Open Banking : L’innovation d’un secteur bancaire ouvert

Article paru le 2 mai 2018 | Partager sur les réseaux sociaux

Classé dans : Banque, Finance

A travers un modèle basé sur l’ouverture générale des données de la banque vers l’extérieur, l’Open Banking vient casser l’idée de la banque telle un coffre-fort impénétrable. Ceci, sous l’impulsion de la DSP 2 (Directive européenne sur les Services de Paiement), adoptée le 25 novembre 2015 et entrée en vigueur le 13 janvier dernier.

L’Open Banking, une transformation résultant de 3 dimensions :

  • L’Open data : exprime l’idée d’ouverture aux données numériques d’une entité dont l’accès et l’usage sont laissés libres aux usagers, alors à même de proposer un service répondant à un besoin. Dans le cadre du monde bancaire, citons par exemple la localisation d’agences et de distributeurs.
  • L’Open Innovation : désigne un modèle d’innovation basé sur l’Open Data. Ce modèle permet une économie de marché (brevet/licence) dans le cadre de collaboration entre parties prenantes et permet des approches alternatives de distribution de l’information.
  • L’utilisation massive d’API (Application Programming Interface), interfaces autorisant l’accès de tiers à un ensemble de données normalisées qui leur permettent de créer de nouvelles applications innovantes.

Le partage des données

Afin de réaliser cette transition les banques doivent passer d’un modèle organisationnel traditionnel centré sur les produits à une organisation flexible centrée sur les clients, ce qui implique pour elles :

  • D’amorçer l’ouverture de leurs services aux acteurs extérieurs en tirant partie des informations à disposition pour proposer des offres personnalisées et adaptées aux besoins et intérêts clients. Par exemple, l’agrégation de données via des plateformes de récupération liées aux API et à d’autres bases de données en ligne permet aux clients de bénéficier d’une meilleure vue sur leur patrimoine financier et leurs opérations (PFM, etc.)
  • Un plan de transition stratégique prônant la culture de l’innovation ouverte et de nouvelles pratiques managériales
Fig. l’Open Banking facilite le développement de produits & de services tiers

Dès lors, il devient indispensable pour les banques d’accélérer dans la connaissance clients en maximisant les interactions et les contacts avec ceux-ci pour anticiper leurs besoins et leurs appétences. La finalité étant de proposer au client un service amélioré.

Quels sont les apports et les risques liés à cette ouverture massive des données par les banques ?

Les apports de l’Open Banking

L’ouverture du système devient un facteur d’amélioration continue des banques : transformation de leur SI, collaboration avec les acteurs de l’écosystème dans une logique d’innovation, de partage des coûts, de mutualisation des risques sur les incertitudes de l’évolution du marché, etc.
Le « time to market » est réduit grâce à l’ouverture du SI à travers les API qui simplifient toute mise à jour (tarification, calcul du risque, etc.) pour un temps de réactivité de la banque vers le client divisé par 10.
L’efficience opérationnelle alors dégagée permet de créer directement de la valeur sous plusieurs formes dans le contexte actuel d’ininterruptibilité de l’expérience utilisateur et d’omnicanalité, ceci en garantissant aux banques de rester concurrentielles.

Les banques et acteurs ont également l’opportunité de se positionner en plateforme de services bancaires proposant des services multi-banques à travers une architecture « Baas » (Bank as a Service). Dans une recherche de croissance constante de distribution des produits financiers, cette architecture permet l’augmentation des revenus et la diversification des risques.

Fig. Représentation du BaaS comme une pile de services

Les risques de l’Open Banking

L’architecture ouverte est un élément pilier de l’Open Banking, qui outre le fait qu’elle peut créer une dépendance de la part d’un acteur vis-à-vis de ces partenaires, peut aussi être une menace à la sécurité des données. En effet, la sécurité devant être maintenue sur l’ensemble de la chaîne (y compris vers les prestataires externes : nouveaux initiateurs de paiement et les agrégateurs), l’exploitation des données par des parties tierces peut amener de nouveaux moyens de fraude, d’où l’importance d’une conception hautement sécurisée des API.

Le même niveau de protection de la donnée doit être garanti sur toute la chaîne.

En outre, la confidentialité des données bancaires des clients doit être respectée par les établissements soumis à la RGPD dès le 25 mai 2018, qui devront notamment les informer de l’utilisation faite de celles-ci et leur permettre de s’opposer à leur transmission à des tiers.

En conclusion, ces modèles viendront compléter le catalogue d’offre de service financier des banques dans la conformité des futures législations locales et internationales. La sécurité encadrant ce type de service devra être centrée sur la protection des données et l’authentification forte.

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