Médias-Télécoms : Un rapprochement stratégique face à la concurrence étrangère

Article paru le 8 juin 2017 | Partager sur les réseaux sociaux

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Alors que les médias et télécoms étaient bien distincts, une convergence s’opère inéluctablement afin d’offrir des perspectives d’apprentissage, d’informations et de divertissements sans limites aux utilisateurs, et de faire face à la concurrence.

Pouvoir téléphoner depuis son smartphone tout en regardant l’actualité et discuter sur les réseaux sociaux grâce à un même opérateur sont autant d’illustrations de la convergence numérique. L’objectif est de proposer le plus de services possibles en passant par moins de canaux. Il n’est pas question de fusion mais d’adaptation de l’ensemble des services multimédias et les réseaux de télécommunications sur le plus de terminaux mobiles possibles, dans le but d’offrir des abonnements attractifs.

L’idée de combiner les médias et les télécoms existe depuis longtemps selon Jean-Marie Messier, anciennement à la tête de Vivendi, mais la démarche prend du temps car nous avons toujours été bercés par l’idée que ces deux secteurs pourraient vivre de leurs propres offres, activités et stratégies.

A priori, il semblerait que cette convergence ait commencé à se dessiner suite au rachat et regroupement par certains acteurs forts comme Vincent Bolloré, Xavier Niel ou Patrick Drahi. Nous pourrions penser à une stratégie de survie face à la révolution numérique, mais la balance penche plus en faveur d’une union pour avoir le plein contrôle sur le secteur et pouvoir continuer à investir en toute sécurité, face à la concurrence des grands groupes américains qui se fait de plus en plus menaçante.

L’investissement du groupe Vivendi, maison mère de Canal+, Universal Music et Dailymotion, dans Telecom Italia montre sa volonté de se déployer au niveau européen au travers des télécommunications. Mais, l’exemple le plus marquant reste celui du groupe Altice qui s’est emparé du groupe SFR mais aussi de Virgin Mobile, de Portugal Telecom, de Suddenlink et de Cablevision. En plus de ce regroupement au niveau des télécommunications, se sont ajoutées des activités médias avec le rachat de NextRadioTV (BFMTV, BFM Business, RMC), de médias de presse (Libé, L’Express, L’Expansion etc.) et d’importants droits sportifs.

En 4 ans, plus d’une quinzaine d’opérations de fusion-acquisition se sont effectuées dans ce secteur média-télécoms. Et pour cause, les grands groupes s’unissent pour contrer l’arrivée de nouveaux diffuseurs de contenus comme HBO ou Netflix en créant des bouquets comprenant fixe, internet, mobile et télévision.

Si les opérateurs souhaitent proposer le meilleur aux utilisateurs, cette stratégie s’applique aussi en partie pour faire face aux géants du web comme Facebook, Twitter, Amazon… qui investissent en masse dans le contenu, notamment dans la vidéo en direct. C’est un sujet sur lequel ils peuvent se démarquer et qui, jusqu’alors, n’avait pas trouvé importance aux yeux des médias traditionnels.

La réglementation européenne bloque cependant les acteurs français dans leur consolidation. Inadaptée à cette révolution numérique, le moindre changement crée un tourbillon juridique au point de bloquer certain processus. Les autorités nationales veillent également au respect de la libre concurrence afin que le phénomène de concentration n’entraine pas une pensée « unique » qui pourrait avoir un impact sur la notion d’indépendance des médias ainsi que sur le pluralisme de l’information.

Les opérateurs doivent également faire face à une concurrence accrue vis-à-vis des marchés étrangers qui, eux, échappent à cette réglementation. Ainsi, on ne peut plus se permettre d’être dans une logique ou certains acteurs sont trop régulés et d’autres ne le sont pas du tout. Un déséquilibre risque se créer si aucune simplification juridique n’est mise en place.

Il est important pour le secteur d’être accompagné dans cette phase de remise à niveau juridique avant de se lancer dans ces stratégies de convergences afin qu’ils y trouvent de la rentabilité.

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