de :

  • Limiter les inégalités territoriales en offrant un réseau de transports desservant davantage de zones enclavées et permettant la création de nouveaux pôles économiques,
  • Réduire le temps de transport des Franciliens par des tracés améliorés, une augmentation de la vitesse et des fréquences du métro (85 secondes entre 2 trains aux heures de pointe),
  • Alléger le trafic existant de 20 à 30 % sur les lignes à forte fréquentation (ligne 6, 7 et 13 et RER A et B),
  • Offrir un réseau 100% digital permettant l’accès au wifi, services connectés et données de mobilité aux passagers.
  • " La SGP a pour vocation de faire du Grand Paris Express, le métro “le plus digital du monde”, considéré comme une véritable « plateforme numérique », tant pour les usagers que pour les entreprises."

Le “Grand Paris Express” : un projet d’une grande envergure

D’une longueur totale de 202 km et porté par la Société du Grand Paris (SGP), le Grand Paris Express repose sur la prolongation de 2 lignes de métro existantes, la ligne 11 et la ligne 14 et la construction de 4 nouvelles lignes automatiques, la 15 (ligne circulaire, en rocade autour de Paris), la 16, 17 et 18 (lignes complémentaires périphériques). D’ici 2030, le Grand Paris Express comptera à cet effet 68 nouvelles gares considérées comme de véritables plateformes d’échange et un réseau à dimension numérique via la fibre optique et le déploiement de DataCenters.

Estimé à près de 25 milliards d’euros, financés par emprunt et subventions, le projet est séparé en 6 lots ou “tronçons”, lancés chacun en parallèle, afin de maintenir les échéanciers de mise en circulation, le 1er concerne un tronçon de la ligne 15, prévu pour 2022.

Le choix des acteurs n’est pas encore validé. Alors que la RATP, en tant qu’opérateur historique du métro parisien, a l’avantage quant à la gestion des infrastructures, l’exploitant (celui qui fera rouler le métro) n’a pas encore été choisi, un appel d’offres sera lancé fin 2017.

Un métro digital au service de l’Homme

De par l’implémentation de la fibre optique dans les tunnels, les voyageurs auront accès au Wifi et à la 4G sur tout le réseau. La création de DataCenters permettra de stocker des données et la politique d’Open Data prévue par la SGP, une mise à disposition d’informations voyageurs pour les entreprises afin de favoriser l’innovation digitale et la création de nouveaux services numériques pour les usagers.

« Le métro ne fera pas qu’accompagner les mutations sociales et digitales dans le Grand Paris, mais les rendra toutes possibles car tout ce qui est connecté se transforme », annonce Philippe Yvin, président de la SGP.

Le Grand Paris Express implique pléthore d’acteurs et nécessite une vision à 360 degrés des différentes problématiques, qu’elles soient financières, technologiques, sociétales ou encore organisationnelles afin d’anticiper au mieux les risques, de minimiser les résistances au changement et de mener à bien le projet. Cela repose, entre autres, sur une solide communication autour du projet, expliquant objectifs, avantages et avancées des travaux pour gagner “l’acceptabilité sociale” des futurs usagers.

En attendant 2022 pour la 1ère mise en circulation, il est possible de voyager virtuellement avec le nouveau métro, la SGP ayant mis à disposition sur son site, un simulateur de temps de trajet.

Tribune de Morgane BOUTIN-NEVEU, consultante mc2i Groupe

Lire la tribune sur le site : Le Cercle Les Echos

Partagez cet article sur les réseaux sociaux