Les impacts des chaleurs estivales sur les réseaux de transports

Article paru le 29 juin 2018 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Transports

Si la neige hivernale peut paralyser un réseau de transport, la chaleur de l’été peut tout autant handicaper un trafic ferré, routier ou aérien. Les matériels ou infrastructures victimes de températures excessives perturberont alors fortement l’exploitation des réseaux. Pour faire face aux intempéries estivales, les transporteurs mettent en place des solutions en s’appuyant notamment sur les objets connectés.

Dégradation du matériel, du réseau et de l’image

La dégradation du matériel et des infrastructures, lors d’une vague caniculaire, impacte l’image des transporteurs, notamment dans le secteur ferroviaire et urbain. Les modèles de trains ou métros les plus anciens encore en circulation ne sont souvent pas équipés de climatisation entrainant chez l’usager une forte insatisfaction. A titre d’exemple, cet été, il a été mesuré jusqu’à 37°C dans les métros parisiens. La RATP ou la SNCF ont conscience de cet inconfort et remplacent progressivement trains et métros par des voitures et rames climatisées.

Les réseaux électriques sont exposés aux surtensions engendrant des pannes de transformateur. Plusieurs heures sont nécessaires pour réparer ces infrastructures pendant lesquelles la circulation des trains est arrêtée ou retardée. Les équipes en charge de l’exploitation des lignes sont obligées de trouver des alternatives pour faire circuler des trains ou procéder à des arbitrages pour supprimer des services et ainsi faire fonctionner le réseau en mode dégradé.

Les fortes chaleurs ont également des conséquences sur l’état des routes. On parle alors de ressuage. La température élevée fait fondre le liant qui compose le bitume. Ce phénomène rend la route moins sûre pour les usagers car le bitume recouvre les granulats et diminue l’adhérence du pneu sur la chaussée. La forte fréquentation d’un axe routier peut augmenter ce phénomène et avoir des impacts visibles. Sur les autoroutes utilisées par de nombreux poids lourd, ou sur les rues très fréquentés par les bus, on constate des trous dans la chaussée.

Un autre résultat des vagues de chaleur : des avions cloués au sol, dans l’impossibilité de décoller. A Phoenix, États-Unis, le 20 juin 2017, 43 avions n’ont pas pu quitter le tarmac. La température au sol avoisinait les 50°C. La chaleur diminuant la densité de l’air, la portance de l’avion est diminuée. Un décollage n’est rendu possible que par l’allègement de l’avion. Une multiplication des fortes chaleurs peut avoir des conséquences désastreuses sur l’économie aérienne.

Pic de pollution : une offre de transport à adapter

Chaleur et pollution vont souvent de pair. Les autorités régulatrices peuvent intervenir pour limiter le trafic routier en instaurant la gratuité des transports en commun, le stationnement résidentiel gratuit ou la circulation alternée dans les grandes agglomérations. Le gain est double. Les infrastructures routières sont moins dégradées et le pic de pollution est contrôlé.

Pour pallier aux trous dans la chaussée, des équipes spéciales de maintenances sont mandatés pour limiter les dégâts.

De plus, certaines villes, comme Paris d’ici 2025, ont la volonté de fournir un réseau de transports uniquement composés de véhicules électriques. Ceci va permettre de réduire le volume d’émission de particules fines, élément polluant stagnant dans l’air lors des périodes de chaleur.

Pour les compagnies aériennes, elles doivent mettre en place des mesures préventives pour ajuster le poids de l’avion afin d’opérer les vols. Deux leviers sont à leur disposition : le nombre de passager et le poids des bagages en soute. Pour se faire, elles utilisent le système de yield management. Ainsi, le prix des billets d’avion augmente lors des épisodes caniculaires pour dissuader les derniers passagers potentiels.

Objets connectés : anticiper les incidents d’exploitation

Les infrastructures ferroviaires, comme les rails constitués d’acier, souffrent de la chaleur. Ces dernières, sous l’effet des fortes températures, se déforment ce qui oblige les conducteurs de trains à ralentir. Le développement l’Internet des Objets a permis de mettre en place des capteurs connectés sur les voies.

En effet, les capteurs connectés permettent d’envoyer en temps réel des informations telles que la température mesurée du rail au conducteur. Ainsi celui-ci peut adapter sa conduite afin de minimiser les risques sans rouler au ralenti. A moyen terme, l’analyse des données mesurées par l’ensemble des capteurs connectés va permettre à la SNCF de mettre en place un plan de maintenance des rails adapté aux évolutions climatiques. L’exploitant ferroviaire espère ainsi économiser entre 10 et 30% de son budget de maintenance.

Le remplacement du matériel, la maintenance préventive des infrastructures via les objets connectés et une meilleure régulation des voyageurs sont des solutions pour diminuer au maximum l’impact des chaleurs sur les transports.

Cependant, le changement climatique va multiplier les pics de chaleur dans les prochaines décennies. Grâce à l’utilisation de véhicules électriques et par l’évolution des technologies, les acteurs du transport pourront à la fois réduire l’empreinte carbone de leurs matériels et anticiper les incidents d’exploitation améliorant ainsi le service aux usagers.

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