Les médias et la culture de l’instantané

Article paru le 5 février 2017 | Partager sur les réseaux sociaux

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L’accélération du temps au cœur des enjeux médias

La culture de l’instantané, encouragée par les nouvelles technologies, impacte fortement le monde des médias. « On relève en moyenne 220 contacts entre vous et votre mobile par jour », indique Jean-Luc Chetrit, président de Carat France et de l’Udecam (Union des entreprises de conseil et achat média).

La révolution numérique et les nouveaux canaux de diffusion accessibles impliquent des techniques de communication différentes. L’information est aujourd’hui structurée autour des notions de temps réel et de priorité au direct. Tout est mis en œuvre pour capter l’attention du spectateur.

Cette nouvelle perception du temps est devenu un réel enjeu pour tout l’écosystème médiatique, qu’il s’agisse des médias, des annonceurs, ou des agences de conseil. Ce thème a d’ailleurs été abordé lors de la 8ème édition des Rencontres de l’Udecam : « Repenser le temps ».

L’impact sur les contenus

Le modèle actuel de la télévision serait-il devenu obsolète ? La multiplication des canaux de diffusion et la possibilité d’être connecté à internet partout et tout le temps a entraîné une fragmentation de l’audience. Ce phénomène, couplé au culte de l’instant, va influencer les habitudes de consommation des spectateurs.

Ces derniers accèdent à une multitude de sources d’information, mais peuvent également les relayer, devenant ainsi eux-mêmes partie intégrante de l’écosystème des médias, notamment grâce aux réseaux sociaux.

Ainsi, le contenu diffusé doit être repensé en fonction du canal de transmission, doit pouvoir être partagé facilement, et se doit en plus d’être accrocheur.

Ce défi est d’autant plus grand que les producteurs de contenu ne doivent pas délaisser le fond pour la forme. Le direct et la communication en temps réel ne sont pas les seuls moyens dont les médias disposent pour capter l’audience.

Paradoxalement, face à l’ampleur du culte de l’instantané, et si les hommes, et notamment les jeunes, passent de plus en plus de temps devant leur écran, ils se détournent de plus en plus du direct. L’arrivée du replay et de la vidéo à la demande donne la possibilité aux médias de fournir à la fois de l’information instantanée, mais également des contenus plus fouillés (décryptages, magazines, etc…). Tout cela en s’adaptant au maximum aux besoins du consommateur, en proposant des contenus personnalisés.

Les annonceurs touchés par ce phénomène

Sandrine Plasseraud, présidente du bureau parisien de l’agence We Are Social, se demande : “Une marque communique en moyenne 900 fois par jour sur les réseaux sociaux : Twitter, Snapchat, Facebook, Instagram… Mais comment être intéressante 900 fois par jour ?”
Si les contenus proposés par les médias sont de plus en plus personnalisés, les cibles deviennent de plus en plus précises. Les annonceurs doivent s’adapter à ce contact permanent avec le consommateur. Ils n’hésitent plus à réagir aussi face à l’actualité, via les réseaux sociaux ou dans des campagnes de publicité. La marque Curly avait par exemple rebondi sur les lors des JO d’hiver sur les 3cm manquant à Martin Fourcade pour obtenir la médaille d’or.

Les agences médias doivent cependant être vigilants et ne pas devenir omniprésents en dépit du respect du consommateur, afin d’éviter de générer un phénomène de rejet.

Quel impact pour les systèmes d’information ?

Les SI sont au centre de la stratégie des médias. En terme de diffusion de contenu, les médias doivent s’adapter en fonction du canal de transmission, et personnaliser l’offre en fonction du consommateur, et savoir utiliser les nouvelles technologies à bon escient pour rendre l’information attractive et compréhensible (data visualisation, réalité augmentée, …)
Les médias s’adaptent au besoin d’interaction des spectateurs, notamment en assurant leur présence sur les réseaux sociaux. Les acteurs investissent dans le social CRM afin de pouvoir interagir plus aisément avec les consommateurs, fidéliser une population devenue volatile, et attirer plus d’audience.

La multiplication des chaînes gratuites, les concurrents tels que Netflix et Molotov, et l’essor des nouvelles technologies sont d’autant plus de facteurs qui encourageront les acteurs des médias à innover de plus en plus.

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