Médias : de nouveaux modes de diffusion en réponse à de nouveaux besoins

Article paru le 28 octobre 2019 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Médias et télécoms

Imaginez… Il est 21h, vous rentrez chez vous et vous installez dans votre canapé, face au téléviseur. Comme souvent, vous vous demandez : “Qu’est-ce que je vais regarder ce soir : la série du moment sur Netflix ? Le replay de mon émission préférée sur 6play ? Une émission en direct sur Molotov TV ?”. Une multitude de possibilités s’offre à vous : on est loin du temps où votre seule option était les contenus diffusés à l’instant T à la télévision… Mais quels sont donc les atouts de ces nouveaux modes de diffusion pour susciter un tel engouement ? Mettent-ils en péril la télévision “classique” ?

Définition des concepts clés :

L’ensemble des nouveaux modes de diffusion, et notamment le replay, la vidéo à la demande ou encore les services de diffusion live pour les plus connus, portent un nom : on parle de contenu délinéarisé. Ce terme s’oppose à la diffusion linéaire, désignant le mode de consommation traditionnel de la télévision, c’est-à-dire en direct, sur un écran de télévision, selon une grille de programmes établie par les chaînes. Ce sont des services de radio-diffusion télévisuelle, où le contenu est acheminé vers le téléspectateur situé dans la zone de réception : on parle de push content. La délinéarisation change la donne : le consommateur devient acteur et non plus spectateur. Il peut regarder le contenu qu’il souhaite, où il veut et quand il veut. Cette fois-ci, le contenu est demandé par l’utilisateur : on parle de pull content.

Des nouveaux modes de consommation, plus adaptés à l’audience

Aujourd’hui, d’après une étude menée par "Make it Digital by Audiencia", 75 % des français seraient consommateur de contenu délinéarisé. Cet engouement s’explique assez facilement : il répond aux besoins d’immédiateté et de personnalisation des consommateurs. Ainsi, avec une plateforme comme OCS, l’utilisateur peut visionner d’emblée l’ensemble des épisodes d’une série et se verra même pousser du contenu pertinent en fonction de son profil d’utilisateur, là où la télévision classique impose un rendez-vous hebdomadaire pour un programme unique. Notons également que les plateformes de SVOD (subscription video on demand) savent se montrer attractives quant à leurs offres d’abonnements mensuels, qui reviennent en moyenne moins cher qu’une place de cinéma.

Pour continuer d’être leader sur le marché de la SVOD, un acteur comme Netflix doit sans cesse trouver de nouveaux contenus à proposer à ses clients. D’ailleurs, la plateforme produit du contenu original ce qui lui apporte une certaine indépendance financière contrairement aux médias traditionnels. L’investissement dans des contrats de production et d’exclusivité permet également à l’entreprise de gagner constamment en popularité et d’entretenir la fidélité de ses clients.

Mais alors, est-ce la fin de la télévision linéaire ? En réalité, pour le moment, les Français sont loin de délaisser la télévision : ils sont d’ailleurs 85 % à la regarder sur leur téléviseur au moins un soir par semaine, selon l’institut Médiamétrie. N’oublions pas également, que si le replay et la vidéo à la demande pèse 23 % dans la consommation des 15-24 ans, ce chiffre atteint seulement 10 % pour l’ensemble de la population : tout est une question de point de vue ! La résistance du petit écran s’explique aussi par la diversité des programmes proposés. En effet, pour le moment, les catalogues des plates-formes de SVOD sont surtout constitués de fictions, tandis que la télévision propose du divertissement, et surtout de l’information et du sport. Finalement, le mode de diffusion délinéaire n’est peut-être pas amené à se substituer au mode de diffusion linéaire, mais plutôt à le compléter pour répondre à de nouvelles attentes.

Malgré tout, les acteurs historiques du secteur ont conscience de l’engouement croissant pour les services délinéaires et ils s’adaptent en conséquence. Ainsi, TF1, France télévision et M6 ont constitué une alliance inédite dans le secteur des médias pour contrer les géants américains. Depuis juin 2018, ils travaillent ensemble à construire une plateforme française de vidéo à la demande : Salto. La plateforme devrait permettre de retrouver les programmes phares des différentes chaînes mais également des programmes inédits. Aucun calendrier n’a été communiqué pour le moment, mais la plateforme ne devrait pas être disponible avant plusieurs mois.

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