Les points de fonction au service de la mesure du patrimoine et des projets SI

Article paru le 2 mai 2016 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Transformation SI

C’est en 1979, qu’Allan J. Albrecht, officiant dans une cellule de développement chez IBM, propose une unité de mesure des fonctionnalités du système d’information appelée le Point de Fonction. Cette métrique, désormais standardisée par l’IFPUG permet aux DSI de mesurer la valeur fonctionnelle d’une application ou d’un projet, c’est-à-dire, aux yeux des utilisateurs, l’importance de chaque service proposé par le SI.

Le principe des points de fonction

Pour faciliter la compréhension de la méthode, prenons l’exemple de la construction d’une automobile. Pour concevoir un modèle, il est nécessaire d’assembler plusieurs composants (tôle, boulons, volant, etc.) que l’on peut assimiler à des points de fonctions. Un degré de complexité différent est ensuite attribué à chaque composant (données ou traitement).. Par exemple, un volant aura une complexité faible tandis qu’une boite de vitesse aura une complexité élevée.

Une démarche de chiffrage

Le principe de la méthode consiste à compter l’ensemble des composants identifiés par les utilisateurs d’une solution.

Au préalable chaque composant informatique est classé dans l’une des cinq familles suivantes :

  • Groupes de Données Internes (GDI) qui sont mis à jour et utilisés au sein de l’application
  • Groupes de Données Externes (GDE) qui sont utilisés par l’application mais mis à jour par une application externe
  • Entrées : des données ou paramètres de contrôle qui entrent dans l’application, alimentent un ou plusieurs GDI
  • Sorties : données ou paramètres de contrôle qui sortent de l’application
  • Interrogations : correspondant à une combinaison Entrée-Sortie.

Un nombre de points est alors attribué à chaque composant en fonction de son niveau de complexité (faible, moyen, élevé).

Par ailleurs, un facteur d’ajustement permet de pondérer chaque composant sur une échelle de 0 à 5. Ces facteurs d’ajustement sont au nombre de 14, et incluent les éléments suivants :

  • Contrainte de performance
  • Configuration à utilisation intensive
  • Saisie interactive
  • Convivialité
  • Mise à jour en temps réel
  • Complexité des traitements
  • Portabilité de l’application
  • etc.

La résultante est un projet ou une application chiffrée en points de fonction.

Définition du périmètre à mesurer, Identification de chaque composant, Attribution d'un coefficient de complexité, Valorisation du facteur d'influence, Calcul du résultat en nombre de points de fonction

Les points de fonction comme outil de mesure

Cette méthode permet donc de mesurer le nombre de points de fonction de chaque composante informatisée d’un processus métier. En conséquence, nous pouvons imaginer plusieurs types de mesures :

  • La mesure projet de développement sur chacune des phases : études, conception, homologation etc ;
  • La mesure du patrimoine applicatif en production ;
  • La mesure des projets d’évolutions sur des applications existantes. Les points de fonction permettent de mesurer l’écart entre l’application actuelle et l’évolution.

La méthode des points de fonction peut donc être utilisée pour chiffrer mais également prioriser les développements de fonctionnalités. De cette manière, il est possible d’estimer la charge d’un projet. Pour ce faire, un coefficient de productivité, en jour/homme par points de fonction, est appliqué à la mesure d’un projet effectuée au préalable.

L’approche par points de fonction joue alors un rôle prépondérant dans l’élaboration de la vision de la contribution du SI à la performance de l’organisation.

Les points de fonction : un outil de gestion de projet

Après les mesures, place aux indicateurs ! A partir des points de fonction, les DSI sont en mesure de construire des ratios de productivité, en mesurant notamment le nombre de points de fonction livrés vis-à-vis du nombre de jours dépensés.

La productivité a également un coût, mesurable en faisant le ratio des jours hommes dépensés en k€ sur le nombre de points de fonctions livrés. Et les développements ne sont pas en reste puisque les points de fonction mesurent la qualité de ces derniers à l’aide du nombre d’anomalie en production sur le nombre de points de fonctions livrés.

En définitive, ces indicateurs ont du sens, mais nécessitent d’être appliqués à de nombreuses applications ou projets. La méthode des points de fonction demande un temps important d’analyse avant d’obtenir des résultats significatifs. Aussi, en plus des sujets fonctionnels, cette méthode mérite d’être étendue aux sujets techniques ou d’ergonomie.

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