Les objets connectés au coeur des Smart Grids

Article paru le 9 avril 2014 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Énergie Smart Grids

Selon une étude du Mc Kinsey Global Institute, dès 2025, l’emploi des objets connectés au service des Smart Grids devrait permettre de générer un marché d’une valeur comprise entre 200 et 500 milliards de dollars par an.

L’objet connecté, c’est-à-dire l’objet physique auquel on a intégré les technologies de l’information et de la communication, est capable de collecter, de stocker et de transférer des données en temps réel. Le développement du « Machine to Machine » constitue une telle révolution dans le secteur des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communitation (NTIC) que certains observateurs n’hésitent pas à qualifier ce nouvel « Internet des objets » de Web 3.0.

Associés au secteur en plein essor des réseaux électriques intelligents, les fameux « Smart Grids », les objets connectés vont permettre de suivre et de contrôler des données afin d’ajuster la consommation d’électricité en temps réel.

Ainsi, des données sont collectées par des capteurs placés sur les réseaux de transport et de distribution ou directement chez le consommateur, via des compteurs intelligents. Ces informations sont ensuite stockées et traitées afin de permettre d’enclencher des leviers d’optimisation de la production et de la consommation d’électricité.

Le déploiement de ces outils rendra possible des économies considérables pour l’ensemble des acteurs de la chaine de valeur. En effet, la connaissance du prix du Mwh en temps réel permet aux gestionnaires de réseau de lisser la consommation globale d’électricité (la courbe de charge) et de l’ajuster pendant les périodes de pointe au lieu de faire appel à de nouvelles capacités de production ou d’importer de l’électricité des pays voisins.

De plus, la mise à disposition de l’information auprès du consommateur final va permettre l’émergence de deux types de solutions. D’une part des offres d’effacement à destination des industriels et d’autre part des services d’optimisation de la consommation pour les particuliers. L’effacement est une solution proposée par des acteurs appelés agrégateur de demande et qui consite à effectuer des arrêts-relances des machines en fonction du prix de l’éléctricité. Ainsi cela permet de réduire le tirage d’électricité sur le réseau au moment ou la demande sur le territoire est au plus haut.

Ce mécanisme peut également être mis à disposition des ménages via l’essor des appareils de domotique connectés. Un particulier pourrait par exemple mettre en marche à distance sa machine à laver sur un créneau horaire où le coût de l’électricité est faible. En généralisant ce type de comportement il pourra réduire sa facture d’énergie.

Ces évolutions du marché vont faire émerger de nouveaux besoins. L’augmentation considérable du volume de données nécessitera la mise en place d’outils de « Big Data » qui permettront de comprendre les habitudes de consommation et de définir des indicateurs pour les optimiser.

Le développement du marché des Smart Grids tend vers une « logicialisation » des services à l’énergie. C’est un secteur très prometteur pour les entreprises spécialisées dans les NTIC mais également pour les industriels tels que GE ou Alstom qui ont récemment acquis des sociétés de logiciels. Google se positionne également sur le marché, et plus particulièrement sur les services au client final. L’acquisition de Nest, société spécialisée dans la domotique (thermostats et détecteurs de fumée connectés) en est une bonne illustration. Enfin, les sociétés de télécom veulent s’inscrire dans cette mouvance en proposant des boîtiers électroniques pour centraliser les données du consommateur final.

De manière générale, ces nouveaux enjeux vont entraîner une convergence entre la stratégie des entreprises du secteur de l’énergie et celles des nouvelles technologies.

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