Mobility As A Service, où en est-on ?

Article paru le 28 février 2020 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Mobilité Transports

On ne présente plus ce concept de MaaS, considéré comme le "Netflix de la Mobilité", chacun semble cependant avoir sa définition et se revendique comme un maillon incontournable de cette nouvelle chaîne de services innovants.

Concepts avant-gardistes, excès de marketing, coup de communication ? Difficile de cerner précisément si les dernières innovations présentées relèvent bien de la nouveauté ou simplement du concept "repackagé". Nous avons donc profité de l’événement pour tenter de décrypter par typologie d’acteur les tenants et aboutissants de la mobilité servicielle.

MicroMobility & FreeFloating

Des (déjà bien) implantés Lime, Bird, aux plus récents Tier ou VOI, le MaaS est ici synonyme d’intermodalité. Effectivement, quoi de mieux qu’un vélo ou une trottinette (qui plus est, souvent électrique) pour traiter la problématique du dernier kilomètre (par exemple : celui qui sépare son lieu de travail, de la gare RER la plus proche).

Chez les adeptes du "shared mobility", on parle éventuellement de recherche d’itinéraire, de partenariat avec des applications tierces (le désormais célèbre CityMapper intègre assez bien les différentes offres concurrentes) mais pas encore du bout en bout complet*.

* : plan-book-ticket, également appelé "voyage sans couture", celui qu’on réalise avec une seule application.

Les acteurs historiques : opérateurs de transport

Le transport de voyageurs est leur spécialité et depuis déjà de nombreuses années. En quête de nouveaux clients et dans l’objectif de les conserver, ce sont des acteurs qui s’intéressent fortement à la notion de "services". Ils y identifient une opportunité de taille : élargir leurs activités historiques et éventuellement proposer de nouveaux services dans un marché de plus en plus ouvert à la concurrence....

Ils jouent tantôt les fournisseurs de données de mobilités (ils jouissent en effet d’un historique et d’un volume de données importants ... et comme on dit chez les adeptes de la mobilité 2.0 : "no data, no MaaS"), tantôt le rôle de fournisseurs de services : l’assistant SNCF, MaaX RATP ...

Pour les opérateurs, le plan-book-ticket (-ride !) est une réalité. Dans les faits, ce modèle n’est visible pour le moment que dans des agglomérations de taille moyenne,autrement dit, là où les offres de transport restent limitées en nombre.

Les autorités organisatrices de la mobilité

Souvent associées aux opérateurs de transport, les Autorités Organisatrices de la Mobilité (AOM) jouent un rôle important dans la diffusion des données de mobilité, jugées indispensables pour la création de nouveaux services. Mention spéciale pour l’AOM francilienne (Ile-de-France Mobilités) qui opte également pour une position de coordinateur, via notamment une plateforme openData, des projets de régulation, des projets de recherche ....

La question de la gouvernance des données est une question majeure dès que l’on évoque la mobilité servicielle. Pour le moment, les responsabilités ne sont pas clairement définies.

L’Etat

Il est justement attendu sur cette question de gouvernance, et plus largement sur les aspects légaux du dispositif.

Même si le législateur peine à inclure dans la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) un volet données qui préciserait avec détail les obligations de chacun, les initiatives pour tenter de définir un cadre se multiplient.
La plus concrète : France Mobilités, une initiative née suite aux assises de la mobilité organisées d’un 2017 et définit comme "un complément opérationnel à la LOM". Des groupes de travail regroupant différents acteurs (privés, publics, institutionnels, collectivités ...) sont organisés pour dessiner.

Les « Pures Players »

WHIM : surement le plus complet, le rêve du "all-in-one" ! Née pour faire du MaaS, l’entreprise scandinave propose à ses clients des "packs de mobilité". A l’image de ce que proposaient les opérateurs téléphoniques il y a quelques années, l’usager a le choix entre différents forfaits :

  • Whim Urban 30
    Une formule mensuelle qui comprend pour 60 € : transports publics, vélos en libre-service et crédit de 10€ de taxi.
  • Whim Weekend
    Pour 250€ par mois, on profite de location de voitures, des transports publics, des vélos en libre-service, mais uniquement le weekend.
  • Whim Unlimited
    Il faut débourser 500€ par mois pour pouvoir emprunter n’importe quel moyen de transport, tout le temps.

Pourtant le modèle peine à convaincre. L’application ne compterait qu’une quarantaine d’utilisateurs dans sa ville natale : Helsinki. Quelle que soit la raison de cet échec, il s’agit d’un message positif envoyé aux opérateurs de transport historiques, souvent pointés du doigt pour leur manque de réactivité face à ce marché dynamique !

Alors, Mobility As A Service, réelle nouveauté ?

La réponse est « oui ». Alors même que les opérateurs historiques ne sont pas encore menacés sérieusement par les nouveaux acteurs cités précédemment, ils ont compris que la manière de consommer la mobilité était en train de changer. Ils ont également conscience que continuer de proposer leur offre de transport classique avec une logique de service leur permettrait de conserver leurs clients voire d’en attirer de nouveaux.

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