Le mix énergétique, un défi de taille pour les gestionnaires du réseau électrique

Article paru le 15 septembre 2016 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Énergie

Les décrets sur le complément de rémunération pour les énergies renouvelables publiés en Mai 2016 l’auront démontré, le mix énergétique est plus que jamais un enjeu majeur pour le Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer. Cette prime versée aux producteurs vise à récompenser les investissements effectués dans les énergies renouvelables, et met en avant les efforts de la France dans la lutte contre le réchauffement climatique suite à la COP21 de Décembre 2015, événement d’ampleur qui a abouti à un nouvel accord international sur le sujet.

Ce nouvel outil de soutien en faveur des problématiques environnementales qu’est le complément de rémunération définit une prime qui est proportionnelle à l’énergie produite, et viendra potentiellement remplacer certains dispositifs relatifs aux obligations d’achats existants déjà. Il permettra en outre aux producteurs possédant des installations approuvées de vendre leur électricité directement sur le marché tout en évitant la volatilité des prix associés. Ce décret, en application depuis le 1er janvier 2016, affiche la volonté claire de promouvoir les énergies renouvelables.

Mais derrière le terme « énergies renouvelables » se cachent en fait différentes sources d’énergies, qui sont nommées « renouvelables » car considérées comme inépuisables et n’engendrant que peu d’impacts sur l’environnement. Nous y retrouvons ainsi pour les plus connues le solaire, l’éolien et l’hydraulique. Il en existe également de nombreuses autres comme le biogaz produit à partir de la fermentation de matières organiques, ou la géothermie qui utilise la chaleur dégagée par le centre de la Terre. La promotion de ce type de solution « propre » nous amène ainsi à revoir notre modèle de gestion de l’énergie, puisque l’électricité en France est encore essentiellement basée sur le nucléaire. Nous partons donc d’un moyen de production stable qu’il est facile d’adapter en fonction de la demande, à un schéma décentralisé avec des sources d’énergies soumises aux aléas climatiques. Il faut savoir que l’électricité, qui constitue la base de notre modèle économique, est une énergie qui se stocke très mal à un niveau industriel. Il ne faut pas oublier que l’électricité est par nature un mouvement d’électrons, et que son stockage revient à l’opposé à le contenir dans un élément statique.

L’équilibre entre l’offre et la demande est donc un défi de taille dans la gestion de l’énergie, et la tendance vers la transition énergétique rend cette épreuve encore plus complexe. L’émergence de nouveaux acteurs sur le marché électrique tel que le rôle de l’agrégateur il y a quelques années est un bon exemple de l’évolution du modèle énergétique français. De même, les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication doivent s’adapter afin de répondre à ces nouveaux enjeux. Les systèmes de prévision météorologiques deviennent indispensables pour prédire non seulement les volumes de consommation, mais aussi les capacités de production à des instants précis. Le réseau de distribution d’électricité qui était à l’origine conçu pour transporter l’énergie surtout dans un seul sens doit désormais supporter aussi bien les flux dans les deux directions. Nous nous orientons en effet vers des moyens de production locale très distribués, et non plus vers quelques grosses centrales nucléaires à forts rendements. Les offres tarifaires évoluent également pour proposer des prix qui incitent de plus en plus les usagers à « lisser » leur consommation, avec des périodes de facturation dépendantes de l’utilisation du réseau.

Nous voyons donc que le mix énergétique n’est pas seulement une problématique environnementale, mais que celui-ci a aussi un impact technologique et sociologique. Les systèmes d’information doivent ainsi s’adapter pour accompagner les municipalités afin de définir la ville intelligente ou la Smart City, et les consommateurs, entreprises et citoyens, sont plus que jamais impliqués dans cette transformation.

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