Les opérateurs Telecom se diversifient dans le marché de l’énergie

Article paru le 18 avril 2014 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Énergie Tribune

Le marché de l’énergie est un marché d’avenir. De lourds investissements vont être réalisés dans les prochaines années du fait de l’émergence des énergies renouvelables, de l’importance du développement durable et de l’émergence des nouvelles technologies dans ce secteur.

De quoi ouvrir l’appétit des opérateurs télécoms en quête de nouveaux relais de croissance.

Un marché de la téléphonie saturé

Face à la maturité du marché de la téléphonie mobile, dont le taux de pénétration avoisine actuellement les 100% en France, les revenus liés à la téléphonie et à l’internet ont fortement diminué depuis 2011 comme le montre le graphique ci-dessous. Il est nécessaire pour les opérateurs de télécommunications de trouver de nouvelles synergies avec leur cœur de métier tout en s’appuyant sur leur savoir faire.

Aujourd’hui, plus de 24 millions de foyers sont équipés d’une box haut ou très haut débit. Cela représente de nombreuses opportunités pour y déployer de nouveaux services liés entre autres à la consommation énergétique et à son optimisation car le marché de la gestion énergétique domestique intelligente est valorisé à plus de 1,5 milliards de dollars en 2013 selon un rapport de GreenTech Media.

Des opérateurs télécoms vers des offres « quintuple play »

De nombreuses offres sont actuellement commercialisées ou en cours de commercialisation en France. Les fournisseurs d’énergie sont ainsi confrontés à l’arrivée de nouveaux concurrents sérieux sur leur marché : les fournisseurs d’accès à Internet qui promettent de développer des services aussi bien énergétiques que numérique. Bouygues Telecom avec sa start-up Ijenko en est le parfait exemple. D’après les tests, les économies d’énergies recensées par foyer seraient en moyenne de 15 à 20%.

Dans l’habitat actuel, les box des opérateurs sont devenues les seules passerelles reliant le foyer à internet. Les opérateurs s’attaquent désormais au quintuple play : des offres alliant la téléphonie fixe, Internet, la télévision, la téléphonie mobile et maintenant la gestion de l’énergie. En effet, forts de leurs réseaux d’agences développés, de la connaissance de leur client mais aussi de leur expertise technique et leur capacité à gérer un réseau, les opérateurs télécom semble vouer à s’imposer comme un acteur incontournable du marché du « home energy management ». De plus, l’absence d’uniformité dans les protocoles utilisés de nos jours pour les objets communicants permet aux opérateurs télécoms de positionner leur box comme un centre d’interopérabilité entre les différentes solutions de communication. Cependant, le principal frein réside dans leur légitimité sur des thématiques spécifiques telles que l’énergie et donc dans le manque d’expertise des opérateurs télécom par rapport aux acteurs classiques du secteur sur des questions énergétiques.

A l’étranger, le géant allemand Deutsche Telekom a lui commercialisé depuis début 2013 son offre QIVICON pour la gestion intelligente du domicile. Issue d’un partenariat avec les énergéticiens E.ON et EnWB, ainsi que les constructeurs eQ-3 et Miele, la solution Qivicon se veut également un système flexible, compatible avec n’importe quels produits et pouvant inspirer les opérateurs de téléphonie français.

Quels sont les enjeux et opportunités SI ?

La mise en place de tels services passera donc nécessairement par un rapprochement des opérateurs de télécommunications avec les acteurs de l’énergie. Dans les mois et années à venir, il sera nécessaire de les accompagner dans leur transformation, dans l’analyse des impacts liés aux nouveaux enjeux de l’énergie et dans les adaptations nécessaires de leurs systèmes d’informations. En effet, ces nouveaux usages font émerger de nouveaux besoins en termes d’applications et de nouvelles offres tarifaires. Il serait notamment possible d’accéder à des services de suivi, d’analyse de consommation ainsi que de ventilation des usages directement sur le portail des box.

Ces évolutions nécessiteront un accompagnement dans la sécurisation des flux de données comme la sécurisation des transmissions, l’authentification des appareils et des usagers ainsi que la traçabilité des transactions. Les futurs SI devront donc répondre aux enjeux de fiabilisation de flux de données ainsi que de pérennisation des solutions apportées ce qui engendrera de nombreux chantiers et d’ouverture pour le métier d’Assistance à la Maîtrise d’ouvrage.

Tribune de Stéphane Rodrigues, consultant mc²i Groupe

Lire la tribune sur le site : Cleantech Republic

Partagez cet article sur les réseaux sociaux