Le mobile et les pratiques des cyberacheteurs

Article paru le 15 juin 2020 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Médias et télécoms Services mobiles

Après l’invention du minitel et de l’ordinateur, s’en est suivi la création du mobile. Autrefois, ce dernier n’avait pour seul utilité la communication par appels ou par messages. Avec le développement d’internet, les ingénieurs ont offert aux utilisateurs une concentration de moyens techniques dans un seul outil : le mobile.

Le marché du mobile a connu une croissance exponentielle notamment à partir des années 2010. En effet, en 2011 seul 17% des français possédaient un mobile. En 2018, 75 % des français détenaient un mobile soit une croissance de 80% en huit ans. Force est de constater que cette démocratisation a pour premier effet de favoriser les échanges et en particulier les accès aux différents sites d’achats en ligne.

Le combo « mobile/internet » offre de ce fait un panel de possibilités illimitées au consommateur. Ce dernier en effet bénéficie d’une source intarissable d’information.

Dans un monde où l’ère de l’instantanéité, de la rapidité et de l’omniprésence de l’information prévaut, seul le mobile apporte les conditions nécessaires au déploiement de l’achat en ligne.

Le mobile est un instrument qui permet au cyberacheteur de répondre à ses pulsions d’achats ou de recherches d’informations sans avoir à se déplacer. Il n’est pas inutile de rappeler que la popularisation des smartphones a été favorisée par la mise en place de moyen d’accès non-négligeable tels que : le WIFI, la 4 G et bientôt la 5G qui permettra au marché des smartphones d’avoir un second souffle. De ce fait, plus aucune entrave ne pourra être faite pour un accès à tous à ce moyen de télécommunication.

Le mobile est ainsi considéré comme un appareil de révolution technologique octroyant plus de liberté au cyberconsommateur, permettant d’engendrer une véritable typologie du cyberconsommateur. A l’instar des recherches effectuées via un ordinateur, celles réalisées à partir d’un smartphone présentent le mécanisme suivant : tout le processus de récolte des données à savoir : l’ouverture du moteur de recherche, l’utilisation des moteurs de recherches, les différentes pages affichées, celles visitées, les produits sélectionnés permettant par le biais des cookies de faire un « tracking » et un « profiling » du cyberacheteur, plus ce dernier fera de recherches et d’achats passant ainsi du statut de cyberacheteurs à cyberconsommateurs, plus il aura des publicités parfaitement ciblées et correspondant à ces besoins. En d’autres termes, les recherches effectuées en direct par le cyberacheteur permettent de récolter les données intrinsèques de ce dernier. Ainsi, via les réseaux sociaux, les interfaces créent pour pousser à l’achat permettent d’anticiper les besoins grâce à des publicités spécialement adressées à l’internaute.

Avant l’ère du mobile, le processus d’achat était de se rendre géographiquement sur le lieu où sont détenus l’information, le savoir et le conseil, directement en magasin.

Depuis l’ère de la popularisation de l’information via le net, renforcé par le smartphone qui rend mobile l’information, le cyberacheteur peut, depuis son canapé, faire don d’ubiquité. En somme, il peut être géographiquement à un autre endroit et tout de même se rendre virtuellement dans plusieurs magasins, faire appel à des comparateurs de prix et se faire sa propre opinion sur ces besoins et le produit qui lui correspond. Le média permet une omniprésence, une immersion latente ou active du cyberconsommateur sur la toile.

Il s’est avéré que l’accès massif à l’information a permis au cyberacheteur de se « professionnaliser » d’être doué d’expertise rendant le rapport « au sachant », le vendeur, plus complexe. Jadis, l’on se référait au vendeur. Aujourd’hui, via internet, le cyberacheteur se fait sa propre expertise rendant le principe d’autorité non plus vertical mais horizontal ou, tout du moins, à géométrie variable en fonction de la précision des recherches effectuées. Cela a pour conséquence de permettre au cyberacheteur d’obtenir un levier de premier choix : la possibilité d’obtenir une marge de négociation importante et, grâce aux comparateurs de prix, d’acheter au prix le plus bas. Le média et l’instantanéité de l’information devient donc une arme de négociation et de protection entre les mains du cyberconsommateur. Pour aller plus loin, l’on peut même évoquer que cette interaction nouvelle favorise le libéralisme et la concurrence.

L’évolution des pratiques des acheteurs a impacté largement les entreprises. Ces dernières ont dû mettre en place des alternatives pour fidéliser mais aussi avoir comme atout majeur, l’utilisation des données largement récoltées via le mobile.

Dans un premier temps, les entreprises ont établi le « profil centric » c’est-à-dire le profil qui utilise ce moyen de communication afin de connaître avec rigueur les utilisateurs. De même, puisque l’épicentre du capital-savoir s’est déplacé, les entreprises doivent utiliser de nouveaux modes de communication notamment l’apparition du chatbot. En effet, bien que les cyberconsommateurs soient plus autonomes, certains préfèrent tout de même obtenir des conseils et toujours dans l’immédiateté. En réaction à cette évolution, de nouveaux métiers spécialisés dans la communication ont émergé tel que le society engineering ou le digital manager.

Dans un second temps, elles ont récolté les données nécessaires pour fidéliser les cyberacheteurs et anticiper toujours plus leurs besoins. C’est à partir de cela que l’on a pu établir une typologie des cyberconsommateurs et obtenir des indices sociodémographiques.

A évolution médiatique, réponse médiatique.

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