Les objets connectés au service de l’assurance : Une personnalisation poussée à l’extrême du profil de l’assuré

Article paru le 31 mai 2016 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Innovation Objets connectés - IOT

L’IDATE (Institut de l’audiovisuel et des télécommunications en Europe) estime que le nombre des objets connectés est passé de 4 milliards en 2010 à 42 milliards actuellement. Ce chiffre va exploser en 2025 pour atteindre les 155 milliards. Ce qui confirme la tendance générale du « All connected ». Le secteur de l’assurance occupe une place considérable dans cette grande révolution.

L’art de la commercialisation des contrats d’assurance, les démarches des processus de gestion de sinistre et le rapport à la santé sont en pleine mutation. Le vecteur : les objets connectés. Le secteur de l’assurance est passé sur ce créneau d’une phase d’attente à une phase d’offensive et d’action.

Cependant, les réflexions sur leurs modes d’utilisation et l’intégration de ces nouvelles technologies restent ouvertes dans ce monde d’internet des objets qui commence à transformer notre quotidien : maison, voiture, santé.

Objets connectés : Où en sont les assurances en la matière ?

Après 2014, l’année de la communication, 2015 a été l’année des partenariats (AXA avec Withings, Allianz avec TomTom par exemple), mais aussi du lancement de structures dédiées au développement et financement des start-up. Pour cette année 2016, l’objectif est maintenant de commercialiser les offres qui n’étaient qu’au stade de pilote. Generali par exemple attend l’aval de la CNIL pour commercialiser son offre de santé connectée, déjà disponible en Allemagne.

Les démarches s’inscrivent, avant tout, dans une logique de prévention. Ces nouvelles pratiques auront un impact conséquent sur la gestion du risque. Le contexte concurrentiel, réglementaire et économique pousse les sociétés d’assurance à privilégier cet axe stratégique. La prudence est donc de rigueur et les phases d’expérimentations indispensables. L’approche générale est structurée dans une logique d’évaluation et d‘image. Enfin, l’objet connecté rejoint le mobile en termes d’enjeux : instantanéité, contextualité et simplicité pour le client, accélération des processus pour la société d’assurance.

Objets connectés et Assurance Santé

En termes assurance santé, nous sommes plutôt dans une logique de prévention et de télésurveillance. La tendance est de construire l’offre sur des objets accessibles, ergonomiques et de favoriser l’aspect ludique et participatif. Un objet connecté transmet en temps réel ses données d’activité (kilométrage parcouru, rythme cardiaque, etc.). L’objectif est d’encourager les assurées à adopter un mode de vie sain.

Un assuré ‘connecté’ dispose d’un suivi personnalisé. L’accent est mis sur la prévention plutôt que la guérison. Les objets connectés contribuent à assainir le mode de vie des assureurs et par conséquent diminuer le risque pour l’assureur et donc le nombre de prestation. L’équation est simple : plus l’assuré est en bonne santé, moins il coûte cher à son assureur.

Cependant, la santé connectée est devenue l’une des priorités de la CNIL. Les assureurs avancent donc avec prudence sur ce terrain, la dimension éthico-juridique reste un facteur non négligeable. Dans ce secteur, il est surtout question de surveiller les personnes à distance et de collecter leurs données, ce qui constitue un vrai frein à la démocratisation de ces offres.

Objets connectés et Assurance IARD

Contrairement à l’assurance santé, le virage en Assurance IARD est plus facile à prendre en raison du caractère moins sensible des données liées à la maison ou la voiture. Dans ce cas, l’enjeu principal pour l’assureur est de maîtriser ses coûts. En MRH, ces objets ont pour but la diminution voir la prévention du risque et la notification d’alertes. Fin 2015, AXA France a lancé un offre de services destinée aux clients équipés ou désireux de s’équiper d’objets connectés pour mieux protéger leur domicile contre les risques d’intrusion et d’incendie. Contrôlée à distance, la maison gagne en sécurité. Pour la voiture, les offres de type « PHYD : Pay How You Drive » commencent à émerger. Les assureurs Allianz et Direct Assurance, filiale d’AXA, proposent à leurs clients d’équiper leur véhicule d’un boîtier intelligent. Connecté à une application mobile, il sert à capter et analyser les données de conduite et impacte directement la prime versé par l’assuré. En somme, il est clair qu’on rentre dans un air de bouleversement des fondamentaux de l’assurance. Le PHYD est en plein développement, profitant de l’essor des objets connectés et permettra, de ce fait, d’ouvrir de nouvelles perspectives pour l’habitation et la santé.

De nombreux défis pour la pénétration des objets connectés dans le secteur de l’assurance

En termes d’objets connectés, l’objectif est double pour les assureurs : maîtrise des risques et réduction des coûts d’une part ; image de marque et renforcement de la relation client d’autre part.

De plus, les objets connectés constituent une opportunité en or pour les assureurs qui leur permet d’élargir leurs panels d’offre et de proposer d’autres produits.

Cependant, malgré l’essor de l’internet des objets, les assureurs restent confrontés à de nombreux défis. Le premier est celui du respect de la vie privée des utilisateurs. En France, la CNIL contrôle soigneusement la communication des données personnelles. Les clients sont réticents quant au partage de leur information. La question reste la nécessité d’opérer un changement culturel profond dans les usages.

D’un point de vue organisation et systèmes d’information, il est clair qu’un suivi personnalisé de chaque client assuré est synonyme d’une part de contraintes techniques pour l’analyse massive et l’hébergement des données, et d’autre part d’impact important sur les processus traditionnels de l’assureur.

Ensuite, cette évolution pourrait se retourner contre lui car les fabricants d’objets connectés récoltent beaucoup d’informations sur les usagers. Le risque est qu’il se détache de ce partenariat et remettent l’assurance à son rôle de collecte et d’indemnisation. Les nouveaux concurrents des assureurs pourraient aussi s’appeler Google ou Apple. Avec leur connaissance unique des clients, ils représentent une réelle menace.

Enfin, d’autres pistes restent clairement à explorer : l’assurance aux entreprises par exemple ne semble pas encore être une priorité, malgré un poids important.

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