Maintenance et transport : un pas de plus vers l’hyper-connectivité

Article paru le 23 octobre 2019 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Transports

Caméra infrarouge, réalité augmentée, application sur smartphone, la maintenance devient connectée. Depuis plusieurs décennies, la maintenance se transforme pour répondre aux nouvelles contraintes d’exploitation des transports notamment dans les zones urbaines qui se densifient.

Dans le secteur du transport, la maintenance est encore aujourd’hui dans une logique de maintenance corrective, c’est-à-dire de réparation suite à un incident sur le matériel ou les infrastructures. Celle-ci doit désormais tendre vers la maintenance préventive, c’est-à-dire l’anticipation des incidents, afin d’améliorer la fiabilité des matériels. Selon le cabinet ABI Research, en 2019 le marché de la maintenance connectée dans le monde s’élèvera à près de 25 milliards de dollars.

Une pépinière d’innovations :

La notion de maintenance connectée est un concept récent. Pourtant, dès les années 1970, dans le secteur de l’aéronautique, des innovations technologiques utilisant des objets connectés font leur apparition. Les premiers aéronefs sont alors équipés de capteurs afin de mesurer en temps réel la température des moteurs ou le niveau de kérosène restant dans le réservoir par exemple. Ces informations sont directement transmises aux équipes de maintenance au sol ce qui permet d’anticiper les interventions à effectuer sur l’appareil durant le slot de maintenance (période planifiée pour réaliser les opérations de maintenance durant l’escale).
Plus récemment, dans le secteur ferroviaire, il est désormais question de maintenance augmentée avec l’analyse des mesures prises lors des tournées d’inspections des agents. Alstom développe depuis 2014 une solution de maintenance prédictive appelée “HealthHub” qui propose de contrôler en temps réel l’état de santé des trains. Selon l’industriel, sa solution est un moyen de tendre vers une maintenance de type “arrêt au stand”, c’est-à-dire une maintenance qui permet de planifier précisément l’ensemble des réparations à effectuer lorsque le train arrive à l’atelier. Plus encore, grâce à cette innovation, l’économie sur le coût global de la maintenance serait de l’ordre de 15% car les pièces sont remplacées uniquement si besoin.
Ces avancées sont cruciales pour les opérateurs de transports car elles permettent d’améliorer la fiabilité des matériels roulants. L’enjeu est de taille quand on sait que la ponctualité est un facteur clé pour mesurer la qualité du service des opérateurs de transport.

La French Tech, moteur de l’innovation dans la maintenance :

C’est au sein du concours “French IoT” organisé par le Groupe La Poste que plusieurs startups françaises se révèlent comme les futurs acteurs de la maintenance connectée de demain. Parmi elles, Wavelyqui s’est associée à la RATP et propose des capteurs acoustiques intelligents qui permettent de détecter des dysfonctionnements sur les infrastructures.
Du côté des acteurs du transport routier, Vinci Autoroute expérimente l’utilisation de capteurs pour optimiser la gestion d’une aire d’autoroute. Le principe est simple : plusieurs types de capteurs sont installés (mesure de la température de la chaussée, du nombre de place de stationnement disponible, …) et les informations relevées sont immédiatement envoyées au PC sécurité pour les analyser. Les retombées sont considérables car elles affectent directement la satisfaction client. En effet, les interventions sur le terrain sont mieux anticipées, ce qui engendre également des économies pour l’entreprise.
Outre la surveillance du matériel à l’aide de capteurs, le volet dépannage est également un secteur dans lequel la French Tech innove. C’est le cas avec l’entreprise Sightcall qui propose de mettre en relation via vidéo le mainteneur sur le terrain et un expert du centre de contrôle des voies. La réparation ne nécessite donc pas l’intervention d’un expert sur place ce qui fait gagner un temps non négligeable.

Le défi de la réorganisation des unités de maintenance

L’opportunité que représente la maintenance connectée pour l’amélioration des unités de maintenance nécessite de repenser l’organisation des équipes. Il est nécessaire pour celles-ci de s’adapter aux nouveaux modes de travail pour en tirer le plein bénéfice.
En effet, la maintenance corrective a besoin de mobiliser un nombre important d’agents en permanence sur le terrain tandis que la maintenance préventive requiert une organisation différente avec moins d’agents sur le terrain mais davantage de personnels qualifiés pour analyser les relevés terrain. À titre d’exemple, la technologie LIDAR utilisée par la SNCF pour modéliser en 3D les voies ferrées permet d’inspecter 50 kilomètres de voie en une heure alors que précédemment il fallait mobiliser une équipe d’agents à plein temps sur le terrain pendant 6 semaines.
Ainsi, la maintenance connectée répond à une double logique de réduction des coûts d’intervention et d’augmentation des moyens de traitement des données.

Cette transformation est donc non seulement technologique mais également organisationnelle avec une redistribution des rôles et un fort besoin de personnels qualifiés pour le traitement de grandes quantités de données relevées sur le terrain.

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