Les entreprises obligées de se convertir à la facturation électronique

Article paru le 13 mars 2018 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Newsletter Gestion

En réponse à la crise et à la mondialisation des échanges, les systèmes d’information s’avèrent être l’un des leviers incontournables afin d’améliorer l’agilité et l’efficacité des entreprises, tout en valorisant une approche écoresponsable. Parmi les solutions pouvant être mises en place, la dématérialisation des factures est une des mesures encouragées par l’État et de nombreux Credit Managers.

Un outil au service d’une politique globale

L’e-facture représente à ce jour un volume global de près de 100 millions de transactions entre 150 000 administrations publiques et près d’un million de fournisseurs. Les bénéfices de la généralisation de ce procédé devraient donc être conséquents en matière de gains financiers et de simplification des échanges. L’économie est estimée entre 3 et 5 euros en moyenne pour chaque facture dématérialisée (frais postaux, coûts d’impression et des consommables, etc.).

Ce mode de transmission devrait également avoir des effets positifs sur le Besoin en Fonds de Roulement (BFR) des entreprises : les délais de paiements clients, qui impactent de manière abrupte près d’un tiers d’entre elles en France, devraient diminuer significativement. La dématérialisation s’inscrit donc incontestablement dans la mise en place d’un pilotage par la culture cash, afin de remédier aux principales problématiques en matière de liquidité rencontrées actuellement par de multiples structures.

Les avantages de ce processus

Outre un gain financier significatif, de nombreux avantages incitent de plus en plus d’entreprises à s’engager dans la révision de leur processus de facturation.

  • Réduction des tâches chronophages
  • Diminution des délais de traitement des factures
  • Amélioration des relations clients/fournisseurs
  • Sécurisation et fiabilisation des échanges
  • Diminution de l’empreinte carbone.

Une pratique plébiscitée par les pouvoirs publics

L’État met en effet au centre de son intervention l’attention portée à la croissance des entreprises et de manière sous-jacente à l’amélioration de leur trésorerie, en légiférant sur les délais de paiement depuis plusieurs années. L’actualité de l’année 2017 qui met l’accent sur la hausse des amendes prévue par Bercy à l’encontre des mauvais payeurs, en atteste.

Cependant, le constat est sans appel : selon l’Observatoire économique de l’achat public (OEAP), seulement 11 % des transactions s’effectuent par voie dématérialisée au sein des marchés français. L’objectif initialement fixé par l’Union européenne était qu’à l’horizon 2010 la France atteigne un pourcentage de 50 %. Pour pallier ce retard, les pouvoirs publics ont entrepris un mouvement de modernisation dès 2008 avec la Loi de Modernisation de l’Économie (LME), puis ils ont fait le choix d’accélérer la généralisation de la facturation électronique avec l’ordonnance du 26 juin 2014.

Un calendrier précis

« En 2020, toutes les entreprises devront envoyer leurs factures par voies dématérialisées aux entités publiques. »

C’est dans ce cadre que Bercy a dévoilé en 2015 un calendrier échelonné sur quatre ans, afin de tenir compte de la taille des organisations concernées et de leur capacité à respecter cette obligation. Au 1er janvier 2017, les grandes entreprises ont donc eu pour obligation de transmettre leurs factures par voie dématérialisée aux entités de la sphère publique ; impératif étendu jusqu’en 2019 aux autres entreprises de taille intermédiaire. Enfin, ce sera au tour des PME de se lancer au 1er janvier 2020.

En janvier 2017, afin de simplifier le passage à ce nouveau mode de fonctionnement, l’État a mis à disposition une plateforme partagée nommée « Chorus Pro » qui a remplacé « Chorus Factures ». Depuis cette date, près de 10 millions de factures électroniques ont été échangées. En 2020, ce chiffre devrait atteindre les 100 millions. En conclusion, il est indispensable que les systèmes d’information des entreprises et de l’administration publique puissent s’adapter à ces mesures, afin de gagner en efficacité dans un contexte budgétaire de plus en plus contraignant.

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