Les taxis aériens, dès 2026, pour décongestionner les villes ?

Article paru le 3 avril 2017 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Innovation Transports

Dans le deuxième opus de la mythique trilogie "Retour vers le futur", Marty McFly pilote une voiture volante en 2015 pour sauver sa famille d’un nouveau désastre. Mais, nous sommes en 2017, et quand nous laissons trainer notre regard à travers les fenêtres de nos bureaux, nous ne voyons toujours aucune voiture volante perçant la lueur du jour, ni n’entendons les vrombissements assourdissants de leurs moteurs déchirant le ciel. Marty McFly serait-il déçu de notre futur ? Oui et non... Lors du dernier CES de Las Vegas, la société chinoise Ehang a présenté un quadricoptère autonome capable de transporter un passager et se déplaçant jusqu’à 100 km/h. Êtes-vous prêt à voyager avec ce nouveau mode de transport ?

Les premiers taxis aériens

Similaire aux voitures autonomes, le drone Ehang 184 est capable d’amener son passager à destination sans aucune action manuelle de sa part. Ces premiers résultats prometteurs ne semblent pas avoir été ignorés par la société Uber qui avoue s’intéresser de près au sujet afin, entre autres, de décongestionner les villes. Lors de la conférence Nantucket, le directeur des produits Uber, Jeff Holden, a annoncé qu’Uber faisait des recherches sur des aéronefs capables d’effectuer des trajets de courtes distances en milieu urbain. Holden a affirmé que cette nouvelle technologie pourrait être mise à disposition des clients d’ici dix ans. Compte tenu des nouvelles problématiques de gestion des flux aériens en milieu urbain, cette hypothèse semble très optimiste.

D’après une étude des Nations Unies, 60% de la population mondiale vivra en milieu urbain d’ici 2030 ; soit 10% de plus qu’aujourd’hui. Or, une étude récente montre que les londoniens perdent en moyenne l’équivalent de 35 jours par an dans les transports. Ce chiffre est encore plus élevé dans les villes comme Bombay, Manille ou encore Tokyo. Il est donc urgent pour les responsables administratifs de trouver une solution rapidement pour fluidifier la circulation, et particulièrement lors des heures de pointe.

Vers de nouvelles offres de transports en commun

Pour atteindre cet objectif, les projets en cours devraient s’orienter vers la mise en place de nouveaux moyens de transport en commun terrestre. S’inscrivant dans la même logique, les projets de demain devraient graviter autour du transport collectif aérien. Airbus s’est déjà positionné sur le secteur en investissant plus de 25 milliards d’euros dans le développement du drone ZenHop. Protégé par un réseau de sécurité ZenCyber, il effectuera des vols entre plateformes ZenHub, qui devront être construites au cœur du paysage urbain, pour le même prix qu’une course de taxi terrestre.

L’ouverture de ce nouveau marché aura de lourds impacts pour les compagnies de transport existantes. Qui dit nouveau moyen de transport dit nouvelle offre de transport. Pour être efficace, celle-ci devra s’intégrer à l’offre existante afin d’offrir de nouvelles dessertes aux voyageurs. Egalement, les systèmes d’information voyageur multimodale devront eux aussi intégrer ce nouveau mode de transport. Le mouvement Open Data permet notamment aux voyageurs d’obtenir une aide au choix d’itinéraire à l’aide du partage de l’information voyageur par l’ensemble des opérateurs de transport. Quant à la maintenance, la mise en place d’un nouvel écosystème est à prévoir. De nouveaux dépôts adaptés à ces moyens de transports innovants devront être créés et des opérateurs spécialisés dans l’aéronautique devront être recrutés.

Avant tout, ces moyens de transport devront aussi être fiables, robustes et résistants aux attaques cybercriminelles. En effet, le 19 septembre dernier, une voiture connectée Telsa a été hackée. En exploitant une faille dans le système d’information embarqué, les hackers ont réussi à prendre le contrôle du véhicule en activant le frein à 19 kilomètres de distance ! A notre époque, de nouveaux enjeux de sécurité se posent bel et bien aux constructeurs qui s’imposeront sur le marché des véhicules aériens de transport à la personne. Afin de ne pas revivre le drame du 11 septembre, ils devront s’assurer de ne pas perdre le contrôle des véhicules qu’ils installeront au cœur de nos métropoles.

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