Les limites d’usage de la Télévision connectée

Article paru le 12 juillet 2016 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Médias

La confidentialité des données

Peu à peu, le mythe de Big Brother prend vie. En effet, les télévisions connectées offrent aujourd’hui des fonctionnalités permettant une personnalisation maximale des services prodigués, à travers par exemple la reconnaissance vocale.
Les mots captés sont transmis à distance à un serveur qui renvoie sa conclusion à l’appareil. Ceci soulève deux problèmes connexes.

Le premier, c’est le recours des fabricants à des sociétés tierces qui traitent les messages recueillis et pour lesquelles la garantie de la confidentialité est dure à vérifier.

Le second réside dans la faculté des téléviseurs à transmettre les données même quand les options sont bloquées par l’utilisateur : nos habitudes face à la tv, nos conversations, nos programmes préférés sont continuellement enregistrés. Pour se défendre, les grandes marques telles que LG se cachent derrière leurs conditions d’utilisation aussi longues qu’imbuvables. Certaines estiment même que c’est le détaillant qui doit avertir le client avant l’acte d’achat.

Des préférences d’usage chez les consommateurs

Parmi les types de contenus les plus populaires, on retrouve les replay, les guides de programmes ou l’écoute de musique ou de stations de radio.

Toutefois la mise à disposition d’une fonctionnalité n’est pas forcément synonyme d’utilisation massive et régulière des utilisateurs : la TV connectée n’échappe pas à cette règle. Plusieurs facteurs expliquent ce constat. Le premier d’entre eux est le souhait d’une grande partie des téléspectateurs de se détendre en regardant la télé et de ne pas utiliser des applications à ce moment-là.

Pour d’autres, c’est la volonté de ne pas partager leur navigation avec des membres de leurs familles qui prévaut : ceux-ci privilégieront d’autres supports pour se connecter, parfois même tout en regardant la télévision. Enfin, ils sont nombreux chez les jeunes à estimer que les services proposés ne sont pas intéressants ou qu’ils font l’objet de problèmes techniques.

Une valeur ajoutée non prouvée

Le mariage de la télévision et d’internet présente certes une avancée technologique majeure, mais les modèles proposés n’apportent toujours pas d’avantages décisifs par rapport aux offres box des FAI. De plus, dans l’optique de gagner en audience, une simplification de l’utilisation de la TV connectée s’avère nécessaire. En effet, les menus restent peu faciles à utiliser et la navigation sur internet est plus fluide sur un ordinateur muni d’un clavier et d’une souris.

Des accessoires encore inégalés sur une TV connectée pour la saisie de texte surtout. Pour un coût élevé comparé à une télévision classique (10 à 20% plus chère), cette technologie doit encore justifier son utilité.

Enfin, les fonctionnalités disponibles dans nos « Smart TV » ne sont pas assez promues et expliquées dans les points de vente, la taille et la définition restant encore les principaux critères d’achat d’un poste de télévision.

Bien que souffrant d’une limite d’usage, la TV connectée voit son utilisation prolongée. Nous pensons par exemple aux deux géants américains du high-tech Apple et Google qui ont sorti « Apple TV » et « Chromecast ». Leurs offres, assez similaires, poussent encore plus loin les usages de la TV connectée. Leur parti pris : faire du smartphone ou de la tablette, la clé du dispositif.

En plus des contenus VOD proposés par la concurrence, l’idée est de permettre aux utilisateurs de projeter sur leur télévision le contenu présent sur ces supports mobiles : vidéos, photos, musique...

Le support mobile peut même devenir une vraie télécommande dans la navigation web. Et une limite d’usage en moins pour l’utilisation de la TV connectée !

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